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"Les textes de notre nouvel album seront plus engagés"
Abdou El-Ksouri, musicien et manager des Djmawi Africa, à "Liberté"
Publié dans Liberté le 21 - 01 - 2019

Guitariste emblématique du groupe Djmawi Africa, Abdou El-Ksouri prépare avec sa formation la sortie d'un troisième opus pour cette année. Rencontré lors du 5e Visa For Music de Rabat (novembre 2018), où il exposait au marché des professionnels (il est aussi manager et producteur du studio d'enregistrement le Sous-Sol), il nous a fait écouter en exclusivité quelques titres qui promettent un franc succès auprès des mélomanes. Dans cet entretien, le musicien revient sur ce nouveau-né, la tournée internationale ainsi que sur la situation de la musique en Algérie.
Liberté : En 2015, Djamil Ghouli, chanteur et leader, a quitté les Djmawi Africa pour une carrière solo. Ce départ a-t-il eu un impact sur le groupe ?
Abdou El-Ksouri : On fait souvent l'amalgame concernant le leader d'un groupe, et Djamil ne l'a jamais été ! Le groupe a toujours existé à travers tous les membres de Djmawi Africa. Ce dernier a toujours fonctionné en prenant en considération toutes les personnalités de la formation. Pour cette raison, nous prenons du temps pour composer nos titres. Certes, le départ d'un chanteur peut avoir des conséquences, puisqu'il prend le nom du groupe pour continuer sa carrière solo. Mais cela a été différent pour nous. Djamil a voulu quitter et nous avons respecté ce choix. Les Djmawi Africa avaient encore des choses à dire artistiquement, et les sept musiciens de la formation voulaient continuer sur cette voie parce que nous avions encore de l'actualité scénique. Son départ a été perturbant, mais cela nous a aussi permis de nous renouveler et d'apporter du sang neuf dans le groupe, et ce, en intégrant un nouveau chanteur, qui a apporté une autre vision et approche de la musique. Il est arrivé avec d'autres influences, de plus il a une voix barytonne très différente de l'ancien chanteur. Depuis 2015, nous avons enchaîné les tournées à l'international, en jouant principalement les anciens morceaux, avec une interprétation différente. À noter qu'entre 2016-2017, ce sont les deux années durant lesquelles nous avons joué dans les plus grands festivals ; nous avons fait le prestigieux festival de jazz de Montréal, Rock en scène en France et le festival d'Essaouira, et pour nous c'était une consécration.
Après une tournée internationale, votre groupe sortira cette année un troisième opus, qui se démarquera par de nouvelles influences et sonorités musicales…
Après une tournée de trois ans, cet été nous avons décidé d'arrêter les concerts pour nous consacrer à l'album. Nous avons commencé à travailler plus sérieusement dessus il y a plus d'une année. Pour cet opus, l'approche des morceaux a été complètement différente des précédentes, car en intégrant une nouvelle personne, cela apporte de nouvelles visions et a permis de nous renouveler et d'avoir d'autres influences musicales. Concernant les textes, nous avons fait notre propre autocritique par rapport au premier opus, dans lequel nous nous sommes beaucoup plus concentrés sur la musique d'une manière naturelle en délaissant les textes. Mais, cette fois-ci, nous avons mis plus d'attention sur l'écriture, les titres ont été écrits par le percussionniste et chanteur Zoheir. Ce dernier était vraiment inspiré pour ce disque. D'ailleurs, il a écrit 90% des textes. Il faut qu'on évolue avec notre temps. Quand nous avons commencé, nous dépassions à peine la vingtaine, et aujourd'hui nous avons la quarantaine ! Notre musique a évolué en fonction de nos personnalités et en fonction de l'évolution de nos vies. Plusieurs d'entre nous sont devenus parents, et les consciences sont plus importantes. Notre vécu dans la société algérienne n'est pas le même à 20 ans qu'à 40 ans. À travers cette évolution, il y a beaucoup plus d'engagement dans les textes, dans lesquels on retrouve des sujets portant sur le pouvoir de l'argent, la transformation de la société algérienne ainsi que la situation politique que nous vivons. En fait, quand je parle de l'évolution, cela signifie que nos influences, les styles que nous écoutions il y a 20 ans ne sont pas ceux d'aujourd'hui. Nous avons découvert d'autres styles, d'autres façons de faire la musique et d'autres sons. Par exemple, pour cet album, nous sommes partis à l'ouest du pays, car la voix du chanteur se prête plus à ce genre musical, notamment au raï, alaoui… Aussi, pour la première fois nous allons chanter en kabyle, le texte a été écrit par Hocine Boukella (Cheikh Sidi Bemol).
