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Pèlerinage aux Zaouïas de Kabylie
Sur les traces de “Lawliya salihine”
Publié dans Liberté le 13 - 02 - 2003

Qu'a fait le XXIe siècle de nos zaouïas, ces citadelles inexpugnables de l'islam de nos ancêtres ? Pour répondre à cette question, Liberté se propose de sillonner le pays de ziara en ziara, pour revisiter ces hauts lieux de l'“islam du terroir”, de l'islam populaire, un islam ouvert, tolérant, généreux et, par-dessus tout, fondamentalement algérien.
Ce long périple “mystique”, nous l'entamerons à partir de la Kabylie. Le choix n'est, à l'évidence, pas fortuit. Vous connaissez tous la Kabylie iconoclaste, coléreuse, fougueuse et révoltée. Dans ce reportage, on découvrira une Kabylie très jalouse de sa “culte-ure”, très solidaire de ses marabouts, qui a su apporter à ces établissements occultes la fraîcheur de son esprit porté sur la fronde et une brise de liberté.
Là où se porte notre regard dans cette Kabylie enneigée, nous voyons des minarets. Des minarets surplombant les plaines, des tombeaux de marabout trônant sur les collines et des guirlandes de villages lovés sur leurs saints-patrons. C'est la sainte Kabylie ; la Kabylie cultuelle, mystique ou superstitieuse, c'est selon.
Nous sommes à Cheurfa, un village situé à quelques encablures d'Azazga, à un peu plus de trente kilomètres de Tizi Ouzou. Ici, le saint-patron s'appelle Sidi-Bahloul. Ahmed El-Ghobrini Sidi-Bahloul Ben-Assem. D'où le nom de Chorfa n'Bahloul, attribué à cette bourgade.
La wilaya de Tizi Ouzou compte 18 zaouïas (alors qu'elle en comptait 36 autrefois). La zaouïa de Chorfa n'Bahloul en est la plus grande et, probablement, l'une des plus importantes de tout le pays. Elle prodigue un enseignement pour 60 tolba — pluriel de taleb (étudiant) ou celui qui étudie le saint Coran.
A l'image de toutes les zaouïas que nous avons visitées, celle de Chorfa fait corps avec le village. D'un aspect imposant, elle s'ouvre par un petit chemin frayé entre deux murs peints en jaune, faisant office de couloir et qui débouchent sur un très beau belvédère. En fait, il s'agit d'une esplanade qui domine toute la plaine et qui est attenante à une mosquée flanquée d'habitations peintes en blanc, d'allure pittoresque. On dirait une casbah. C'est là que logent les tolba. Dans l'à-pic de la mosquée, on peut voir un bocage au milieu duquel trône la qoubba de Sidi-Bahloul.
Outre le magnifique paysage de cette Kabylie, en vert et blanc, emmitouflée dans son burnous de neige, nous sommes d'emblée impressionnés par un tableau des plus saisissants : des jeunes d'à peine 16, 17 ou 18 ans sillonnant l'esplanade en long et en large et récitant de mémoire des versets coraniques. On appelle cela le tikrar, la répétition, une technique idoine pour qui veut apprendre le Coran.
Le visiteur est surpris par la promptitude avec laquelle il est “pris en charge” par les gardiens des lieux. Alors que se mêlaient en nous des sentiments de gêne et de culpabilité “millénaire”, voilà que les marques de bienvenue font voler tous nos scrupules en éclats. Nous voici dans la chambre des hôtes, et des tolba plus généreux que personne se sont déjà engouffrés dans leur cuisine pour nous préparer du café. Et pour ne pas déroger à la tradition, l'huile d'olive est à l'honneur, ainsi que les dattes et, fruits incontournables dans la région, les fameux “inighman”, “thazarth” ou figues sèches. Trempés dans l'huile d'olive, ils ont la saveur du bonheur.
