Depuis quelque temps, les habitants des régions limitrophes des zones humides du lac Fatzara (wilaya de Annaba) et de la plaine de Guerbes-Sanhadja (Skikda), dénoncent un trafic sans précédent du sable. Ils signalent, à ce sujet, le va-et-vient nocturne incessant des convois, principalement composés de semi-remorques, outrageusement chargés de sable, circulant d'ailleurs péniblement, ployant sous le poids de leur surcharge. à l'image des habitants de Boumaïza (Skikda), Tacha et Guirech, Eulma et Cherfa, dans les daïras de Berrahal et Aïn Berda (Annaba), qui révèlent que chaque nuit, depuis des mois, des convois de camions remplis de sable traversent leurs cités sans feux de signalisation, mais faisant un vacarme assourdissant. Le sable de ces zones humides, situées à une vingtaine de kilomètres l'une de l'autre, est un produit de construction qualifié de grande qualité, qui, au fil des jours, devient rare. Il est la cible des filières bien structurées, notamment à la zone humide de Benazouz, dont la sablière est l'une des plus réputées dans le pays, avec celle d'Erighia (El-Tarf). Selon nos sources, le sable objet de pillage est destiné à l'alimentation des différents projets de construction pris en charge par des entreprises privées. Ce produit est utilisé, laisse-t-on entendre, dans les projets de logements, entre autres la cité Kalitoussa de Berrahal (près de 7 300 unités) et de certaines communes des wilayas de Guelma et Skikda. L'on indique que le circuit ou l'itinéraire à prendre par les convois est “payable". Il est assuré par les membres des filières positionnés un peu partout et qui, à l'aide des cellulaires, orientent les caravanes vers les accès libres de tout contrôle des services de sécurité. Bien que ces zones humides, qui comportent de nombreuses sous-zones humides, d'où l'appellation de complexe, aient été classées, en 2001, sur la liste de Ramsar des zones humides d'importance internationale, le massacre continue. à cette allure, le risque d'engendrer une véritable catastrophe naturelle n'est pas à écarter au niveau de ces zones humides, qui présentent une valeur particulière pour le maintien de la diversité biologique dans cette contrée du pays, en raison de la richesse et de la diversité de sa faune et de sa flore, selon des écologistes. Les sites en question sont de grandes plaines totalement sablonneuses et qui font l'objet désormais d'une surexploitation sauvage, engendrée par des affairistes, pourtant connus dans la région, qui semblent bien introduits dans le système mafieux de l'administration. D'ailleurs, pour certains experts, devant l'ampleur du pillage du sable, ces zones ont perdu déjà leur rôle de carrefour bioclimatique, devant entraîner une richesse élevée de la biodiversité, dans la mesure où le massif dunal continental de ces plaines a pratiquement disparu. La sonnette d'alarme est tirée. B B