Résumé : Pour fermer la bouche aux mauvaises langues, mon grand-père avait légalement adopté l'enfant de cette femme. La chose peut paraître normale, si ce n'est le fait qu'on m'avait caché toute cette histoire. Le doute s'insinuait en moi. Pourquoi ? Je n'en savais rien. J'avais le pressentiment que si on m'avait caché un secret on a dû m'en cacher bien d'autres. Je pris une cuillère et tentai de faire semblant de manger. Hacène me jeta un coup d'œil interrogateur. Je baissai les yeux, mais ne proférai aucune parole. Ma mère, occupée à discuter avec ma grand-mère Zahra, ne remarqua rien d'anormal. Mais mon mari, lui, n'était pas dupe. Il faisait lui aussi mine de manger, mais semblait préoccupé. - Tu es bien pâle, Mina. Quelque chose ne va pas ? J'allais riposter quand une nausée me souleva l'estomac. Je me levai promptement et courus dans le corridor vers les cabinets de toilettes pour vomir. Je me sentais tout de suite après apaisée. Mais j'avais un vertige et un mal de tête qui ne voulaient pas se dissiper. Hacène courut vers moi : - Qu'as-tu Mina ? Tu as l'air bien malade. Je secouais la tête : - Non, tout va bien. Un peu de fatigue, c'est tout. - On ne me la fait pas à moi, Mina. Tu as les yeux cernés et tu viens de vomir. Je poussais un soupir de lassitude : - Oh ! Je crois que je suis enceinte. Pris de cours, Hacène me jeta un regard perplexe. Puis, reprenant ses esprits, il prit mes mains et les porta à ses lèvres : - Oh ! Ma chérie ! Comme je suis heureux. Pourquoi me l'as-tu caché ? J'étais offusquée. Ma santé physique n'avait rien à voir avec mon humeur. Mais, étant donné que je suspectais ma grossesse depuis déjà quelques semaines, je trouvai que mon psychique en était tout aussi lié. Je retirai mes doigts avec brutalité et lançai : - Je ne t'ai rien caché. D'ailleurs, je ne suis pas encore sûre de mon état. Brusqué par mon geste et mes paroles, Hacène demeura bouche bée. J'étais gênée. Mon mari n'avait rien à voir ni avec cette affaire ni avec ma mauvaise humeur. Ma mère vint nous retrouver : - Que se passe-t-il vous deux ? Pourquoi n'avez-vous pas terminé de dîner ? Hacène me jeta un regard plein de reproches et se retira dans la chambre qui nous a été attribuée. Mais ma mère, curieuse comme elle était, voulait savoir si on s'était disputé : - Quelque chose ne va pas entre vous ? - Non, rien. Je viens juste d'avoir un petit malaise, et Hacène s'est inquiété. - C'est pour cela que tu fais cette tête ? - Oh ! Ce n'est rien, je suis... - Tu es quoi ? Depuis ton retour du cimetière tu n'as pas l'air d'être dans ton assiette. Qui est cette femme que tu as rencontrée ? - Je ne la connais pas. Elle dit avoir connu mon grand-père et avoir été à ton service alors que tu étais encore une nouvelle mariée. Ma mère avait un peu pali. Mais, se reprenant, elle répondit : - Et alors ? J'ai de tout temps eu des femmes à mon service. Tu le sais bien, Mina. - Oui, mais celle-là est un peu spéciale. - Pourquoi ? - Eh bien parce que grand-père avait adopté son fils. Ma mère se tut. Elle me regarda un moment puis me prit le bras et me chuchota à l'oreille : - C'est tout ce qu'elle t'a dit ? - Oui. Mais je crois qu'il y a anguille sous roche. Quelque chose me dit que vous me cachez un grand secret.
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