"Ces chiffres, recueillis chaque jour par le personnel de l'OIM, nous font honte", a affirmé le directeur général de l'OIM, Antonio Vitorino, qui fait état de la mort de 3400 migrants et réfugiés à travers le monde en 2018. Le nombre de migrants et de réfugiés africains morts sur les routes migratoires a atteint, durant les cinq dernières années, le chiffre de 6615, selon le bilan rendu public mardi soir par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations). Et ce chiffre ne représente selon cette source que "la partie visible de l'iceberg". L'OIM précise que 1386 décès ont été enregistrés sur le continent en 2018 seulement. Ces nouvelles données, qui sont basées sur des enquêtes menées par l'Initiative sur les mécanismes de surveillance du Centre pour les migrations mixtes, ne représentent qu'une petite fraction du nombre total de personnes en déplacement en Afrique. Il faut en conclure que ces milliers de victimes représentent probablement une sous-estimation non négligeable du nombre réel de décès. Les principales causes de décès recensées, que sont la famine, la déshydratation, la violence physique, la maladie et le manque d'accès aux médicaments, indiquent que de nombreux décès de migrants en Afrique pourraient être évités, selon l'OIM. Cette organisation souligne qu'il est presque impossible de vérifier l'identité de ceux qui seraient morts ou encore l'endroit où ils avaient l'intention de migrer. À l'échelle mondiale, les données de l'OIM montrent que 1275 hommes, 534 femmes et 336 enfants et adolescents sont décédés, soit au moins le tiers des 6615 décès enregistrés en Afrique au cours des cinq dernières années. Frank Laczko, directeur du Centre d'analyse des données de l'OIM à Berlin, où le projet des migrants disparus est basé, explique que "lorsque les personnes n'ont pas accès aux routes de migration légales et qu'il existe peu de registres fiables, les futurs migrants sont exposés à la vulnérabilité des trafiquants d'êtres humains et des passeurs". "Au-delà de l'âge et du sexe de cette petite proportion dans l'ensemble de données, on en sait un peu plus sur le défunt", précise-t-il. "Si l'on considère que les résultats de l'enquête sont peut-être la seule preuve de ces décès, il est clair que ces enregistrements ne représentent que la partie visible de l'iceberg et que les pertes en vies humaines sont d'une ampleur inconnue", déplore le responsable onusien. De son côté, le directeur général de l'OIM, Antonio Vitorino, estime que les données de son organisation montrent qu'à l'échelle mondiale, près de 3400 migrants et réfugiés ont déjà perdu la vie en 2018. La plupart ont trouvé la mort en tentant de gagner l'Europe par la mer, beaucoup d'autres ont péri en cherchant à traverser le désert ou des forêts denses en quête de sécurité, loin des points de passage frontaliers officiels. Il a conclu en martelant : "Ces chiffres, recueillis chaque jour par le personnel de l'OIM, nous font honte." Merzak T./Agences