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"YAOULED ! PARCOURS D'UN INDIGÈNE" DE RACHID SIDI BOUMEDINE
"Dépôt de brocante" si riche d'histoires
Publié dans Liberté le 24 - 11 - 2013

Il est souvent très difficile de regarder le passé au présent. Cet exercice devient encore plus difficile lorsque la personne qui l'entreprend partage son histoire avec autre que soi. Une plongée dans l'existence personnelle de Rachid Sidi Boumedine, aux côtés de lui-même et des autres, et qu'il compare volontiers à une boutique de curiosités.
C'est dans un monde que nous introduit Rachid Sidi Boumedine, dans son livre-mémoires Yaouled ! Parcours d'un indigène. Son monde. Un monde fait d'ombres et de lumières, où se mêle le collectif à l'intime. De son enfance au Clos Salembier, à ses années de militant au sein de la Fédération de France du FLN, en passant par son expérience de travailleur à l'usine en France et ses études, jusqu'aux différents postes qu'il a occupés après l'indépendance. Mais son militantisme ou plutôt sa lutte ne s'est jamais arrêtée ; il a continué, avec rigueur et exigence, à travailler dans le sens de son idéal de justice et de la meilleure manière de construire son pays. Dans la première partie de l'ouvrage, celle relative à la "Petite enfance et enfance (1938-1950)", Rachid Sidi Boumedine évoque sa famille, son quartier et ses codes, et surtout la situation des Algériens brimés par la colonisation. Il reviendra longuement et sur plusieurs pages sur la faim, la misère sociale, et surtout le racisme. "Yaouled" n'était-il pas ce surnom dont on affublait les enfants "indigènes" ? Un "Yaouled" est dépouillé de son humanité, de son histoire, de son passé. Il est toléré s'il ne fait pas de vagues, s'il se sait bien se tenir, c'est-à-dire s'effacer. Pourtant, Rachid Sidi Boumedine est brillant dans ses études. Il réussit ce qu'il entreprend, et forcément cela dérange. Un "Yaouled" ne peut pas penser par lui-même, mais notre auteur réussit à s'imposer par son intelligence et son acharnement à réussir. Après avoir connu le lycée puis le chômage, il décide d'émigrer en France pour subvenir aux besoins de sa famille en travaillant comme ouvrier à l'usine. Il s'inscrira en cours du soir pour poursuivre ses études. Plus tard, dans l'Algérie indépendante, il dirigera plusieurs usines et organismes publics. Dans la partie intitulée "la Régression inféconde (1980-2009)", Rachid Sidi Boumedine racontera, notamment, sa réalité durant la décennie noire, nous plongeant ainsi dans un univers "kafkaïen", et se remémorant ses amis assassinés. Et de rappeler le courage des héros du quotidien, des Algériens qui partaient travailler, envoyaient leurs enfants à l'école, ou continuaient à vivre "normalement" (même si le terme n'est pas vraiment à sa place dans ce cas) pour faire triompher la vie, pour ne pas céder à l'abattement et à la peur. Tout au long du livre-mémoires, on décèle une régularité de l'écriture, régularité qui se lit également dans le parcours de l'auteur, qui trouve véritablement son sens, et devient à la fois fascinant et captivant, lorsque des histoires minuscules, celles du quotidien, traversent la grande histoire. On découvre alors un homme qui a toujours refusé qu'on pense pour lui ou qu'on décide de son destin, qui a souvent été écarté à cause (!) de son intégrité ; un homme aussi qui a préféré la recherche et le monde universitaire à celui de l'administration ; un homme ordinaire qui a fait des choix étonnants, ce qui le rend moins ordinaire. Dans Yaouled ! Parcours d'un indigène, Rachid Sidi Boumedine réussit à reconstruire (il préfère "reconstruction" à "reconstitution"), sans concession, sans aigreur et sans fard, un parcours. Il écrit sa propre histoire, celle d'un "Yaouled", dont tous les facteurs étaient contre lui, mais qui est devenu un sociologue et urbaniste de renommée. "Finalement, toute mon expérience n'est, au mieux, qu'un dépôt de brocante, dont on pourrait, à la rigueur, tirer quelque chose pour qui aime les vieilleries, les choses passées, les choses sans utilisation", écrit Rachid Sidi Boumedine, dans les dernières lignes de ses mémoires. Pourtant, cette phrase, sentence trop dure envers lui-même, fait effet de miroir à celle qui ouvre le "Préliminaire", où il est écrit : "Je ne suis pas une séquelle du passé ! Je ne suis pas le résultat d'une existence, difficile parfois, agréable moins souvent, qui aura laissé ses marques sur ma manière d'être ou de vivre. Je revendique, haut et fort, à mon âge, la joie de vivre, la créativité et le refus de céder devant le pessimisme et le sentiment de l'impuissance ; je veux continuer à ‘faire' et à me projeter dans l'avenir, si court doit-il être."
S K
Yaouled ! Parcours d'un indigène de Rachid Sidi Boumedine. Mémoires, 240 pages. Editions Apic. 600 DA
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