Résumé : Amel confie ses angoisses à son amie Hayet. Le coup de fil de la veille n'était pas pour la rassurer. Elle voulait en avoir le cœur quant à cette femme qui lui avait demandé de s'éloigner de Ramzi. Hayet pense plutôt à une mauvaise farce. Mais la jeune femme est convaincue du contraire. Hayet secoue la tête. - Tu vas te rendre malade, ma chérie. Seule tu ne trouveras jamais des réponses logiques à tes questions. Pourquoi te faire donc autant de soucis ? Attends que Ramzi soit de retour, et mets-le au courant de ce coup de fil qui t'a bouleversée. - Tu crois que je devrais ? Ne me prendras-t-il pas pour une demeurée ? - Une demeurée ? Elle tendit son index. - S'il te prend pour une demeurée, c'est qu'il n'est pas l'homme qu'il te faut. Ramzi doit tout savoir. Il ne faut rien lui cacher, Amel. Sinon tu vivras éternellement dans le doute et cela va t'empoisonner l'existence. La jeune fille se tut et ferma les yeux un moment. Hayet lui prend la main. - Voyons, Amel ! Je persiste à penser que ce n'était peut-être rien de plus qu'une mauvaise farce. - Mais pourquoi et de qui ? - Je n'en sais rien. Toutefois, si cette femme te rappelle, demande-lui qui elle est et ce qu'elle te veut juste. - Que je m'éloigne de Ramzi. - Il faut savoir riposter à ce genre de femmes qui veulent nuire à des couples unis. Demande-lui d'être plus explicite dans ses propos. - Et si elle ne me rappelle plus ? - Eh bien ça sera une bonne chose. Cela confirmera que ce n'était qu'une mauvaise farce de la part d'une jalouse. Amel n'était pas du tout convaincue. Elle sentait que cette affaire n'augurait rien de bon. Hayet se lève. - Il est temps pour nous de reprendre le boulot. La jeune fille revient au bureau, l'esprit plus préoccupé que jamais. Finalement, son amie ne lui avait pas été d'un grand secours cette fois-ci. Au contraire, au lieu d'apaiser ses peurs, elle a plutôt suscité en elle d'autres interrogations. Elle se remet au travail. Le temps passe très vite. Lorsqu'elle jette un coup d'œil à sa montre bracelet, elle constate que l'heure de sortie était toute proche. Encore un dossier à traiter et elle éteindra son ordinateur. Plus d'un quart d'heure passe. Amel s'étire et se lève pour se dégourdir les jambes. Elle jette un coup d'œil par la fenêtre et constate qu'une pluie fine s'était mise à tomber. Elle rabat le rideau et revient s'asseoir. Elle était lasse. Très lasse même. Son moral était au plus bas. La sonnerie du téléphone la tire de ses méditations. elle sursaute, puis décroche d'une main tremblante. - Salut Amel. Comment vas-tu ma chérie ? - Ramzi !, s'écrie-t-elle. Où es-tu ? - Je viens de rentrer. - Mais tu ne devais... - Je ne devais rentrer que demain. Nous étions obligés d'annuler l'escale prévue à Londres. Il y avait trop de brouillard sur le continent. Tu n'es pas contente de me revoir de sitôt ? Elle rit. - Oui c'est un peu ça. Je voulais me sentir plus libre de tout engagement durant ces deux jours. - Ah ! Je ne savais pas que j'étais ce geôlier pernicieux qui t'enchaînait à lui. - Tu n'es pas un geôlier pernicieux, mais tu m'as enchaînée à toi corps et âme, Ramzi. (À suivre) Y. H.