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"17 octobre, un crime d'Etat
Sortie du documentaire de Ramdane Rahmouni à Alger
Publié dans Liberté le 18 - 10 - 2021

Projeté en avant-première à la cinémathèque d'Alger, ce documentaire revient minutieusement sur le massacre de centaines d'Algériens qui manifestaient pacifiquement au pays des "droits de l'Homme".
Costume-cravate, moustache bien taillée, gel gomina pour les hommes ; plus belle toilette pour les femmes, c'était le dress-code imposé pour la manifestation pacifique du 17 octobre 1961. Organisée par la Fédération de France du FLN, cette marche a rassemblé des milliers d'Algériens, qui, sourire aux lèvres, revendiquaient seulement leurs droits : mettre fin au couvre-feu instauré par le gouvernement français. Cette nuit, qui devait être une simple revendication au pays des "droits de l'Homme", se transforme en une vraie scène d'horreur ; des centaines de personnes sont jetées dans la Seine, incarcérées et torturées par la police de Maurice Papon.
Pour raconter ce massacre, dont nous commémorons le 60e anniversaire, Ramdane Rahmouni a posé sa caméra face à de nombreux protagonistes ayant vécu cette tragédie. Intitulé 17 octobre, un crime d'Etat, produit par le Centre national d'études et de recherches sur le Mouvement national et la Révolution, ce documentaire de 52 minutes retrace les faits survenus depuis l'annonce, le 5 octobre 1961, du couvre-feu, de 20h à 5h du matin, pour la communauté algérienne. Selon les divers témoignages rapportés dans ce docu, les Algériens ont vécu l'horreur cette année 1961. "Nous avons tendance à nous focaliser seulement sur le 17 octobre, alors que durant des mois Papon arrêtait les Algériens pour les torturer afin de leur tirer des renseignements. C'était une année atroce", se souvient l'avocate Nicole Rein.
En effet, le préfet de la police avait ordonné à ses hommes d'user de la force et de l'intimidation sur les musulmans de France, et "les tortures avaient lieu dans des caves ; beaucoup n'en sont jamais sortis", regrette l'un des protagonistes du film. À ce propos, l'auteur Gilles Manceron a raconté que des semaines avant le 17, dans les 13e et 18e arrondissements et les bidonvilles de Nanterre, régnait une terrible répression. Ainsi, à Paris, "l'Algérien devient le visage du FLN et pour les partisans de l'Algérie française, cela devient intolérable", explique l'historienne Linda Amira. Et si aujourd'hui Macron "accuse" Papon de tous les maux, il est à rappeler qu'il a été nommé par le gouvernement de l'époque dans le but d'exécuter la sale besogne.
D'ailleurs, l'ancien Premier ministre Michel Debré ne "se résolvait pas à l'indépendance du pays. Attaché à l'Algérie française, il n'a pas suivi le tournant de de Gaulle". Sur ces propos, Jean-Luc Einaudi (décédé en 2014) précise que "la haine, on la rencontrait à l'état brut dans les forces de police. En 1961, il y a une volonté de vengeance à l'égard de toute une population.
Ces crimes ont été commis sur l'apparence physique et comme moteur la haine raciale". Pour sa part, Ali Haroun estime que Papon avait autorisé les policiers à faire des dépassements, dans l'objectif de bloquer la Fédération de France du FLN et de la réduire à néant. Concernant le jour J, soit le 17 octobre, à 20h, durant lequel ont été lâchement assassinés des hommes et des femmes sans défense, la militante Aïcha Mansour et ses acolytes pensaient qu'il n'y aurait "aucun risque.
Pour ces raisons, nous avons emmené les enfants", et pour le FLN, "nous pensions qu'il allait y avoir seulement quelques arrestations et bastonnades ; nous n'avons jamais imaginé un tel massacre", regrette l'un des membres du bureau parisien. Longtemps falsifié ou inavoué par l'Etat français, le nombre de morts s'élève, selon bon nombre d'historiens, à 200 personnes. Mais Einaudi a avancé dans l'interview qu'en "se basant sur des archives du FLN, de la préfecture de police, de la justice, de la presse et des témoignages, la liste s'élève à 400 morts, sans oublier les corps non identifiés". Un nombre qui contredit les chiffres avancés à l'époque d'une dizaine de personnes tuées ! 17 octobre, un crime d'Etat a été projeté samedi en avant-première à la cinémathèque d'Alger et est disponible sur la plateforme Youtube.

Hana Menasria


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