Nous avons eu le plaisir de rencontrer le cheikh qui a pris en main la zaouïa depuis sa réouverture en 1963, el-hadj Mohamed Ou Belkacem. Né en 1930, il a fait des études de théologie en Tunisie, avant de revenir enseigner au village. Il a dirigé la zaouïa jusqu'en 1995, année de son départ à la retraite. Aujourd'hui, il s'occupe des visiteurs. Il les reçoit, les conseille et leur prodigue “dâawi el khir”.
Le vénérable cheikh, tout de blanc vêtu, avec sa gandoura et son burnous, est un personnage rayonnant. Quelle ne fut notre surprise de voir que notre interlocuteur, loin d'être cet imam austère qu'il nous inspirait de prime abord, est un homme affable et plein d'humour. Notre collègue, Louiza, sera même charmée de se voir acceptée et comme femme et comme photographe, avec une autorisation expresse de faire son travail sans restriction aucune.
Cheikh Ou Belkacem nous a raconté par le menu comment il a veillé à la reconstruction de la zaouïa pierre par pierre. “La France l'a bombardée en 1956 parce que la zaouïa hébergeait les moudjahidine et que beaucoup de tolba avaient pris le maquis”, dit-il. De fait, on peut remarquer un mémorial aux martyrs à l'entrée même de la zaouïa.
Pas de problème avec l'aârouch
Le succession de cheikh Ou Belkacem à la tête de la zaouïa est assurée par son neveu, cheikh Mustapha. Tout de blanc vêtu lui-aussi, rasé de près, avec un bouc soigneusement taillé, cheikh Mustapha n'a que 39 ans. Nous ne manquons pas de l'interroger sur le rôle sociopolitique de l'établissement qu'il dirige et sa place dans la vie de la tribu. Allusion bien sûr aux sanglants événements qui secouent la région depuis bientôt deux ans, surtout qu'Azazga, la ville d'à côté, a été le théâtre d'affrontements particulièrement féroces comme en témoigne l'état dans lequel se trouve la bâtisse de la brigade locale de la gendarmerie.
“Nous ne nous sommes pas coupés des affaires du village. Nous vivons au cœur du village”, dit cheikh Mustapha en guise de déclaration de principe. Et de souligner : “A la base, la zaouïa est un espace apolitique. C'est un lieu de paix et de recueillement. Ceci dit, j'ai souvent eu affaire aux émeutiers, je n'hésitais pas à aller vers eux, à discuter avec eux, à les raisonner. Une fois, au plus fort des émeutes, un jeune de 20 ans est mort et c'est ici même qu'on a prié sur sa dépouille. Je suis allé plusieurs fois rendre visite aux blessés à l'hôpital, et je n'hésitais pas à exhorter nos jeunes à la sagesse. Ils n'ont à aucun moment exigé de nous de suspendre notre enseignement ou tenté de mêler les tolba à leur mouvement. Nous avons toujours vécu en bonne intelligence avec notre environnement."
Cheikh Mustapha ajoute que la zaouïa a toujours été un espace de réconciliation dès que le moindre conflit éclatait entre les familles. “Quand il y a des litiges entre les gens pour des affaires d'héritage ou de voisinage, ils sont réglés ici même et pas dans les tribunaux.”
Comme tous les chouyoukh que nous avons rencontrés, il prêche un islam fraternisant :
“l'islam est une religion d'ouverture, de fraternité et de tolérance, et notre zaouïa est ouverte à tout le monde, même à ceux qui ne font pas la prière. La plupart de ces jeunes qui n'observent pas le culte ont le cœur pur (fitra salima). L'islam est une religion souple (dinou youssr).”
