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La fille des Aurès
61e partie
Publié dans Liberté le 23 - 09 - 2020

Résumé : À la rédaction Nawel découvre un monde qu'elle ne connaissait pas encore. Un monde où chaque minute était comptée. C'était l'heure du bouclage, et le service technique est pris d'assaut par une meute de journalistes et de reporters qui remettaient les derniers papiers de la journée.
HOURIA
On était au milieu de l'après-midi. La ville affichait un air de gaieté, et une foule dense encombrait les trottoirs. On dirait que tout le monde s'était donné le mot pour sortir en cette journée printanière. Nawel avait les bras chargés, et Hakima qui s'était contentée de s'acheter une tenue de sortie, tenait son sachet au bout du bras, tout en gardant cet air absent que son amie ne lui connaissait que trop.
-Veux-tu qu'on aille prendre une glace ou un café quelque part Hakima ?
Hakima hausse les épaules :
-Si tu veux. Je suis fatiguée d'avoir trop marché, et puis regarde un peu tous ces gens qui se bousculent. Tout le monde semble pressé, et pourtant personne ne l'est réellement.
-Qu'en sais-tu ? À chacun ses préoccupations. Et puis, à la rédaction non plus ce n'est pas le grand calme. Tu devrais donc être habituée à cette vie infernale et quotidienne.
Hakima tendit son index pour indiquer une terrasse de café :
-Allons nous installer là-bas. C'est un beau coin. Le lieu surplombe un beau jardin. Nous aurons une belle vue et la paix pour un moment.
Nawel acquiesce, et sans plus hésiter, les deux jeunes filles s'installèrent à une table et passèrent commande. Elles discutaient tranquillement entre elles et ne se rendirent pas compte qu'une femme à l'allure négligée et misérable les regardait. Elle les suivait depuis un moment déjà, et avait hésité à entrer au salon de thé, et à s'installer sur la terrasse. Mais maintenant qu'elle s'était rapprochée des deux jeunes filles, elle ne savait plus si elle devait les aborder ou retourner sur ses pas.
Hakima parlait de sa mission à Cannes, et élaborait déjà un programme varié pour se lancer dans cette aventure dont rêvaient la plupart de ses collègues.
Nawel l'écoutait en souriant. Elle était heureuse pour elle. Au moins Hakima réussissait dans son travail. Elle était douée, et son sérieux lui était reconnu. La preuve, c'est elle qu'on avait choisie pour un évènement d'une telle envergure.
Elle relève la tête, et remarque la présence de la femme non loin d'elles. La femme croise son regard et baisse les yeux, mais demeure loin et silencieuse. Un serveur la rabroue et elle tente de se défendre. Hakima remarque le manège et se lève d'un bond. Elle s'approche du serveur et le sermonne :
-Vous n'avez pas honte de vous prendre comme ça à une femme sans défense ?
-Excusez-moi mademoiselle. Mais cette femme n'est qu'une mendiante. Elle vient de temps à autre par ici tendre sa main, et cela dérange nos clients, et porte atteinte à la notoriété de notre établissement.
Hakima s'approche de la femme et lui prend le bras :
-Viens avec moi. Tu dois avoir faim, n'est-ce pas ?
La femme ne répondit pas et garde les yeux baissés. Hakima la secoue :
-Tu es muette ou quoi ? Viens prendre place à notre table, et je te promets que personne ne viendra t'importuner.
-Hakima...
La jeune fille sentit un froid dans son dos. Cette voix ne lui était pas inconnue.
-Hakima... Je ne sais pas si tu m'as reconnue.
La jeune fille est perplexe. Nawel s'approche d'elle et demande :
-Que se passe-t-il donc ?
Hakima contemple la femme un moment sans dire un mot. Son regard se mouille et elle sentit ses larmes rouler sur ses joues.
Nawel s'écrie :
-Mais tu pleures ! Que s'est-il passé ?
Elle se retourne vers la femme et la sermonne :
-Que lui as-tu dit ? Tu connais Hakima ?
Hakima renifle et lève une main :
-S'il te plaît Nawel, cette femme était avec moi à l'orphelinat. Elle s'appelle Houria !
Nawel qui commençait à comprendre les entraîne toutes les deux vers la table :
-Vous attirez les regards sur vous deux au milieu de la terrasse. Installez-vous donc. Nous avons tout le temps pour discuter discrètement.
Hakima tire une chaise et sans quitter du regard Houria, elle l'invite à s'asseoir. Elle reprend elle-même sa place, mais sans trop d'enthousiasme cette fois-ci.
-Alors Houria... Que t'arrive-t-il donc ? Comment es-tu arrivée au stade de la mendicité ?
Pour toute réponse, Houria se met à pleurer à chaudes larmes. Hakima la détaille un moment. Houria faisait le double de son âge. Une dentition cassée et gâtée, un visage buriné et ridé, des touffes de cheveux mal coiffés dépassaient d'un foulard sale et déchiré, sa gandoura était trop large, et entachée de taches d'huile. La malheureuse n'avait plus que la peau sur les os, et semblait affamée et malade.

(À SUIVRE)
Y. H.
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