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Une fausse guerre, un vrai terrorisme d'Etat vertical
Iran
Publié dans La Nouvelle République le 28 - 03 - 2026

Depuis trois semaines, on nous parle de guerre au Moyen-Orient, en particulier en Iran. C'est faux. Ce mot, répété à l'infini, sert à donner une apparence de légitimité à ce qui n'est, en réalité, qu'un déchaînement de violence étatique exercée à distance.
Une guerre suppose des peuples engagés, des sociétés mobilisées, un affrontement assumé, des buts politiques identifiables et un rapport de forces clairement établi. Rien de tel ici.Ce que nous voyons, ce sont des dirigeants qui frappent sans s'exposer, des appareils militaires qui détruisent sans rendre de comptes, des populations civiles – principalement iraniennes et libanaises – transformées en cibles, et des infrastructures réduites en cendres. Pas de front, pas de mobilisation, pas de responsabilité : seulement des missiles, des drones, des vies brisées et des territoires ravagés en Iran et au Liban. Au même titre qu'à Gaza, où les opérations d'extermination méthodique conduites par Tsahal contre les populations civiles palestiniennes ne peuvent être qualifiées de guerre, l'offensive menée par le bloc américano-israélien contre l'Iran ne peut davantage être caractérisée comme telle. En l'espèce, le mot « guerre » ne décrit pas la réalité. Il la falsifie. Il sert à blanchir une entreprise de terreur qui n'a rien d'un affrontement entre forces opposées et tout d'une violence militaire organisée contre les civils : frapper, terroriser, imposer par la destruction. Ce mot n'explique rien. Il ment. Il maquille une terreur armée unilatérale en guerre e transforme la brutalité en stratégie et la destruction systématique en méthode d'action militaire pleinement assumée.
Ce qui se déroule sous nos yeux au Moyen-Orient n'est pas une guerre. C'est une violence militaire génocidaire dirigée contre les civils. Une entreprise méthodique de dévastation et d'exécutions politiques à distance. Un terrorisme interétatique à visage découvert.
Une « guerre » sans peuples mais peuplée de missiles
Dans cet énième conflit déclenché par le tandem américano-israélien, il n'y a ni mobilisation générale, ni affrontement terrestre massif, ni engagement des populations. À la place, une confrontation à distance : frappes aériennes, missiles, drones, destruction d'infrastructures, populations civiles pulvérisées par les frappes et les bombardements. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une guerre entre peuples, mais d'un affrontement entre appareils d'Etat – ou, plus exactement, entre chefs de gangs de tueurs de masse : le tandem américano-israélien génocidaire et le régime massacreur iranien.
Dans les guerres capitalistes classiques, les Etats mobilisent leurs sociétés : conscription, économie de guerre, propagande, enrôlement. Ici, rien de tel. Ni aux Etats-Unis, ni en Israël, ni en Iran : pas de mobilisation générale, pas de peuples en armes, pas de ferveur patriotique, aucun basculement dans une économie de guerre. Seulement des appareils militaires qui frappent à distance tandis que les populations iraniennes – et libanaises – restent à l'écart et subissent directement les destructions, les bombardements et leurs conséquences traumatiques.
Ainsi, ce qui domine, c'est une opération aérienne meurtrière, pilotée à distance par des appareils militaro-industriels spécialisés, depuis des quartiers généraux situés à des milliers de kilomètres des zones bombardées.
Aussi, ce qui est abusivement nommé « guerre » n'est en réalité qu'une opération technique, presque administrative : organiser la destruction à distance, s'exonérer de toute responsabilité et en faire payer le prix aux populations civiles, en Iran comme au Liban, en première ligne.
Des Etats qui bombardent, des populations pulvérisées
Dans ce « conflit à distance », ce ne sont pas les peuples qui font la guerre. Ce sont les Etats qui frappent. Les centres de pouvoir sont protégés. Les dirigeants sont à l'abri, du moins du côté américain et israélien. En revanche, certains responsables iraniens ont été visés et éliminés par l'armée israélienne. Non pas au terme d'un affrontement « loyal et héroïque », mais assassinés à distance, par missiles. C'est là toute la singularité de ce « conflit aérien terroriste » : une violence exercée sans exposition, où l'explosion des corps à coups de missiles remplace l'affrontement direct, et où l'élimination ciblée, exécutée à distance, devient une méthode assumée par les sanguinaires dirigeants israéliens et légitimée par des élites occidentales complices.