L'imam raconte comment les gens viennent le voir pour n'importe quelle affaire relevant de leur quotidien et sollicitent le ouali pour le “fel” ou la baraka. “Un jeune qui s'apprête à partir en France est venu me demander ed'oûli bel khir (prière du salut du voyageur)”, témoigne-t-il. Les jours de fêtes religieuses, la zaouïa est au centre d'une véritable kermesse où l'on voit les vieilles, les vieux, les jeunes, les moins jeunes se retrouver tous dans “lamqam” pour faire la fête, sacrifiant des dizaines de têtes de moutons et autres bœufs en offrande au marabout. Cela donne parfois lieu à des pratiques qui ne sont pas toujours approuvées par le rite orthodoxe, mais la zaouïa ferme les yeux, préférant laisser le temps faire son œuvre. “Dans le principe, nous sommes contre les tourouquia (sectes) et les bidaâ (hérésie). On ne croit pas aux tikherbichine. Pour nous, le ouali lui-même a besoin de nos prières. Mais nous respectons les coutumes anciennes et les combattons par la bonne parole, avec pédagogie. Chacun est libre de suivre sa voie. Il n'y a pas de contrainte en religion”, professe cheikh Mustapha avec conviction.
Pour revenir au fonctionnement de la zaouïa, il faut noter qu'elle est gérée par un comité qui comprend des représentants des villages qui relèvent de ce qu'on appelle adhroum, autrement dit les grandes familles, à l'instar des Ath Ghobri. Ainsi, c'est souvent sur proposition du village que le cheikh de la zaouïa est désigné, avant d'être officiellement nommé par la nidhara, la direction des affaires religieuses de la wilaya.
Le cheikh fait en même temps office d'imam de la mosquée. Dans la medersa, il est assisté de deux enseignants coraniques et d'autres maîtres appelés à prodiguer aux élèves des leçons de grammaire arabe, de fiqh, de hadith ou encore d'explication du Coran (tafssir). C'est le cas de cheikh Ouali, un septuagénaire d'une grande culture avec lequel, d'ailleurs, nous avons eu un débat passionné sur la mondialisation.
“Avant, la zaouïa accueillait jusqu'à 150, voire 200 tolba. Ils venaient des quatre coins du pays. Aujourd'hui, pour des raisons de commodités, nous n'en recevons que soixante”, nous explique cheikh Ou Belkacem. Il regrette le temps où les tolba étudiaient tout, même les langues étrangères, les mathématiques, la physique, l'histoire-géo et les sciences naturelles. “Dans les années 1970, les zaouïas étaient habilitées à délivrer des attestations scolaires jusqu'à la 4e année moyenne, au même titre que les CEM. Les tolba cumulaient ainsi les sciences coraniques et l'instruction universelle. Ils ne se couchaient pas avant 2h du matin, et ne dormaient que deux heures de temps. A la fin, on avait des taux de 95% de réussite. Hélas, en 1981, l'enseignement profane a été supprimé et c'est bien dommage !”, affirme cheikh Mohamed Ou Belkacem.
Néanmoins, cela n'empêche pas les tolba ayant un niveau de 3eAS d'étudier le soir pour préparer leur bac en candidats libres. D'aucuns parmi eux suivent, en effet, des cours par correspondance.
L'enseignement dans une zaouïa concerne généralement la tranche des 18-25 ans, avec, toutefois, quelques exceptions. A Chorfa, il y a un garçon de 14 ans, nous dit-on. Le cursus consiste à apprendre les 60 hizbs du saint Coran. Après avoir appris tout le Livre sacré, l'étudiant est récompensé par un diplôme qui lui permet soit d'enseigner à son tour le Coran, soit de devenir muezzin, soit de passer le concours des instituts islamiques et suivre une formation d'imam.
Ziara à Sidi Ou Driss
Village Aït Ali ou M'hand. Nous sommes dans la région d'Illoula (qui abrite un important institut supérieur de formation des imams), à une soixantaine de kilomètres de Tizi-Ouzou. Un autre ouali nous souhaite la bienvenue, le patron de la zaouïa de Sidi Ahmed al-Idrissi, appelée communément Sidi Ou-Driss. Une stèle décline l'historique du marabout à l'attention du visiteur. Il s'appelle Ahmed Ibn Idriss al-Yellouli al-Bedjaoui, mort en 1359. Il a étudié à Béjaïa, au temps des Hammadites. Il a eu comme disciple le grand Ibn Khaldoun (1332-1406), de même que le ouali d'Oran, Sidi Mohamed Ben Amar El-Houari. Il est précisé aussi que Sidi Ahmed Ben Idrissi était parmi les précurseurs du tassawouf au Maghreb.