Dans notre travail, nous essayons de continuer à explorer les musiques algériennes ; pour le premier album, nous avons fait du gnawa, le deuxième nous avons travaillé sur el ahellil, et le diwane était le fil conducteur. Pour ce dernier opus, ce sera un mélange des deux, mais d'une autre manière. On sent que nous avons touché à autre chose et qu'il y a un fil conducteur dans notre musique et dans notre son. Pour l'instant nous avons 20 titres, je pense que nous allons sélectionner 12-13 morceaux. La sortie est normalement prévue avant le mois du Ramadhan.
Peut-on le définir comme l'album de la maturité ?
Franchement, je ne sais pas ! Je pense que ce n'est pas à nous de répondre à cette question mais au public. Nous avons beaucoup de feeling et de ressentie dans l'album, nous allons voir ce que les auditeurs vont en penser, si c'est l'album de la maturité ou pas !
Outre d'être musicien, vous êtes aussi manager et producteur, il y a deux ans vous avez créé le studio d'enregistrement le Sous-Sol. Comment est né ce projet ?
Le Sous-Sol est une sorte de continuité pour le groupe Djmawi Africa. La première pulsion pour sa création était dans le but de s'organiser pour avoir une vraie structure. Nous avons commencé à jouer énormément à l'international, et il nous fallait des factures et une entité commerciale pour pouvoir travailler. Alors, on s'est dit qu'il faudrait créer une boîte ainsi qu'une salle de répétition, et de fil en aiguille, cette salle de répétition s'est transformée en une agence artistique où nous proposons le développement d'artistes. Aussi, nous mettons à disposition des artistes, notre réseau et notre expérience sur les différents métiers de la musique. Alors, nous avons commencé à faire du booking et du développement. Le Sous-Sol n'a que deux ans, mais nous commençons à faire notre petit chemin, nous avons d'abord commencé par nous automanager, en organisant notre tournée de 2016, la sortie du best-off en France, et ce, en distribution physique à la Fnac. À rappeler entre autres, lors d'un voyage au Cameroun, nous avons rencontré le groupe Love and Life, qui n'avait pas où répéter, et me suis demandé pourquoi les groupes subsahariens sont managés par des boîtes européennes, alors que nous comprenons mieux la musique africaine et ses modes de fonctionnement ! Pourquoi nous ne serions pas les bookers des artistes de ces régions-là ? À partir de là, j'ai commencé à travailler avec eux, ils ont joué il y a deux ans au VFM et à Alger. Aussi, je réalise au Sous-Sol des "underlive" pour les artistes que je veux développer, et qui n'ont pas l'occasion de jouer souvent sur les grandes scènes. En ce moment, je travaille avec la chanteuse Kawther, je suis tombé amoureux de sa musique, et je voulais collaborer avec elle. D'ailleurs, nous travaillons sur la production de son album, j'ai hâte de commencer car c'est une artiste qui me fait énormément rêver.
Depuis quelques années, ce secteur traverse moult difficultés, notamment l'absence d'une industrie musicale…
Je pense qu'aujourd'hui, tout l'environnement est un peu difficile car il y a moins de festivals, moins de programmations qu'avant, la période durant laquelle la programmation musicale est importante c'est durant le Ramadhan. Mais prochainement, il coïncidera avec la saison hivernale et il risque d'y avoir de moins en moins de possibilités de jouer. Aussi, le marché du disque s'écroule, et ce, au niveau international. En Algérie, les artistes doivent trouver des financements pour pouvoir enregistrer un album dans les normes. À cet effet, il faut se déplacer en France, pour trouver des professionnels, car plusieurs métiers sont inexistants ici.
Aussi, pour qu'il y ait une véritable industrie, il faudrait qu'il y ait des gens qui achètent la musique, et en Algérie, le disque n'a jamais rapporté d'argent, alors pour parler d'industrie, il faut d'abord créer un modèle économique propre à nous. L'artiste en Algérie ne vit pas de la vente de ses disques, même si nous recevons nos droits d'auteurs régulièrement et d'une manière très sérieuse comparée à avant ! La dynamique c'est le live mais il n'y a pas assez de salles pour jouer, et je pense que l'Etat commence à comprendre cette situation. Il faut déléguer au privé, leur donner des salles, il faudrait qu'on ait plus honte de vendre de la culture, de vendre de la billetterie. Il faudrait qu'on réfléchisse tous ensemble à un modèle économique à travers lequel l'artiste peut vivre avec son art d'une manière complètement autonome. Le streaming est aussi très important et il faut être conscient de cela. Il y a une dématérialisation, nous avons longtemps couru après le streaming local, mais je pense qu'on devrait penser à faire intégrer le streaming international car c'est la seule manière pour pouvoir s'exporter. Enfin pour le lancement d'une industrie, il faudrait également qu'on s'organise entre artistes, producteurs et tous ceux qui ont la mainmise sur la musique.
H. M.


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