Cette prétendue « guerre » à distance ne réduit pas la violence : elle la déplace. Elle la concentre sur ceux qui n'ont aucun pouvoir : les populations civiles. En témoignent les faits : ce sont elles – en particulier en Iran et au Liban – qui supportent le coût humain, matériel et social de cette « confrontation aérienne terroriste ». Infrastructures détruites, territoires désorganisés, vies brisées : la prétendue « guerre ciblée » dévaste en réalité les sociétés iranienne et libanaise. Ainsi, d'un côté, le bloc américano-israélien déploie une puissance militaire fondée sur la supériorité technologique et la projection à distance. Il frappe sans s'exposer, dans un rapport de force profondément asymétrique. De l'autre, le régime iranien instrumentalise la confrontation extérieure pour renforcer son emprise interne. La menace étrangère devient un levier de légitimation, un outil de verrouillage politique.
Ces deux logiques ne s'opposent pas : elles se nourrissent. La violence militaire extérieure consolide la domination intérieure, et la domination intérieure alimente la fuite en avant militaire.
Cette double dynamique structure la politique du régime fasciste israélien depuis près de trois ans : une violence militaire permanente, exportée dans plusieurs pays pour contenir une société menacée d'implosion. Cette cohésion forcée alimente en retour une fuite en avant dans une escalade meurtrière sans fin. L'ironie de cette dynamique est qu'en cherchant à contenir l'implosion, les dirigeants génocidaires israéliens en précipitent l'avènement.
Extension régionale : infrastructures vitales foudroyées par un déluge de bombes
Cette dynamique meurtrière ne se limite pas à la scène intérieure : elle se prolonge et s'amplifie à l'échelle régionale. La nature terroriste de cet affrontement apparaît encore plus clairement dès lors que l'on observe son extension. Du côté iranien, la confrontation ne se limite pas à une riposte contre Israël : elle s'inscrit dans une logique d'expansion de la terreur à l'échelle régionale, exposant les pays voisins et leurs populations à une déstabilisation continue, voire à une menace existentielle liée à la destruction annoncée des usines de dessalement par le régime des mollahs. Une telle destruction aurait l'effet d'une bombe atomique dans une région où l'eau est plus précieuse que le pétrole.
Du côté israélien, les opérations terroristes au Liban illustrent cette même dynamique sanguinaire : frappes répétées, destructions d'infrastructures, plus d'un millier de civils tués. Dans les deux cas, la violence terroriste étatique ne reste pas contenue. Elle déborde. Elle s'étend. Elle contamine l'ensemble de la région.
Dans les faits, les frappes américano-israéliennes ne visent pas des objectifs militaires. En Iran, elles touchent systématiquement les infrastructures civiles : usines, écoles, zones résidentielles, raffineries, marchés, hôpitaux. Ce ne sont pas des effets collatéraux, mais les éléments constitutifs d'une stratégie de désorganisation globale des forces productives et des rapports sociaux, jusqu'à leur désagrégation.
À cet égard, on peut s'interroger sur le fait que le tandem américano-israélien, capable de cibler dirigeants et infrastructures avec une précision chirurgicale, ne parvienne jamais à neutraliser les capacités de lancement de missiles et de drones iraniens, laissant ainsi se maintenir une force de frappe qui alimente une dynamique de ripostes meurtrières en chaîne. Tout se passe comme si l'objectif de Washington n'était pas la décapitation de la force armée iranienne – qu'il préserve, car indispensable au régime qu'il entend imposer pour maintenir l'ordre social – mais la destruction des forces productives, autrement dit la neutralisation du prolétariat iranien, réputé pour sa combativité et son légendaire anti-impérialisme contre les Etats-Unis. Et les destructions massives d'infrastructures participent de cette logique : elles visent à briser le moral des prolétaires iraniens et à étouffer toute velléité de rébellion, dans un Iran « libéré » réduit à un champ de ruines.
La guerre verticale : frapper sans s'exposer
Cette logique se lit aussi dans le calendrier des frappes. Le recul de l'intervention militaire contre l'Iran, annoncé par Trump au moment même du soulèvement populaire, peut également s'interpréter à la lumière de cette logique. Alors que Washington se disait prêt à frapper dès le début du mois de janvier, l'attaque a été différée, laissant au régime iranien toute latitude pour écraser les prolétaires insurgés. Cette temporisation visait à laisser les Mollahs neutraliser eux-mêmes la menace sociale intérieure, avant l'installation d'un régime fantoche chargé d'administrer un ordre social déjà écrasé dans le sang.
Ce qui se joue ici dépasse largement ce cas particulier : c'est une logique générale des conflits contemporains. La destruction des forces productives et l'écrasement des sociétés ne sont pas des effets secondaires : ils redéfinissent les formes mêmes de l'affrontement. Cette dynamique révèle une transformation profonde : la disparition progressive de toute distinction entre zones de guerre et zones civiles. Le « front » devient un espace indéfini, extensible : à Téhéran, à Beyrouth, ce sont désormais les zones urbaines elles-mêmes qui deviennent des cibles.