Le cheikh de la zaouïa allait sortir faire un tour au village quand nous l'avons happé. Il était habillé en “civil”. Nous serons surpris par son âge : 28 ans. Il est originaire de Chlef. Son nom : cheikh Mohamed. Il officie ici depuis mars 2000. Sa zaouïa compte 22 tolba.
“J'ai vu d'autres zaouïas, notamment à l'ouest, mais celles de Kabylie sont les mieux entretenues. Les Kabyles sont très solidaires de leurs zaouïas”, reconnaît-il. De fait, l'homme semble très impressionné par l'attachement manifeste de la population à l'établissement qu'il dirige. “Ici, les mouhssinine (les bienfaiteurs) sont très nombreux et très généreux”, ajoute-t-il. D'ailleurs, cela se voit à l'aspect de la zaouïa, dont les murs croulants ont cédé le pas à des pavillons d'allure élégante.
Là encore, nos hôtes se répandront en d'infinies marques de bienveillance à notre égard. On nous gavera de toutes sortes de victuailles : couscous, huile d'olive, figues sèches et gâteaux. En fait, c'est la règle quelle que soit la qualité du visiteur. La générosité est toujours de rigueur. Le président de l'association religieuse de la zaouïa aura même la bonté de nous faire présent d'un mousshaf.
Cheikh Ben Mira a 27 ans. Il est enseignant coranique. Il est originaire de Khemis Miliana. Comme cheikh Mohamed, il se dit séduit par la solidité des rapports entre la population et “sa” zaouïa. Interrogé sur la qualité de la vie dans “un coin aussi perdu”, il dira : “Au contraire, la montagne est l'endroit le plus indiqué pour installer ce genre d'établissements. Si les jeunes tolba vivaient en ville, ils seraient troublés par les tentations de la vie urbaine.”
La qoubba de Sidi Ou Driss fait face à une bâtisse à deux étages. “Ici, nous avons prévu des chambres pour recevoir les familles qui viennent de loin. Elles peuvent même y passer la nuit”, explique le cheikh, en nous faisant faire le tour du propriétaire.
Le mausolée du patron du village fait corps avec la mosquée. Les appartements des tolba sont également circonscris par la cour de la mosquée. La tombe du ouali est recouverte d'écharpes vertes, couleur emblématique de l'islam. Les murs du marabout sont tous tapissés de faïence, avec des mosaïques arabes. Des nattes sont étendues sur le sol pour le repos des visiteurs. Ceux-ci peuvent circuler à l'intérieur à leur guise et prier à leur façon, en toute liberté.
Dans un coin du mausolée, on peut apercevoir un coffre-fort avec une petite fente en manière de tire-lire pour glisser l'argent des ziaras.
Ce coffre ne s'ouvre qu'en présence de témoins, explique le président de l'association religieuse qui gère la zaouïa. “Régulièrement, nous procédons à l'ouverture du coffre, et nous le faisons devant au moins trois témoins. Nous faisons ainsi le décompte de l'argent, puis, nous consignons cela par un PV. Ensuite, nous virons cet argent au compte de l'association, domicilié à la BDL. La gestion financière de la zaouïa se fait ainsi dans la transparence la plus totale”, souligne notre interlocuteur.
Le président de l'association déplore le blocage de 126 millions de centimes hérités de la gestion d'un ancien cheikh de la zaouïa décédé sans indiquer préalablement dans quelle banque ces deniers avaient-ils été gardés.
A l'époque, les affaires de la zaouïa n'étaient manifestement pas gérées avec la même rigueur qu'aujourd'hui. Les marabouts sont de véritables machines à sous, il faut le dire, et les dirigeants des zaouïas n'ont pas toujours fait montre de transparence, en matière de finances.
Cela a été longtemps le cas d'une très illustre zaouïa de Kabylie : celle de Sidi-Mansour, dans le village de Timizart.
M. B.


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