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La fille des Aurès
3e partie
Publié dans Liberté le 16 - 07 - 2020

Résumé : Hakima est heureuse. On vient de fêter son anniversaire, et sa maman l'avait aidée à découper son gâteau avant de lui remettre un cadeau. Une méchante fille lui avait dit que cette femme n'était pas sa mère. Mais Hakima ne l'avait pas crue.
Hakima chasse ces idées macabres de son petit cerveau qui ne pouvait pas comprendre tout ce manège d'adulte. Elle était bien trop jeune pour s'initier à ce jeu qui lui donnait le vertige. Tout le monde devait avoir une maman et un papa, lui avait-on dit. Mais elle, elle avait une maman, et cela lui suffisait. Que pouvait-elle dire à un papa ? Un homme. Comme le docteur qui venait les ausculter de temps à autre. Elle ne l'aimait pas trop, celui-là. Lorsqu'elle avait eu mal à la gorge il y a quelques jours, il est venu lui faire une "piqûre". Elle avait eu si mal et si peur qu'elle n'avait même pas osé pleurer, et était allée se cacher dans les jupons de sa "maman". L'homme était reparti. C'était donc cela un papa ? Un homme qui avait un regard sévère et qui faisait "mal" ? Elle n'en voulait pas. Elle préférait sa maman. Oh oui, de très loin.
Elle serre sa poupée contre elle et jette un regard à ses petites amies qui avaient pour la plupart le visage barbouillé de crème au chocolat. Le gâteau était succulent, mais elle n'en avait pas mangé.
Elle n'avait pas envie de tomber malade et se faire encore piquer. Pas plus tard que la veille, une petite fille avait eu des douleurs au ventre parce qu'elle avait mangé trop de gâteau. Le même docteur était venu et lui avait fait la piqûre. La petite fille avait poussé des cris effroyables et n'avait cessé de pleurer que lorsqu'elle s'était endormie.
Hakima se passe la langue sur ses lèvres. Le gâteau paraissait si bon...
Sa "maman" vient la serrer contre elle :
- Alors Hakima, tu ne veux pas manger ton morceau de tarte ?
Hakima secoue ses boucles brunes.
- J'ai peur de la piqûre.
La femme la regarde en fronçant les sourcils.
- La piqûre ? Quelle piqûre ? De quoi parles-tu donc ?
Hakima la regarde sérieusement dans les yeux.
- Hier le docteur est venu pour faire la piqûre à Karima parce qu'elle avait mangé des gâteaux.
La jeune femme se met à rire.
- Mais non, ma chérie. Karima s'était rendue malade parce qu'elle avait abusé de sucreries. Mais si tu ne manges qu'un morceau de ton gâteau d'anniversaire, tu ne seras pas du tout malade. Après tout, tu as déjà mangé des gâteaux lors des autres anniversaires et même bien plus souvent. N'est-ce pas ?
Hakima hoche la tête, et un sourire vient éclairer son visage.
- Je peux donc prendre un morceau de ce délicieux gâteau au chocolat ?
- Mais bien sûr, ma chérie. Ce gâteau a été confectionné en ton honneur. Tu as six ans aujourd'hui, tu es déjà une grande fille. On va bientôt t'inscrire à l'école.
- Ah oui... Je le sais.
- Tu sais qu'est-ce qu'on fait dans une école ?
Hakima baisse les yeux et garde le silence. La jeune femme continue :
- On apprend à lire, à écrire, à compter, à faire des dessins...
- Je sais déjà faire des dessins et compter jusqu'à vingt, lire un peu et...
La jeune femme l'interrompt.
- Tu as fait le préscolaire. On t'a appris quelques rudiments çà et là. Ce ne sera pas du tout pareil. Les choses sérieuses commencent pour toi maintenant. L'école perfectionnera ton éducation et te permettra de réaliser tous tes rêves plus tard.
Hakima demeure silencieuse.
- Tu ne te réjouis pas à cette idée, Hakima ?
La petite fille semble triste.
- Je vais te quitter pour toute la journée.
La jeune femme sourit.
- Ah c'est donc cela ? Elle s'agenouille près d'elle et la prend par les épaules.
- Tu sais Hakima, la vie ne fait pas de cadeaux. Nous devrons combattre par tous nos moyens pour construire notre avenir et nous mettre à l'abri de l'échec et du besoin. Quand tu seras un peu plus grande, tu comprendras toutes ces choses que ton petit cerveau ne pourra pas encore assimiler.
- Qui va m'accompagner à l'école ?
- Je t'y emmènerai moi-même, si cela peut te faire plaisir.
Hakima affiche un grand et radieux sourire.
- C'est vrai ?
- Bien sûr. Que ne ferait-on pas pour une aussi gentille et aussi belle fille comme toi ?
- Oh merci. Merci maman.
La jeune femme contemple un moment le visage de la petite fille et tente de cerner le secret des traits réguliers et fort beaux qui l'ornaient. L'enfant dégageait une innocence angélique. La vie finira bien par faire d'elle une autre personne.
Hakima apprendra plus tard la réalité sur son existence, et qui sait ce qui pourrait advenir d'elle ?

(À SUIVRE)
Y. H.
[email protected]
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