Appel au prochain sommet africain à annuler la décision d'adhésion de l'entité sioniste à l'UA    Ronaldo mécontent contre un site qui a sous estimé sa valeur marchande    CAN 2021 : Les Comores consternés par les sanctions de la CAF    Deux militaires tombent au champ d'honneur sur la bande frontalière Hassi Tiririne à In Guezzam    Coronavirus: 1870 nouveaux cas,1055 guérisons et 6 décès    Championnat d'Algérie de jeux d'échecs: Benamar Sihem et Alaeddine Boularnes sacrés    L'Equipe, un quotidien sportif sous influence de la perfidie marocaine    Recueillement à la mémoire de Benhamouda à l'occasion du 25e anniversaire de son assassinat    Sommet ouest-africain pour évoquer la crise au Burkina Faso    Coupe du monde des clubs : un trio d'arbitre algériens retenu pour le rendez-vous des Emirats arabes unis    Drogue: plus de 6.700 toxicomanes pris en charge durant le 1er semestre 2021    Secousse tellurique de magnitude 3,7 à Médéa    Ces deux pistes qui font réfléchir Mehdi Zerkane    Cour d'Alger : Ali Ghediri condamné à 4 ans de prison ferme    Education: la suspension des cours prolongée jusqu'au 5 février prochain    Chaalal met en avant la volonté politique de renforcer les relations culturelles entre les peuples algérien et égyptien    Entreprise portuaire de Skikda: hausse de 5% du volume des activités en 2021    Maroc: le déficit budgétaire dépasse 7,6 milliards de dollars en 2021    Quid des nouveaux statuts de la FAF ?    Une politique difficile à mettre en œuvre    Les médicaments prescrits dans le protocole thérapeutique disponibles    Quel avenir pour la force Takuba au Mali ?    Les personnels de l'éducation boudent le vaccin    Quand les plans de l'AEP font défaut    Un casse-tête chinois    JSK - Royal Leopards de nouveau annulé    L'Algérie envoie une troisième cargaison d'aides humanitaires au Mali    Le refus de remplacement des candidats rejetés suscite l'ire des partis    Le procès du groupe Benamor à nouveau reporté    Des enjeux plus grands qu'un sommet    La 1ère édition à Constantine en mai prochain    50 pièces de monnaie rares saisies à el Ogla    Dans la vie, rien n'est acquis une fois pour toutes    Loi de finances 2022 revue et corrigée : après les avocats, à qui le tour ?    Jungle/Pub sur Internet ?    Tlemcen: Des habitants attendent toujours leur livret foncier    Les Français accepteraient-ils d'être gouvernés par un président raciste ?    Albert Cossery : l'écrivain égyptien de l'indolente paresse et de la douce allégresse (1/3)    Les APC sans majorité absolue débloquées    9 Tonnes de sucre stockées illicitement    «Le pays est toujours ciblé»    L'Algérie redessine les contours de la région    Le Tchad et la Libye veulent raffermir leurs relations bilatérales    Les preuves du complot    Le temps de l'efficacité    Fermeture des espaces culturels    L'illusion d'un eldorado européen    Rachid Taha au coeur de l'actualité    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



"Le Hirak continue à faire son effet sur la conscience collective"
Mohamed Hennad, politologue
Publié dans Liberté le 02 - 12 - 2021

