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Louisa 32eme partie
Publié dans Liberté le 20 - 05 - 2012

Résumé : Na Daouia veut s'enrichir vite et bien. Elle demande à sa belle-fille de pratiquer la voyance. Louisa n'approuve pas tout de suite cette idée. En fin de compte, les deux femmes trouvent un compromis. Louisa pratiquera la voyance et elles se partageront la recette quotidienne. Kamel ne semble pas très chaud.
Il hausse les épaules : - Si cela ne te dérange pas je n'y vois pas d'inconvénient… Seulement… j'aimerais que tu prennes un peu plus soin de ta santé… Tu es d'une pâleur maladive.
Emportée par les vagues, je m'éloignais des rivages de la réalité. Je plongeais dans une euphorie bienfaisante. Le sommeil me fait toujours du bien… Je me sens toujours reposée après une bonne nuit.
Dès le lendemain, ma belle-mère, faisant fi de mes remarques, alla répandre la nouvelle. Je suis la voyante qui ne se trompe jamais… Mes prédilections tombent toujours justes… Personne ne regrettera d'avoir eu recours à mes connaissances occultes.
Dans l'après-midi, deux femmes se présentèrent. L'une cherchait à marier sa fille, et l'autre voulait récupérer son mari qui entretenait une relation extra-conjugale.
C'était les préoccupations habituelles de toutes les femmes. Je rassurais la première en lui prédisant que sa fille allait se marier prochainement avec quelqu'un du bled. Mais la seconde repartit un peu déçue. Je ne pouvais lui cacher la vérité : Son mari vivait en ménage avec une Européenne… Rares sont les hommes qui reviennent à leurs femmes dans de tels cas. Néanmoins je lui assurais qu'elle n'aura pas de souci à se faire, car elle aura une bonne pension mensuelle qui lui permettra de vivre à l'aise.
Les jours qui suivent ne furent pas de tout repos. Tout le quartier ne parlait que de ma voyance infaillible.
Je dus renvoyer des gens ! Je ne pouvais recevoir plus d'une dizaine de personnes par jour. À la nuit tombée, je me sentais éreintée… Kamel me sermonne :
- Tu ne vas pas tenir longtemps ainsi… Tu vas te surmener !
- Pense donc à l'argent que je ramasse quotidiennement.
- Je ne veux pas de cet argent qui te rend malade… Je veux te voir heureuse et comblée Louisa.
- Ne t'inquiète donc pas. Je suis heureuse avec toi… mais je manque de beaucoup de choses. Je n'ai pas d'habits, pas de chaussures, pas de couvertures chaudes.
Il hoche la tête :
- Je sais… patiente encore quelque temps, et nous allons faire une virée à Paris… Je veux dire le vrai Paris… pas les banlieues… Tu vas découvrir le monde cosmopolite des vrais Parisiens.
Je continuais donc mon train-train de vie.
Ma belle-mère, pour faire bonne figure, m'avait fait confectionner deux robes comme celles que portent les femmes qui venaient me consulter. C'est-à-dire, ces modèles que les Françaises portent, mais d'une toute autre façon, car pour nous autres, nous devons nous contenter de tissus rêches, et non de ces tissus luxueux dont raffolent les jeunes et jolies femmes de la haute société.
Des couturières émigrées s'improvisaient en modélistes. Elles ne prenaient jamais de mesures ! Eh oui ! Il suffit qu'elles vous regardent pour avoir une idée sur votre gabarit. Mais cela ne pouvait tomber juste ! Parfois les femmes sont fagotées dans des corsets trop étroits qui les empêchent de bouger et de respirer.
Une véritable torture ! D'autres au contraire, nagent dans des jupons trop larges qui les faisaient paraître plus rondes. C'est dire le ridicule de la situation. Mais nous n'avions pas le choix.
Ces couturières, qui savaient à peine tailler des robes longues qu'on portait au bled, ne lésinaient sur aucun mot pour démontrer que sans elles nous ne pourrions porter que nos gandouras en soie ou nous contenter de la charité des stocks américains. C'est-à-dire de la fripe.
Mes deux robes ne m'allaient pas du tout ! L'une était trop large. Et l'autre trop étroite.
Mais je ne m'en plaignais pas trop. J'étais heureuse d'échapper aux corvées ménagères quotidiennes. Je n'avais plus pour tâche que celle de m'occuper du diner. Mais comme les rations étaient toujours maigres, cela ne prenait pas beaucoup de temps.
Un matin, et en pleine séance, je fus prise d'un malaise. Je me levais précipitamment pour vomir mes boyaux. Ma belle-mère m'entendit et accourut :
- Ça ne va pas Louisa… ? Tu ne te sens pas bien ?
Ma tête pesait une tonne. Je me sentais faible, tremblante et nauséeuse. J'avais déjà souffert de cet état quelques jours auparavant, mais comme cela ne m'avait pas repris, je n'ai pas pensé à en parler à mon mari.
Ma belle-mère me toise. Elle perce mon regard, et s'approche de moi pour palper mes seins et mon ventre :
- Mon Dieu, Louisa ! Mon Dieu… tu es enceinte, ma fille !
Elle recule pour mieux me contempler :
- Kamel sera père dans quelques mois.
Elle recule encore et pousse un long you-you :
- Enfin ! un enfant remplira notre maison de joie par la grâce d'Allah.
(À suivre)
Y. H.


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