RésumE : Azad propose à son patient de confier ses préoccupations à sa propre femme. Seule cette issue lui permettra d'effacer à jamais ses maux et de reprendre confiance en lui. L'homme hésite, mais Azad insiste sur le fait que le passé ressurgira toujours, et qu'il vaudrait mieux le devancer afin d'éviter ses répercussions sur sa propre famille. Azad accompagne son patient jusqu'à la porte puis retourne dans son bureau. Il lui avait fallu plus de deux heures pour écouter et orienter cet homme qui, en fait, souffrait finalement d'un manque affectif. Eh oui ! Trop de gens autour de lui, toujours en alerte, et prêts à satisfaire ses ambitions, n'était pas pour arranger les choses. Le petit garçon couvé tel un poussin ne pouvait devenir un homme accompli. Il avait cru trouver de la compréhension auprès d'un camarade de classe qui s'est joué de son innocence et de sa naïveté. Conclusion dans cette affaire : Omar était devenu un faible... La société le répugnait, et lui faisait peur... Si peur qu'il ne savait pas se défendre. Heureusement qu'il était tombé sur une femme aimante, et avait des enfants. Seule sa petite famille pourra le réconforter et l'aider à sortir de cette impasse où il s'était engouffré. La sonnerie de la porte met fin à sa concentration. Il avait rédigé une fiche complète sur “le cas" afin de pouvoir suivre l'évolution de sa thérapie. Il se lève et alla ouvrir. Surpris, puis méfiant, il reçut sa belle-mère : - Salut, Azad, je peux entrer ? Il s'efface devant elle et lui fait un signe de la tête : - Bien sûr... tu n'as pas à le demander. Cette fois-ci, elle se dirige vers le salon et s'installe sans hésitation devant le bureau de son beau-fils : - Je viens en tant que patiente cette-fois-ci... Tu me reçois sans rendez-vous ? Azad pousse un soupir et se met en face d'elle : - Les patients que je reçois sur rendez-vous sont des étrangers. - Et moi donc ? - Voyons Zahia... Où veux-tu en venir ? La dernière fois, tu étais partie très en colère, et maintenant tu te présentes en patiente qui aurait besoin de mes services. Elle le regarde un moment sans rien dire, et il remarque une certaine assurance chez elle. Cette fois-ci, ses mains ne tremblaient pas, et elle avait l'air plus sereine. - Pourquoi ne viens-tu plus à la maison ? - Mais je viens tous les jours récupérer Katia. - Certes, mais tu ne rentres plus. Tu te contentes de garer devant le portail. Il hausse les épaules : - J'avais peur de ta réaction... - C'est vrai ? - Oui... je n'aime pas les problèmes, et je ne voulais pas que mon père soupçonne quoi que ce soit. - Tu ne voulais pas que ton père apprenne que je prends cette poudre. - De la morphine, Zahia... Tu ne peux pas imaginer le désastre de ce poison sur l'organisme humain. - Ne t'en fais donc pas... J'en connais un bout. - Ah ! Et que veux-tu donc chez-moi cette-fois-ci ? Elle pousse un soupir avant d'ouvrir son sac et prendre une cigarette : - Tu permets ? C'est juste du tabac. Il hausse les épaules : - Je fume moi aussi, bien que cela nuise à la santé. Elle allume sa cigarette et en aspire une bouffée avant d'en rejeter la fumée : - Tout est nocif pour la santé Azad... même l'air qu'on respire est pollué. Alors autant profiter du reste. Elle rejette encore un nuage de fumée, puis dépose sa cigarette dans un cendrier : - Je ne fume jamais devant Katia ou ton père. Ils ne savent même pas que je fume. - Et pour autre chose ? - Non plus. Je t'avais prévenu la dernière fois. Heu... je veux dire que “le secret" devait rester entre nous... Hum... je vois que tu es un bon garçon... Tu n'as pas vendu la mèche et c'est pour cela que j'ai suivi ton conseil. - Quel conseil ? - Eh bien, figure-toi que j'ai opté pour la désintoxication. J'en suis à ma deuxième séance cette semaine. Azad n'en revenait pas. A-t-il bien entendu ? - Tu te fais traiter dans une clinique ? - Oui... tu dois connaître la clinique D... - Oui... je connais même certains médecins qui y travaillent. - Alors mon cher Azad, me voici contrainte de subir de véritables séances de torture. On m'a certifié que mon cas n'était pas désespéré, mais que je devrais tenir bon afin de ne pas retomber dans le piège. - Bien... Très bien Zahia... Tu es une femme très courageuse finalement. - Je l'ai toujours été, et je le serais toujours mon cher. Mais... mais est-ce que ces séances ne vont pas nuire à mon physique. Je ne veux pas qu'on me prenne pour une vieille mémère.. (À suivre) Y. H. Nom Adresse email