Cette invitation à un dialogue direct intervient à un mois du renouvellement du mandat de la mission de l'ONU (Minurso), limité à six mois seulement par le Conseil de sécurité. Des négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc devraient avoir lieu les 4 et 5 décembre prochain à Genève, à la demande de l'ONU, a rapporté hier l'APS, citant des sources proches du dossier. Vendredi, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler a convié les deux parties en conflit pour des premiers pourparlers directs à Genève (Suisse), dans l'espoir de relancer un processus de négociations au Sahara occidental à l'arrêt depuis 2012. La délégation du Front Polisario, présente à New York à l'occasion de la 73e Assemblée générale de l'ONU, a été informée jeudi par l'ancien président allemand des démarches qu'il envisageait d'entreprendre prochainement pour relancer le processus politique parrainé par l'ONU. La délégation sahraouie a réaffirmé pour sa part "l'engagement du Front Polisario à coopérer pleinement avec l'Envoyé personnel, ainsi que sa disponibilité d'engager des négociations directes avec le Maroc sous les auspices des Nations unies, conformément à la demande du Conseil de sécurité afin de parvenir à une solution juste, pacifique et durable au conflit du Sahara occidental devant assurer le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance", a rapporté l'agence de presse sahraouie SPS. Horst Köhler avait déjà fait part de son intention lors de son briefing au Conseil de sécurité en août dernier, d'adresser ces invitations en octobre. Selon l'agenda prévisionnel du Conseil de sécurité pour le mois d'octobre pour le dossier du Sahara occidental, l'émissaire onusien avait souligné que ces premières discussions ont pour objectif de définir le cadre général qui va servir de base aux négociations à venir qui, elles, devraient aborder les questions de fond. À noter que l'organe exécutif de l'ONU a consacré vendredi une note aux derniers développements du conflit, qui estime que "l'étape la plus importante" serait certainement la réponse donnée par les parties au conflit à ces invitations, rappelant, à ce titre, la disponibilité du Front Polisario à s'engager dans des négociations directes. L'inconnue réside pour le moment dans la réponse du Maroc à cette invitation, qu'il n'a pas encore confirmée, car jusque-là il a toujours refusé de discuter directement avec les représentants du Front Polisario. Rabat, qui a boycotté les consultations d'Horst Köhler en janvier 2018 à Berlin, avait fini par déléguer son chef de la diplomatie, Nasser Bourita, pour le rencontrer le 2 mars 2018 à Lisbonne. Les autorités marocaines estiment que l'Algérie devraient faire partie des discussions directes avec le Front Polisario, ce qu'Alger refuse étant donné qu'elle ne fait pas partie du conflit. Merzak Tigrine