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"Pour s'en sortir, il fallait s'enfermer"
Professeur farid Haddoum, chef du service Néphrologie au CHU Mustapha-pachA
Publié dans Liberté le 27 - 04 - 2020

Liberté : Deux mois presque jour pour jour après la confirmation du premier cas positif au Covid-19, on peut dire que l'Algérie a été préservée d'une hécatombe sanitaire. Est-ce grâce au confinement ?
Farid Haddoum : On ne peut que penser que le confinement a contribué grandement à modifier la donne, au moins en nombre de cas contaminés et de décès, à démentir les prévisions les plus pessimistes, soit la catastrophe sanitaire, annoncées par de nombreux experts alarmistes. Maintenant, on se doit d'entendre les autres experts qui n'ont pas soutenu cette démarche et leur prêter attention.
À l'approche du déconfinement et en cas de "montée" secondaire de l'épidémie, on leur donnera peut-être raison. En effet, on ne peut postuler, sans preuves, que le confinement aurait empêché une plus forte immunisation collective et durable. Sans jeu de mots, pour s'en sortir, il fallait s'enfermer.
Le nombre de nouveaux cas de contamination est supérieur à 100 mais celui des décès a enregistré une baisse significative. Comment analysez-vous ces chiffres ?
Au-delà de la bataille des chiffres, nous le constatons sur le terrain, depuis la mi-avril 2020, le nombre de cas graves a fortement baissé. Notre pays est "chanceux" : sa jeunesse, sa superficie, son confinement, son civisme, son climat et possiblement d'autres facteurs épidémiologiques (une moindre virulence du virus) nous ont permis d'échapper au drame sanitaire constaté en Europe du Sud.
Le nombre de nouveaux cas positifs va probablement rester stable, ainsi et fort longtemps, peut-être même augmenter au fur et à mesure des dépistages plus nombreux avec un accès plus élevé aux différents tests de dépistage. Le comité de suivi, installé au ministère de la Santé, aura fort à faire. C'est à ce niveau que sa mission prendra sa pleine mesure.
La troisième période de confinement s'achève dans deux jours. Devrait-on lever totalement les restrictions sur la circulation et le regroupement des personnes le 30 avril ?
Il se fera, à en croire les autorités, graduellement. Ce qui semble a priori raisonnable. Une plus grande attention devra être portée aux personnes de plus de 65 ans, qui devront observer des mesures plus strictes. Le déconfinement est à risque, c'est sûr.
Cependant, d'énormes avantages sont attendus : le sentiment de victoire, la reprise des activités, la reprise économique, une vie sociale, pour ne citer que ces bienfaits mais pas seulement. Au sortir de ces épreuves, une prise de conscience interviendra, probablement avec une foule de questionnements cultuels, philosophiques, culturels..., sur la condition humaine, sur l'existence.
On dit que les enfants sont généralement des porteurs sains, et donc vecteurs de contagion. Le retour à l'école à brève échéance est-il possible ?
Des confrères chinois, en première ligne dans la bataille contre la pandémie, signalent, dans leurs premières observations publiées, l'absence de cas pédiatriques (ou du moins une très faible prévalence), comme l'absence de cas chez les femmes enceintes (à l'opposé de l'épidémie de H1N1). L'Europe et l'Amérique du Nord, déclarent les enfants comme des porteurs sains et donc des sujets potentiellement dangereux.
De rares formes graves ont été rapportées chez des enfants. Cependant, dans la majorité des cas, ils sont indemnes. La reprise scolaire est possible dès lors que les séniors, qui les encadrent poursuivent les gestes barrières. Comme je suis néphrologue, j'en profite pour dire quelques mots sur les personnes dialysées ou les transplantés rénaux.
Au début de la pandémie, des craintes légitimes sont nées dans le milieu professionnel. Cette population est considérée à risque. Nos confrères chinois avaient publié sur ce sujet dès le mois de mars. Ils constataient une très faible prévalence de la maladie chez leurs dialysés chroniques,en tout cas pas de formes gravissimes.Pour les transplantés rénaux sous médicaments immuno-suppresseurs,leur "confinement reflexe" les a épargnés également.

Propos recueillis par : Souhila HAMMADI


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