Le ministère russe des Affaires étrangères appelle à privilégier le dialogue pour régler les différends entre Washington et Caracas, après l'annonce par les Etats-Unis de la capture du président vénézuélien. La Russie a appelé, samedi 4 janvier, les Etats-Unis à libérer le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, affirmant disposer d'« informations confirmées » selon lesquelles le couple aurait été capturé puis transféré sur le sol américain à la suite d'une opération militaire. Dans un communiqué, le ministère russe des affaires étrangères a exhorté Washington à « reconsidérer sa position » et à relâcher le « président légalement élu d'un Etat souverain », tout en plaidant pour un règlement des différends entre les deux pays par le dialogue. Moscou a par ailleurs vivement condamné les frappes américaines menées contre le Venezuela, qualifiées d'« agression armée » en violation du droit international. La diplomatie russe a soutenu la demande de convocation urgente du Conseil de sécurité des Nations unies, mettant en garde contre une escalade des tensions et rappelant que l'Amérique latine devait demeurer une zone de paix. Le président américain Donald Trump a confirmé avoir ordonné une attaque « de grande ampleur », affirmant que Nicolas Maduro et son épouse avaient été capturés puis exfiltrés hors du pays. Les autorités vénézuéliennes disent ignorer le sort du chef de l'Etat et exigent des preuves qu'il est en vie, tout en rejetant les accusations américaines de narcotrafic visant le dirigeant chaviste. La Cour suprême nomme Delcy Rodríguez présidente par intérim après la capture de Maduro par les Etats-Unis Dans un arrêt rendu samedi, la Cour suprême de justice du Venezuela a ordonné à la vice-présidente exécutive Delcy Rodríguez d'assumer « immédiatement » les fonctions de présidente par intérim, après la capture du président Nicolás Maduro par les Etats-Unis et son transfert à New York. Selon le média Últimas Noticias, la Cour a demandé à Rodríguez de prendre la tête de l'exécutif « dans le strict respect de la Constitution et des lois vénézuéliennes ». De son côté, Tania D'Amelio, présidente de la Chambre constitutionnelle, a indiqué que cette décision avait été adoptée afin d'assurer « la continuité administrative de l'Etat et la défense de la nation ». Par ailleurs, la Cour a estimé que Maduro se trouve dans une situation d'« impossibilité matérielle et temporaire » d'exercer ses fonctions. Dans la foulée, le gouvernement vénézuélien a accusé les Etats-Unis d'avoir attaqué des installations civiles et militaires dans plusieurs Etats, tout en déclarant l'état d'urgence national. Pour sa part, le président américain Donald Trump a par la suite confirmé une frappe « de grande ampleur », ajoutant que Nicolás Maduro et son épouse avaient été « capturés et exfiltrés du pays ». Enfin, ces attaques interviennent après plusieurs mois de pressions croissantes de Washington sur Maduro, accusé par les autorités américaines d'être impliqué dans le trafic de drogue. Le dirigeant vénézuélien avait rejeté ces accusations et affirmé sa volonté de dialogue. Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi dans la capitale suédoise, Stockholm, afin de protester contre la poursuite des attaques d'Israël à Gaza malgré un cessez-le-feu, ainsi que contre les dernières frappes américaines au Venezuela, qui ont également conduit à la capture du président Nicolas Maduro. Répondant à l'appel de plusieurs organisations de la société civile, les manifestants se sont réunis sur la place Odenplan. Les participants brandissaient des pancartes telles que « Des enfants sont tués à Gaza », « Mettons fin aux pénuries alimentaires en Palestine », « Non à la guerre au Venezuela » ou encore « Le pétrole du Venezuela appartient au Venezuela », appelant ainsi à la fin des interventions militaires tant à Gaza qu'au Venezuela. L'activiste juif suédois Dror Feiler a déclaré à Anadolu qu'ils condamnaient les attaques menées par Israël contre Gaza, et ce malgré les appels à la paix. S'agissant des Etats-Unis, Feiler a affirmé que Washington cherche à renverser les gouvernements qui ne servent pas ses intérêts. « Les Américains font ce qu'ils ont toujours fait : ils tentent de renverser les régimes qui refusent de se laisser diriger par eux », a-t-il déclaré. Etablissant un lien entre la situation en Palestine et l'implication des Etats-Unis au Venezuela, Feiler a ajouté : « La cause palestinienne est notre cause, tout comme celle du peuple vénézuélien. » Décrivant la présence d'Israël à Gaza, au Liban et sur le plateau syrien du Golan comme une « occupation illégale », Feiler a souligné l'importance de la souveraineté. « Que l'on apprécie ou non la politique de Maduro n'a aucune importance.