Trois cent cinquante participants nationaux et étrangers ont pris part, hier, à Oran, aux travaux scientifiques du 1er congrès international sur le triptyque cœur-diabète-métabolisme pour débattre des accidents cardiovasculaires qui sont la première cause de la mort en Algérie avec un taux de plus de 45% de la population qui est touchée par cette maladie chronique. Organisée par l'Association des médecins spécialistes libéraux pour la lutte contre le diabète et les maladies cardiovasculaires (ACDM), cette rencontre internationale vise à renforcer les expériences entre les experts et spécialistes dans la perspective d'offrir une meilleure prise en charge au patient. Selon Mohamed Baki, président de l'ACDM, entre 10 et 15% de la population sont de potentiels patients atteints du diabète. "C'est une explosion de maladies chroniques du diabète, de l'hypertension artérielle et de l'obésité qui représentent, aujourd'hui, en Algérie, un défi qu'il faut relever", a affirmé notre interlocuteur en marge d'un point de presse. Le Dr Rachid Remili, cardiologue et vice-président de l'ACDM, a relevé le fait que ces pathologies sont "des facteurs constituant le lit des maladies cardiovasculaires". Ainsi, les causes et facteurs de risques des accidents cardiovasculaires qui provoquent la mort, dont l'hypertension artérielle qui touche 20% de la population en Algérie, démontrent aussi que sur la base de différentes études réalisées en Algérie entre 1998 et 2013, il s'avère que le taux de prévalence du diabète est passé de 8 à 16%. Un constat appuyé par le Dr Mohamed Belhadj, qui précise que sur la période des 25 dernières années, il a été établi qu'un taux de 4,91%, soit le 5e du débit rénal sanguin, touche les diabétiques âgés de plus de 65 ans. Une étude comparable réalisée par le ministère de la Santé, en coopération avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2003 sur la tranche d'âge 25-64 ans, a révélé un taux de prévalence globale de 8% pour une prévalence urbaine de plus de 10% et rurale de plus de 7%. Maladie parfois longtemps silencieuse, le diabète constitue un facteur de risque cardiovasculaire majeur, au même titre que l'hypertension artérielle. Des traitements existent pour l'une et l'autre pathologies, d'autant plus efficaces que le diagnostic précoce, mais qui reste tributaire de l'information du public, encore insuffisante, qui est, à cet égard, essentielle, a-t-on souligné. À noter que le développement du diabète de type 2, lié à la progression de l'obésité, touche notamment les enfants. D'où la nécessité de la mise en place d'un nouveau programme de prise en charge des malades atteints de ces pathologies. Le 1er congrès international, qui planchera sur ces maladies pendant 2 jours, verra la contribution scientifique de spécialistes et autres experts algériens et français autour des thèmes centraux sur la diabétologie, l'hypertension artérielle, la cardiologie et les pathologies vasculaires. K. R-I.