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Parution d'un essai sur "la poétique de l'œil"
Il a été écrit par Kaddour M'hamsadji
Publié dans Liberté le 01 - 12 - 2019

En vérité, cet essai, qui voit le jour après un travail de longue haleine et des difficultés liées à sa rédaction, se veut, comme dit M'hamsadji, "une réflexion simple d'un écrivain sincèrement persuadé de sa sensibilité". Un ouvrage qu'il enrichit, du reste, d'une anthologie poétique millénaire.
Prolifique et authentiquement attaché à tout ce qui a trait à l'homme et à l'âme, le doyen des écrivains algériens, Kaddour M'hamsadji, publie aux éditions de l'Office national des publications universitaires (OPU), La poétique de l'œil, châ'iriyat el'aïn, cet essai très particulier, dans la mesure où celui-ci s'intéresse à l'œil, à la vue et au regard. D'abord d'un point de vue biologique, puisqu'il fait appel à plusieurs docteurs en médecine, qui signent les premières pages de l'ouvrage à travers de brèves introductions dans le monde de l'ophtalmologie, suivies d'explications des pathologies liées à cet organe ô combien vital.
En vérité, cet essai, qui voit le jour après un travail de longue haleine et des difficultés liées à sa rédaction, se veut, comme dit M'hamsadji, "une réflexion simple d'un écrivain sincèrement persuadé de sa sensibilité et surtout des limites de son savoir, singulièrement en sciences médicales". Car pour lui, "l'œil vit, l'œil observe, l'œil pense, l'œil juge, l'œil s'exprime, l'œil agit, l'œil commande, l'œil accepte, l'œil refuse, l'œil est méchant, l'œil est paisible, l'œil est nostalgique, l'œil a de la mémoire, l'œil est romantique, l'œil aime…, l'œil meurt".
Passé les interventions des spécialistes, à l'image de Dr Slimane Mohabeddine ou encore Meriem Braham Chaouche sur les origines de la cataracte ou de la dégénérescence maculaire, M'hamsadji nous gratifie enfin de ses poèmes, écrits à 30 ans d'intervalle. C'est dire que cette fonction – la contemplation, le regard posé sur l'autre ou celui dont nous sommes l'objet – fascine l'auteur de Le rêve derrière soi.
Sous le titre L'insidieuse, poème datant de 1985 dédié au Dr Zahia Louni, il déclame : "Elle vole et virevolte/Elle occupe tout mon œil/De ses ailes multiples/Férocement l'insidieuse/S'effiloche et se reconstitue/Laissant toutes les fois des traînées d'ombre/Elle se veut présente et pourtant/Elle fuit à mon regard affolé/Serait-elle de quelque beauté/Que fatale déjà elle brouille ma vue/Elle brise la prunelle de mes yeux."
Il dépeint dans un vers libre au titre évocateur Macula dégénérée, les conséquences de cette pathologie sur sa vie de tous les jours : "Hélas ! Privé de voir ceux que j'aime et de les reconnaître/Partout l'ombre ennemie me hante occupant mes jours/Déformant mes êtres chers et même les lignes que j'écris/Ou que je lis ; toute nature belle est peinture affreuse."
Et de continuer : "La destruction est commencée. Faut-il en rire, en pleureur ?/Non, ce n'est pas une question de courage ni de patience/ Il faut s'y résigner, déserter le théâtre des émotions laides/S'en remettre à l'Amour de la vie, au Printemps prochain." La tradition orale, la religion et la mythologie ont-elles aussi, et de tous temps, mis au centre de leurs croyances l'œil, son pouvoir ou ses représentations ?
C'est à ce titre que le romancier nous offre une anthologie de maximes et proverbes algériens, maghrébins, arabes et universels. D'Ibn Zaydoun à Charles Baudelaire, en passant par Khalil Gibran ou Mahatma Gandhi, l'œil est célébré à travers une anthologie poétique remontant parfois à des milliers d'années.
Ainsi, sur le commerce, la jalousie, l'amour ou le destin, il a été écrit : "L'œil du petit convoiteur est sur la petite meule", pour parler d'une personne "désirant avec avidité la possession et la jouissance d'une certaine chose". Ou encore le poème d'Aragon, extrait du recueil Les yeux d'Elsa : "J'ai vu tous les soleils y venir se mirer/S'y jeter à mourir tous les désespérés/Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire."

Yasmine Azzouz
La poétique de l'œil, châ'iriyat el'aïn, de Kaddour M'hamsadji, essai.
OPU, 156 pages, 500 DA, 2019.


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