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Union pour la Méditerranée :
De la parole aux actes...
Publié dans Liberté le 13 - 04 - 2013

La 9ème session plénière de l'assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée (UPM) vient de se tenir à Bruxelles le 12 avril.
L'Assemblée parlementaire de l'UpM réunit 280 députés de 44 pays et si Israel n'a pas envoyé de participants à cette dernière rencontre diverses délégations dont celles du Parlement européen, des Etats membres de l'UE, de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de l'Algérie, de l'Egypte, de la Jordanie, du Liban, de la Mauritanie, de Monaco, du Maroc, du Conseil législatif palestinien, de la Tunisie et de la Turquie avaient , de leur côté , confirmé leur participation avant la session.
Dans son discours d'ouverture, Martin Schulz, le président du Parlement européen , a indiqué que « les gouvernements ne font pas assez pour faire de la Méditerranée un espace de coopération".
Cette rencontre , qui a eu lieu peu après le sommet des présidents des parlements de l'Union pour la Méditerranée des 6 et 7 avril derniers à Marseille, a été précédée, en amont de la session plénière, des commissions chargée de la politique, de la sécurité, des droits de l'homme , de celle des droits de la femmes, des affaires économiques et sociales, de l'éducation, de la société civile, de la culture ou encore de l'énergie et de l'eau. Des sujets sensibles qui engagent les parlementaires des rives de la Méditerranée . Une rencontre dans le sillage du « Printemps arabe » qui pourrait marquer un tournant dans l'histoire d'une organisation à vocation régionale fondée en juillet 2008 par l'ancien président français Nicolas Sarkozy.
Notre pays était représentée à cette réunion par une délégation imposante de douze parlementaires-soit la seconde sur le plan numérique après le Maroc (15 membres) et dans laquelle on trouvait des personnalités comme Miloud Chorfi, chef de groupe du RND, et Chiheb Seddik, vice-président de l'APN.
Lors de son intervention en session plénière, Miloud Chorfi a observé que l'UpM ne pouvait limiter son activité aux questions économiques, politiques et sociales car « il existe des préoccupations internationales qui pèsent sur le devenir de l'UpM ». La situation en Syrie et celle qui prévaut au Mali demeurent des exemples de cette « épée de Damoclès » sur la paix dans la région et Miloud Chorfi de rappeler à ses collègues les principes de la diplomatie algérienne de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays en condamnant le terrorisme. Il a souligné aussi que l'Algérie avait subi les effets destructeurs du terrorisme sans fléchir devant les demandes de rançons. Une prise de position face au terrorisme aujourd'hui préconisée dans les instances onusiennes...
Comme pour répondre aux observations de Miloud Chorfi, la vice-présidente du Parlement européen, l'écologiste belge Isa belle Durant, a épinglé le moment « particulier » dans lequel se trouvait actuellement l'UpM. Pour elle, il faut maintenant aller au-delà d'une assemblée parlementaire prônant les échanges. Il faut a-t-elle suggéré « s'engager concrètement dans une série de projets » et elle a demandé au Bureau de l'Assemblée parlementaire de veiller, par exemple, à élaborer une analyse des moyens et des besoins dans la région méditerranéenne au cours de l'année 2013. A titre d'exemple, l'eurodéputée belge a évoqué les besoins en lien avec les réfugiés syriens face à la « passivité de la communauté internationale ».
Le député chypriote Georgios Prokapiou a , pour sa part, cité d'autres domaines d'intervention où l'assemblée parlementaire de l'UpM pourrait agir en tant qu'instrument de prédilection pour l'entente entre les peuples de la Méditerranée comme l'énergie renouvelable susceptible de contribuer à la croissance et au développement de l'emploi.
Mais il manque un document où « toutes les parties reconnaissent une stratégie commune pour la Méditerranée » a déploré la députée espagnole Gutterez-Cortisena. Elle a qualifié les projets initiés de « très bons » mais a estimé qu'il faudrait les concevoir en prenant en considération les infrastructures de gestion de la mer, de l'eau ou encore celles des réseaux autoroutiers, jugées nettement insuffisantes.
Pour la députée européenne Malika Benarab-Attou, il serait souhaitable d'utiliser pleinement ce qui existe déjà au lieu de financer un « énième état des lieux des actions ». Ainsi, pour elle, une dynamisation de l'Office Mediterranéen de la Jeunesse (OMJ) semble plus intéressante en envisageant une libre circulation des jeunes, sans entrave, dans le bassin méditerranéen. Pour Malika Banarab-Attou, la politique d'octroi des visas telle qu'elle est pratiquée actuellement entre du reste en « contracdiction avec la vision des parlementaires de l'UpM » .
Une exigence que le Président du Parlement européen Martin Shulz a élargi non seulement aux étudiants qui devraient profiter d'une « mobilité sans entrave et sans aucune forme de restriction » à d'autres catégories de personnes.
Même souci de développer des actions concrètes dans le chef d'autres intervenants comme l'Italien Antonio d'Ali qui a préconisé des objectifs communs au sein d'institutions communes comme, par exemple, la protection des animaux marins accompagnée de règles communes qui, pour le moment , font encore défaut.
L'assemblée plénière s'est ensuite penchée sur les recommandations des commissions et le texte de la Commission politique présidée par la députée Tokia Saifi a donné lieu à diverses interprétations alors qu'un consensus avait été conclu après un débat en commission qualifié de « passionnel » ayant même donné lieu à une suspension de séance. Finalement, le texte de la commission selon lequel l'assemblée parlementaire de l'UpM est « fermement convaincue que la paix au Moyen-Orient est plus urgente que jamais pour éviter le radicalisme, l'extrémisme et la violence » a été adopté. Il précise également que les parlementaires de l'UpM , y compris ceux d'Israel qui sont membres de cette assemblée, plaident « par conséquent pour une paix globale, juste et durable entre les Arabes et les Israéliens ». « Il faut pour cela -poursuit le texte de la recommandation de la Commission politique – que cessent l'occupation israélienne du territoire palestinien, la construction de nouvelles colonies, toutes les attaques hostiles de part et d'autre , que les prisonniers politiques palestiniens soient libérés et qu'un Etat palestinien souverain, viable et d'un seul tenant soit créé, conformément aux résolutions des Nations Unies, sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem pour capitale de deux Etats coexistants dans la paix et la sécurité ».
Le flambeau de la présidence passe des mains de l'Allemand Martin Schulz au Jordanien Saed Hayel Srour, et cette neuvième session de l'assemblée parlementaire de l'UpM « post Sarkozy » amorcera peut-être un tournant dans son action politique. Un souhait exprimé par le député Finlandais Hari Jaskari qui estimait que « l'heure de la parole était révolu et que le temps de l'action était arrivé ».
A.M
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