Le tandem américano-israélien frappe les villes elles-mêmes, faisant des populations civiles des cibles directes. Washington comme Tel-Aviv invoquent la riposte ou la prévention. Mais ces justifications ne font que masquer l'essentiel : frapper les plus vulnérables, là où le carnage produit le plus de désagrégation sociale et de démoralisation politique, afin d'étouffer toute velléité de rébellion sociale interne et toute résistance contre Israël.
C'est en ce sens que ce « conflit à distance » relève du terrorisme d'Etat : une violence armée exercée par les Etats-Unis et Israël, qui vise moins à affronter un adversaire militaire qu'à produire sidération, désorganisation et peur à l'échelle de populations civiles entières, afin d'écraser toute résistance armée contre Israël.
Frapper pour sidérer. Détruire pour imposer. Terroriser pour gouverner. Telle est la stratégie criminelle des puissances impérialistes américano-israéliennes. Dans cette logique, les civils ne sont pas des victimes accidentelles. Ils sont les cibles de ce dispositif de terrorisme d'Etat.
Cette logique ne se limite pas à la destruction matérielle. Elle s'accompagne d'une transformation des représentations : la violence armée n'est plus seulement exercée, elle est revendiquée, exhibée, assumée par ceux-là mêmes qui la dirigent. Trump comme Netanyahou ne se contentent plus de frapper à distance ; ils mettent en scène leur puissance destructrice et la présentent comme une preuve de supériorité et de légitimité. La banalisation des crimes de masse s'accompagne d'une brutalisation des esprits : aux Etats-Unis comme en Israël, l'effusion de sang cesse d'être un scandale pour devenir un instrument ordinaire, voire un motif de fierté gouvernementale.
Cette brutalisation accompagne et légitime la confiscation de toute souveraineté populaire. Ce qui caractérise ce « conflit aérien », c'est l'absence totale de souveraineté des peuples sur la « guerre » menée en leur nom. Aux Etats-Unis, en Israël comme en Iran, les décisions sont prises en haut lieu, exécutées par des structures spécialisées, et subies par des populations réduites à l'impuissance. Ce ne sont pas des armées qui s'affrontent : ce sont des pouvoirs terroristes – américain, israélien et iranien – qui frappent des civils et détruisent les infrastructures.
Une dévastation déferlant des airs, un terrorisme d'Etat sans frontières... morales
Dès lors, la qualification s'impose : lorsqu'un Etat organise et exerce une violence militaire contre des populations civiles et leurs infrastructures vitales, il ne s'agit pas de guerre, mais de terrorisme d'Etat, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Au-delà du conflit en cours, les opérations menées par le tandem américano-israélien révèlent une transformation plus profonde : celle de la nature même des conflits armés contemporains et de l'Etat. Ce qui les caractérise n'est pas seulement leur intensité, mais leur structure : une violence génocidaire exercée depuis les airs, par missiles, drones et bombardements, sans exposition directe des forces qui frappent. Désormais, il n'y a plus d'affrontement entre forces exposées : missiles et drones frappent des villes entières, et ce sont les habitants qui en paient le prix de leur vie.
Il s'agit, en ce sens, d'un terrorisme d'Etat « stratosphérique », non comme image, mais comme réalité matérielle : une violence militaire exercée depuis les airs, où ceux qui décident ne s'exposent jamais et où ceux qui subissent ne peuvent répondre. Ceux qui frappent sont au-dessus, ceux qui meurent en dessous.
À cette verticalisation de la violence militaire répond une transformation de l'Etat lui-même. L'Etat capitaliste dispose, selon l'expression bourgeoise consacrée, du monopole de la violence légitime territorialisée qu'il exerce contre les citoyens ; il y ajoute désormais une violence militaire terroriste extraterritorialisée exercée contre des populations civiles étrangères.
Encore une fois, de Gaza à l'Iran en passant par le Liban et la Syrie, les opérations militaires menées par le tandem américano-israélien révèlent une réalité bien différente de ce que prétend désigner le mot « guerre ».
Le mot « guerre » est une imposture. Il masque une réalité plus simple, plus cruelle : les Etats-Unis et Israël bombardent des villes, détruisent des infrastructures et assassinent des civils en Iran et au Liban. Ces deux Etats voyous ne mènent pas une guerre : ils pratiquent un terrorisme d'Etat extraterritorialisé contre des populations civiles et des infrastructures vitales.


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