Alger a baissé le rideau, vendredi soir, sur la 18e édition du Festival national du théâtre professionnel (FNTP), un rendez-vous qui a, une nouvelle fois, mis en lumière la richesse et la diversité de la scène théâtrale algérienne. Point d'orgue de cette édition, la distinction suprême a été attribuée à la pièce Djanazet Ayoub (Les obsèques d'Ayoub), produite par le Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi, saluée pour sa force dramaturgique et sa cohérence artistique. La cérémonie de clôture, organisée au Théâtre national d'Alger, s'est déroulée dans une atmosphère solennelle et chaleureuse, en présence de nombreuses figures du monde culturel. Des responsables de théâtres régionaux, des artistes confirmés et de jeunes créateurs se sont retrouvés aux côtés d'Abderrezak Baba, représentant la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda. Le commissaire du festival et directeur du TNA, Mohamed Yahiaoui, a souligné, dans son allocution, l'importance de ce rendez-vous annuel pour le dialogue artistique et la circulation des idées. Le palmarès de cette édition a reflété la pluralité des propositions scéniques présentées. Le prix de la meilleure mise en scène est revenu à Mouny Boualem pour Carnaval romain, une production du Théâtre régional Mohamed Tahar-Fergani de Constantine, remarquée pour son audace visuelle et son rythme maîtrisé. Le prix du meilleur texte a été attribué conjointement à El Yamine Bentoumi pour Ghedh'bet El Bey du Théâtre régional de Biskra, et à Hamid Allaoui pour El Berda ouel Meddaha, porté par le Théâtre régional de Saïda. Sur le plan esthétique, la scénographie de Banka Pro-Max du Théâtre régional d'Oum El Bouaghi, signée Hamza Djaballah, a retenu l'attention du jury, tandis que la création sonore de Dik Ellila, du Théâtre régional Abdelkader-Alloula d'Oran, composée par Abdelkader Soufi, a été récompensée pour sa finesse et son impact émotionnel. Les comédiens ont également été mis à l'honneur. Amirouche Merabet a reçu le prix du meilleur rôle masculin pour sa performance dans Palestine trahie, du Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou. Le prix du meilleur rôle féminin a été partagé entre Fariza Chemmakh, pour Biblomania du Théâtre régional d'Annaba, et Feriel Medjadji, également remarquée dans Palestine trahie. Les seconds rôles n'ont pas été oubliés, avec une distinction pour Mounaïm Khelladi dans Lear, roi des sculpteurs (Djelfa) et pour Faten Kessar dans Para-dox (El Eulma). Composé d'universitaires et de praticiens du théâtre, le jury a décerné son prix spécial au spectacle El Hachim, présenté par l'Institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l'audiovisuel (ISMAS). Une mention de reconnaissance a également été accordée à Ibadat du Théâtre régional de Sidi Bel Abbès, en hommage à l'héritage de Kateb Yacine. Ouvert le 22 décembre sous le thème « Le théâtre réduit les distances », le festival, dédié à Abdellah Hamlaoui, a proposé dix jours d'intense activité artistique, mêlant compétitions, spectacles off, conférences, master classes et performances de rue, confirmant le rôle central du théâtre