RESUME : Le jour du rendez-vous, Mouna est bien déçue. Samir est très pris par son travail. C'est sa mère qui l'accompagnera chez la gynécologue. L'échographe les rassure. Le bébé va bien. Mouna a conscience des changements dans sa vie depuis qu'elle est enceinte. Elle trouve son mari un peu lointain… Hadja Nouara et Mouna quittent le cabinet après que la gynécologue ait appelé le professeur D. à la clinique. Ce dernier lui demande de renouveler l'ordonnance. Mouna continuera à prendre le même traitement. Elle achète les médicaments puis demande au chauffeur de les ramener à la maison mais sa mère refuse, elle veut être ramenée à Kouba. - On prendra le café ensemble, lui dit-elle. J'ai des choses à te dire. Mouna lui propose de le prendre chez elle. Elles auront tout le temps pour discuter mais elle est surprise d'entendre sa mère insister. - Non, chez moi, dit-elle. On sera plus à l'aise. - Bien ! Mouna ne pose pas de questions, gênée par la présence du chauffeur de son mari. Quand elles arrivent à Kouba, elle lui demande d'aller faire un tour en attendant son retour. Elles entrent à la maison et sans même prendre le temps de s'asseoir, Mouna lui demande : - Qu'est-ce qui ne va pas, maman ? - Je vais te dire ce qui ne va pas, répond hadja Nouara tout en préparant du thé. Je trouve que la fille qui t'aide s'est mise à l'aise chez toi. Vous l'avez amenée pour qu'elle travaille ou pour qu'elle devienne un membre de la famille ? - Je ne vois pas le mal qu'il y a à sympathiser avec elle, réplique Mouna. Et puis ce n'est pas une fille. - Bonne remarque, relève sa mère. C'est une femme qui n'a pas eu de chance et qui pourrait en profiter. - Maman, tu exagères. - Je suis vieille et j'en ai vu de toutes les couleurs, insiste hadja Nouara. Je ne voudrais pas assister à ton malheur. Crois-moi, tu ne devrais pas te fier à cette femme ! Tu ne perds rien à rester vigilante. - D'accord maman, dit Mouna pour ne pas la contrarier. Je m'arrangerai pour qu'elle ne s'attarde pas après avoir fini. - Je ne comprends pas pourquoi tu l'as laissée chez toi, poursuit sa mère. Je n'arrive pas à croire que tu puisses lui faire confiance. Imagine que ton mari rentre à l'improviste ? Tu n'es pas là et elle est là pour le servir, l'écouter et même lui prêter une épaule pour le réconforter. - Je n'en reviens pas, s'écrie Mouna. Quand tu as une idée en tête, on dirait ma belle-mère. - N'oublie jamais ce que je t'ai dit ! Allons nous asseoir et boire le thé tant qu'il est chaud. Mouna ne s'attarde pas. Après avoir pris le thé, elle remercie sa maman pour les conseils et rejoint le chauffeur de son mari. Durant le trajet, elle ne cesse de penser à ce que lui a dit sa mère. Elle a réussi à la troubler. Elle fait entièrement confiance à Zohra. Elle ne voit aucun mal à avoir sympathisé avec elle. Le chauffeur la dépose devant chez elle. Elle le remercie et monte rapidement chez elle. Elle voudrait rentrer sans avoir à frapper mais elle a oublié de prendre ses clefs. Elle sonne et quand son mari ouvre, elle sent son cœur bondir dans sa poitrine. - Tu es rentré depuis quand ? lui demande-t-elle. - Depuis un quart d'heure, répond-il en la suivant au salon. Là, elle se fige en trouvant sur la table basse, un plateau où fume encore du café. Deux tasses sont encore à moitié pleines. Samir était en train de prendre son café avec Zohra. Elle pique une colère terrible s'en voulant d'avoir trouvé les propos de sa mère ridicules et déplacés. (À suivre) A. K.