L'Opep+ décide de prolonger la Déclaration de coopération jusqu'à fin 2023    Le Président Tebboune adresse une invitation à son homologue somalien pour le Sommet arabe d'Alger    Elections partielles à Tizi-Ouzou: le FFS promet d'associer les citoyens dans la gestion de la commune    Déclaration de politique générale du Gouvernement: les députés plaident pour la modernisation du système financier    Le Président Tebboune reçoit un appel téléphonique de son homologue allemand    Parlement arabe: le sénateur Abdelkrim Koreichi plébiscité président de la Commission des AE    Revirement de Madrid sur le Sahara occidental : "une grave violation" du droit international    Rebiga reçu par les membres du Conseil présidentiel libyen    65e anniversaire de la bataille d'Issine : une occasion pour rappeler la cohésion et la solidarité algéro-libyenne    Tlemcen: raccordement de 428 exploitations agricoles au réseau électrique depuis mars    CHAN 2023 / Constantine : le stade chahid Hamlaoui sera prêt "prochainement"    Le Président Tebboune reçoit le MAE portugais    Nouvelles agressions marocaines    Le projet prend forme    Pluies orageuses sur le Centre et l'Est du pays jusqu"à mercredi soir    Gymnastique/Championnat arabe: illustration de l'Algérie et l'Egypte en individuels    Les félicitations du président    Le silence de la communauté internationale déploré    Tokyo, Séoul, Washington et Bruxelles condamnent    Installation des nouveaux président et commissaire d'Etat du Conseil d'Etat    Le 14e FIBDA s'ouvre à Alger    Améliorer la situation socio-professionnelle dans le projet de loi de l'artiste    Le silence dans l'œuvre d'Assia Djebar    Inter-Barça : Xavi indigné par l'arbitrage de la rencontre    Importation du matériel agricole: La décision entre en vigueur la semaine prochaine    Le dépistage systématique recommandé: Le cancer du sein tue 3.500 algérienne par an    Bouira: Sensibilisation sur les dangers des pétards et des feux d'artifice    Environnement n'est pas juste gestion des ordures    Il y a dix ans nous quittait Abdelkader Freha: Une légende toujours vivace    Ligue 2 - Changement de staffs techniques: Majdi El Kourdi au RCK, Boufenara au NAHD    SNTF: Grève surprise des conducteurs de train    Financement occulte de la campagne présidentielle de 2019: Saïd Bouteflika condamné à 8 ans de prison    Le Maroc enchaîne les revers    Xi Jinping a refaçonné l'armée chinoise mais aussi la région    Déluge de questions à l'APN    Amer Ouali Rachid, nouveau président    «Le gouvernement doit corriger son action»    Les enseignements d'une révolte    Les bienfaits de la médecine naturelle    Les «pétards» se mettent au...digital!    Algérie-France : c'est du concret!    Benzerti relance les Vert et Rouge    Boufenara, nouvel entraîneur    Début des éliminatoires vendredi au Caire    «Le bourreau et la victime n'ont pas la même mémoire»    Des maisons d'édition à profusion    Les super guerriers algériens présents en force    De la supercherie démocratique du 5 octobre 88 à l'imposture de « l'Algérie nouvelle » post-22 février 2019.    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le maquisard
LE COMMANDANT DE L'ALN LAKHDAR BOUREGÂA TIRE SA REVERENCE
Publié dans Liberté le 07 - 11 - 2020