"Pour comprendre pourquoi les citoyens continuent à bouder les urnes, il faut, plutôt, essayer de comprendre les raisons de cette abstention, notamment le niveau de confiance qu'ils peuvent avoir dans les autorités du pays", explique le politologue.
Liberté : Quelle lecture faites-vous des résultats des élections locales ?
Mohamed Hennad : Le rideau est, donc, tombé sur le dernier acte d'une tragicomédie que le pouvoir a imposée, sans scrupules et sans respect pour les citoyens, au pays depuis 2019. Mais, maintenant que la boucle est bouclée, que leur resterait-il à faire pour pouvoir continuer à détourner l'attention des citoyens sur leur mal-gouvernance et sur le refus dont ils font l'objet de la part d'une partie considérable de la population ?
Quant à ma lecture des résultats des dernières élections locales, elle reste la même que pour les rendez-vous électoraux précédents. Force est de constater que tous le processus électoral mené à la hussarde par le pouvoir depuis 2019 montre bien que ce dernier ne cherche toujours pas à résoudre les problèmes du pays mais ses propres problèmes en tant que pouvoir de fait.
Cela dit, il faut aussi signaler le fait que certains candidats à ces élections donnaient l'impression de vouloir profiter d'une aubaine qui se présentait à eux sur le plan personnel, comme l'indiquent leurs déclarations et promesses à l'emporte-pièce. Ajouter à cela les nombreux cas de désordre signalés avant et après les élections ainsi que la manière, sauvage, dont l'affichage a été fait au profit de gens auxquels les destinées locales seront bientôt confiées !
Comment expliquez-vous le fort taux d'abstention malgré la nature importante des élections locales ?
Les résultats officiels des dernières élections montrent bien que l'abstention reste la règle pour la quatrième fois de suite. Alors que tout le monde s'attendait à un taux de participation plus important vu le caractère justement local de ces élections, celui-ci n'a pu dépasser le tiers du corps électoral ! Bien évidemment, sans rentrer dans les détails, notamment la véracité des résultats officiels et la question des bulletins nuls et la distribution des voix pour les différentes APC et APW du pays.
Force est d'admettre que le faible taux de participation enregistré aux dernières élections et l'émiettement politique au niveau local mettent en évidence l'échec du "système" et la réussite du Hirak, lequel continue à faire son effet sur la conscience collective de la société, même sans les marches que les tenants du pouvoir actuels — contrairement à la "îssaba" au temps du président déchu — continuent arbitrairement d'interdire.
Peut-on parler aujourd'hui d'un comportement défaitiste des Algériens envers l'acte de vote ?
Ce serait plus qu'une erreur, une injustice d'imputer la faiblesse du taux de participation à un prétendu défaitisme des Algériens même si le pouvoir les y encourage d'une manière subliminale.
Aussi, pour comprendre pourquoi les citoyens continuent à bouder les urnes, il ne faut pas se contenter de leur imputer la responsabilité. Il faut, plutôt, essayer de comprendre les raisons de cette abstention, notamment le niveau de confiance qu'ils peuvent avoir dans les autorités du pays en termes de légitimité morale et de capacité à produire des résultats concrets au lieu de continuer à vanter un passé mythifié ! Et puis, quand vous avez le président de la République lui-même qui vous dit que le taux de participation n'est pas important, le citoyen se dit pourquoi alors aller voter puisque les dés sont pipés ! il faut rappeler tout de même que la Constitution, clef de voûte du système politique, n'a obtenu environ que 20% des voix !
C'est ainsi que l'accusation de trahison que le pouvoir clame à l'endroit de ceux qui refusent de participer à son projet unilatéral, s'est retournée contre lui dans la mesure où ce sont les citoyens, par leur abstention massive à quatre rendez-vous électoraux de suite, qui considèrent que la participation à ces élections est une forme de trahison !
La plupart des APC sont aujourd'hui sans majorité tandis qu'aucun parti n'a obtenu la majorité dans les APW. Sommes-nous aujourd'hui devant une "ingouvernabilité" des Assemblées ?
À vrai dire, il ne s'agit pas d'une "ingouvernabilité" mais plutôt d'un émiettement des forces politiques du pays. Cet émiettement est de nature à arranger le "système" qui se voit, ainsi, tel un patriarche à la tête d'une chefferie où tout le monde lui obéit volontiers. Et si on devait parler d'"ingouvernabilité", elle serait à l'image du pays où l'autorité de l'Etat se résume pratiquement aux interdits et aux tracas administratifs et aux barrages partout !
Suite aux dernières élections, les institutions locales se trouveront, donc, dans une situation inextricable et, du coup, fort fragilisées par rapport à l'administration du fait de l'absence d'une force politique d'appui (parti) suffisamment représentée à l'échelle locale à travers le pays pour avoir un "bargaining power" qui soit sérieux.
Les partis du FLN et du RND sont arrivés en tête de ces élections. Comment expliquez-vous cette domination malgré le rejet populaire de ces deux formations associées à l'ancien régime ?
La résurgence de ces deux partis obscurcit davantage l'horizon algérien ! Car au moment où les gens s'attendaient à la disparition de la soi-disant "alliance présidentielle" à la faveur du Hirak, la voilà reprendre du poil de la bête, avec le FLN et ses deux acolytes que sont le RND et le Front El-Mustakbel. C'est cette capacité à resurgir dont jouit ladite alliance qui explique pourquoi les manifestants du Hirak tenaient à être suffisamment clairs : "Yatnahaw ga3", même si c'est par allusion à la profondeur du changement politique escompté !

Propos recueillis par : Karim Benamar


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.