Ces prénoms sont redevable de la racine berbère MLL d'où dérivent, par exemple, amellal "blanc'', imloul "être blanc, par extension, devenir pur''. Plusieurs noms sont attestés depuis l'antiquité : sur les stèles libyques, on relève IMLL, à lire sans doute Imlel, au Moyen Âge, on a Mallal, Yemloul, Melil, Semlil... La forme Melloul et Amelloul sont attestées chez les Touareg de l'Ahaggar. Umm Mallal est composé de l'arabe umm (mère) et Mallal. Ce prénom féminin est attesté au Moyen Âge. Umm Mallal est une princesse ziride du XIe siècle. Surnommée al-Sayidda ‘'la Princesse ou la Maîtresse'', elle était la fille d'Al-Manṣûr, la sœur de Bâdis et la tante d'al-Mu'izz. C'est à l'occasion de l'avènement d'al-Mu'izz qu'elle entre en scène. Dès que la nouvelle de la mort de Bâdîs parvint, des personnages importants de l'Etat se présentèrent à Umm Mallâl pour lui présenter leurs condoléances. Elle fit sortir son neveu et leur fit prêter allégeance. Al-Mu'izz était alors âgé de neuf ans.. Umm Mallal devint la régente du royaume et s'occupa de son neveu jusqu'à sa majorité. Al-Mu'izz lui était très attaché. Quand elle tomba malade, il se rendait chaque jour à son chevet et mit à sa disposition les meilleurs médecins et des domestiques pour la servir. Elle mourut en 1023. Al-Mu'izz lui fit des funérailles dignes d'une reine, avec des étendards et des tambours. Selon Ibn Abî Dinâr Al-Mu'izz dépensa, pour ses funérailles, l'équivalent de 100 000 dinars. Il lui commanda un cercueil en bois d'Inde, serti de diamants et de feuilles d'or, avec des clous d'or. Elle fut ensevelie dans 120 pièces d'étoffe, et on embauma le corps avec du musc et du camphre, versés en quantité incalculable. On entoura le cercueil de de vingt-un chapelets de pierres précieuses. Al-Mu'izz ordonna qu'on sacrifiât cinquante chamelles, cent bœufs et mille moutons que l'on distribua en aumônes. On remit aux femmes pauvres 10 000 dinars. Plus de cent poètes de la Cour firent son éloge funèbre. Umm Mallal fut d'abord enterrée à Mehdia, puis le corps fut transféré à Monastir, dans le cimetière des émirs sanhadjiens. Ce cimetière porte d'ailleurs le nom de Maqbarat al-Sayyida "Cimetière de la Princesse''. M. A. Haddadou [email protected]