Il aura été jusqu'au bout un authentique maquisard. Sur le chemin de la dignité, il n'a jamais dévié. Il a survécu à la guerre de Libération nationale, dont il a été l'un des artisans. Face à la dictature, il a résisté vaillamment. Avec la jeunesse du 22 Février en quête de libertés, il a fait corps. Cette même jeunesse l'a porté au panthéon de la grande histoire. Adieu le héros.
DU COMBAT LIBERATEUR À L'INSURRECTION DU HIRAK
Bouregâa, une vie debout
Il aura été jusqu'au bout un authentique maquisard. Sur le chemin de la dignité, il n'a jamais dévié. Il a survécu à la guerre de Libération nationale, dont il a été l'un des artisans. Face à la dictature, il a résisté vaillamment. Avec la jeunesse du 22 Février en quête de libertés, il a fait corps. Cette même jeunesse l'a porté au panthéon de la grande histoire. Adieu le héros.
Quand l'ambulance transportant la dépouille de Lakhdar Bouregâa vers sa dernière demeure quitte la maison du défunt, à Hydra, jeudi, un cri s'élève : "Ya Chahid artah artah, sa nouwassilou ennidhal" (Ô martyr repose-toi, nous continuerons le combat). Il est aussitôt repris par la foule compacte venue rendre un dernier hommage au révolutionnaire qui a inscrit son nom au fronton de toutes les causes justes et de tous les combats libérateurs de sa patrie. Le peuple, dit-on, reconnaît les siens !
Les Algériens, parmi lesquels beaucoup de jeunes, viennent de le démontrer encore une fois, et de fort belle manière. Les messages émouvants qui pleuvent depuis l'annonce de son décès, mercredi 4 novembre, en hommage à "Âami Lakhdar", ne sont pas seulement le témoignage de révérence de tout un peuple au parcours exceptionnel du baroudeur des maquis durant la guerre de Libération.
Ils sont une reconnaissance formidable à l'endroit d'un citoyen qui s'est engagé, après l'indépendance, pour une Algérie affranchie, juste, moderne et démocratique. Son engagement, en 2019, auprès de la jeunesse du Hirak, fera de lui une figure emblématique de ce mouvement populaire inédit dans l'histoire du pays. Né en 1933 à Médéa, Lakhdar Bouregâa rejoint l'Armée de libération nationale (ALN) à l'âge de 23 ans.
Très vite, il sera surnommé par ses pairs "le baroudeur", en raison de sa grande bravoure, selon les témoignages de plusieurs de ses compagnons d'alors. Au maquis, il dirigera une compagnie de choc appelée la Zoubiria. Il devient chef de la zone II de la Wilaya IV entre 1959 et 1960, et sera l'adjoint du colonel Youcef Khatib, chef de la Région jusqu'à la fin de la guerre, en 1962.
Opposant irréductible, combattant acharné de la liberté, Lakhdar Bouregâa s'insurgera contre le régime mis en place à l'indépendance de 1962 par l'armée des frontières. Il fonde avec Hocine Aït Ahmed, un autre chef de la révolution nationale, le Front des forces socialistes (FFS), qui sera le premier parti d'opposition de l'Algérie indépendante. En 1967, après une tentative de coup d'Etat mené par l'ancien chef d'état-major, Tahar Zbiri, Bouregâa sera arrêté par la police politique.
C'est à partir de là que ce chef révolutionnaire subira les pires tortures dont il fera d'ailleurs le récit poignant dans ses mémoires, Témoin sur l'assassinat de la Révolution, paru aux éditions Dar Al-Hikma en 2010. Il est jugé et condamné par la "Cour révolutionnaire" à 30 ans de prison. Il sera libéré après 7 années de détention.
Icône de la jeunesse algérienne
En 2019, alors que l'ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika s'apprêtait à rempiler pour un 5e mandat, le peuple s'est soulevé contre cet ultime affront commis par une caste prédatrice dont le seul souci était de perpétuer la prise du pouvoir vaille que vaille. Des millions d'Algériens sortent alors dans la rue dans des manifestations historiques. Bouregâa a entendu l'appel du peuple. Il a choisi son camp. Il n'hésitera pas à accompagner les Algériens dans la rue pour réclamer le changement.
À 86 ans, chaque vendredi, il descendra la rue Didouche-Mourad dans la capitale avec ses concitoyens dans un mouvement de contestation populaire et pacifique qui forcera l'admiration du monde entier. Beaucoup parmi les jeunes Algériens, notamment, découvrent alors Lakhdar Bouregâa, et l'adoptent aussitôt. Dès les premiers mois du Hirak, le vétéran de la guerre de Libération incarnera la figure d'un homme intègre, épris de justice et de liberté.
Un symbole est alors né et Bouregâa deviendra très vite une icône de la jeunesse algérienne. "Lakhdar Bouregâa a été la caution morale du Hirak. Par sa constance et son refus de toutes les compromissions, il a très vite constitué une des principales figures emblématiques du mouvement populaire du 22 Février.
La jeunesse du Hirak a vu en lui une valeur sûre qui incarne l'idéal démocratique du peuple algérien", résume l'historien Amar Mohand Amer, contacté par Liberté. 4 mois après le début du mouvement populaire, Lakhdar Bouregâa sera à nouveau jeté en prison le 30 juin 2019. Il est inculpé d'"outrage à corps constitués" et de "participation à une entreprise de démoralisation de l'armée ayant pour objet de nuire à la Défense nationale". Une détention "honteuse" pour les Algériens qui n'ont pas compris comment on pouvait toucher à ce symbole de la résistance contre le colonialisme.
L'homme de Novembre a payé cher ses critiques à l'encontre du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah décédé en décembre 2019, quelques jours après l'élection présidentielle du 12 décembre. L'arrestation du "héros" avait suscité une vive indignation. Il était devenu, depuis cette date, le symbole de tous les "détenus politiques et d'opinion" incarcérés en lien avec le Hirak. Pendant plusieurs mois, son portrait sera brandi par des milliers de manifestants.
Le vétéran de la guerre d'Indépendance et figure de proue du mouvement de contestation pacifique ne sera remis en liberté que le 2 janvier 2019, après six mois de détention provisoire. Il décédera le 4 novembre dernier sans avoir vu se réaliser le rêve de millions d'Algériens aspirant à un changement véritable. "Lakhdar Bouregâa est désormais sous la protection d'Allah", a écrit, mercredi soir, son fils Hani Bouregâa. Le 21 octobre dernier, sa famille avait annoncé qu'il était atteint du coronavirus.
Les hommages se sont aussitôt multipliés sur les réseaux sociaux. "Bouregâa nous a quittés. Il a donné sa vie pour sa patrie. Honorons-le en continuant son combat", a ainsi écrit un internaute sur son compte Facebook. "Un ami de la jeunesse. On retiendra de lui sa volonté de changer les choses pour une Algérie meilleure", renchérit un autre. "C'est un homme remarquable. C'est un Héros de l'indépendance qui n'est pas resté figé dans le passé", soutient un autre sur son compte twitter.

Karim BENAMAR

TENTATIVE DE SALIR LE HEROS BOUREGÂA
Une faute politique et morale qui ne passe pas
SADEK HADJERÈS, MILITANT DU MOUVEMENT NATIONAL ET ANCIEN DIRIGEANT DU PCA
"Il est l'honneur de notre peuple"
SAID SADI, ANCIEN PRESIDENT DU RCD
"Un homme du peuple"


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.