Un député et un sénateur, engagés dans le mouvement putschiste contre le Front de libération nationale (FLN) de Ali Benflis, parlent au nom de l'armée et de l'Etat algériens. Cela s'est passé la semaine dernière, dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès. Réunissant les élus locaux, toutes tendances confondues, dans cette région, le député et le sénateur, dans l'objectif de convaincre leurs vis-à-vis de rejoindre le mouvement illégal de “redressement” dirigé par Abdelaziz Belkhadem, le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, se targuent de parler au nom “de l'armée et de l'Etat algériens”. “Nous sommes des émissaires du président de la République, il faut nous rejoindre dans notre mouvement de redressement national.” “Personne, disent-ils, ne peut s'opposer ou résister à l'armée et à l'Etat.” Cela rappelle la phrase qu'ont eue Rachid Harraoubia, Tayeb Louh et Saïd Barkat lorsqu'ils ont voulu rentrer aux Pins-Maritimes, la veille de leur rencontre avortée du 14 août dernier. Au gardien qui leur avait, en effet, demandé de décliner leur identité, ils n'ont rien trouvé de mieux que de lui répondre : “H'na Edawla (nous sommes l'Etat) !”