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Pas de solution miracle avant 2017 !
Publié dans La Nouvelle République le 28 - 08 - 2012

La compagnie nationale d'électricité, Sonelgaz, a vécu un mois de Ramadhan le plus difficile depuis sa création. De fréquentes coupures d'électricité, coïncidant avec une vague de chaleur qui a duré dans le temps, ont touché plusieurs régions du pays dont la capitale.
Agacés par ces coupures, qui parfois ont dépassé les 24 heures, nombreux ont été les citoyens qui ont manifesté leur colère dans la rue. A plusieurs reprises la Sonelgaz avait tenté de rassurer ses clients en expliquant que l'humidité, la pollution et les incendies de forêt auraient endommagés les câbles de hautes tensions. Des clarifications peu convaincantes à partir du moment où la compagnie nationale avait reconnu des pics record d'appel de puissance. Le dernier cri rendu public parpar la Sonelgaz remonte au 4 août 2012. Ce jour-là un nouveau record de consommation de l'énergie électrique a été battu avec un appel de puissance de l'ordre de 10 057 MW ce qui a représenté une forte croissance dépassant les 14% par rapport au record enregistré en 2011. Selon les spécialistes du domaine, aucun pays au monde, qu'il soit développé ou non, n'ait connu un tel niveau d'augmentation de la consommation de l'énergie électrique en l'espace d'une seule année et aucun pays, aussi industrialisé soit-il, ne pourrait faire face à une croissance annuelle à deux chiffres de la consommation de l'énergie électrique. Ce niveau record d'appel de puissance rend inévitable le délestage. Le premier responsable de la Sonelgaz, reconnaîtra en déclarant : «Le recours au délestage d'électricité dans les régions sud-est du pays sera maintenu jusqu'à la fin de l'été afin de préserver l'équilibre entre l'offre et la demande». Pour M. Bouterfa, PDG de la Sonelgaz, le problème des coupures n'est pas lié à la production mais la conséquence de l'insuffisance des lignes de distribution! Avant de souligner qu'aucune amélioration n'est attendue avant 2016 ou 2017. Le spectre du black-out de février 2003 Au mois de février de l'année 2003 un incident au niveau de la centrale électrique du Hamma à Alger entraîna un gigantesque black-out qui toucha presque toute la région nord du pays. C'était le plus grand black-out jamais connu par l'Algérie depuis son indépendance. Récemment un grand pays émergent, l'Inde, avait subi deux black-out en l'espace de 48 heures. Pas moins de six cents millions de personnes ont été privées d'électricité durant toute une journée. En réaction le gouvernement fédéral indien rappella à l'ordre les Etats. Ces derniers avaient dépassé le seuil toléré de la consommation d'électricité. Du coup la demande en cette énergie a été supérieure à l'offre d'où le black-out. Pour revenir à l'Algérie et pour éviter un black-out à l'exemple de celui de février 2003 le premier responsable de la Sonelgaz reconnaîtra que l'opérateur système a été contraint de mettre en œuvre un délestage volontaire, tournant et maîtrisé. A partir de 2003 les pouvoirs publics lanceront un gigantesque plan d'investissement visant la construction de plusieurs grandes centrales électriques à travers le pays. Une puissance supplémentaire de 6 000 MW sera installée. Aujourd'hui l'Algérie est fière d'avoir une puissance avoisinant les 11 000 MW. Pourtant et malgré les milliards de dollars dépensés, en cet été 2012, plusieurs villes et villages du pays subissent de fréquentes coupures d'électricité. Toutes les prévisions qui assuraient qu'après ce colossal effort le pays serait à l'abri d'une panne d'électricité ont été fausses. Les ingénieurs et les analystes tablaient dans leurs études sur une croissance moyenne annuelle de la consommation d'électricité de l'ordre de 6,5%. Cependant, elle dépasse actuellement les 14% avec un pic de 22% pour les seules régions de Biskra et d'El- Oued si l'on croit les responsables de la Sonelgaz. Plus grave encore l'appel de puissance enregistré en ce début du mois d'août a dépassé les 10 000 MW à un moment où la puissance totale installée était de 11 000 MW. L'écart entre la puissance appelée et celle installée n'est alors que de 1 000 MW. Ce faible écart a obligé l'opérateur système de la Sonelgaz d'effectuer des délestages maîtrisés. Pour les pouvoirs publics il est préférable de faire face aux mécontentements des habitants de certaines villes et quartiers qu'à une coupure générale d'électricité touchant l'ensemble du pays. L'argent ne suffit plus pour régler le problème ! Selon le premier responsable de la compagnie nationale de l'électricité et du gaz, l'utilisation massive des climatiseurs est responsable de la hausse à deux chiffres de la consommation annuelle d'électricité. Le 4 août 2012 et sur le pic d'appel de puissance de l'ordre de 10 000 MW, 1 000 MW ont été le fait des climatiseurs. Ces dernières années, rares sont les foyers qui ne sont pas équipés de climatiseurs. Depuis l'été de l'année 2010, les ventes de climatiseurs ont explosé. Producteurs et importateurs écoulent une moyenne de 500 000 unités annuellement. Plus grave encore et selon le premier responsable de la Sonelgaz «huit climatiseurs sur dix fonctionnent de manière frauduleuse. La fraude se fait en amont du compteur, lors de l'installation». Pour rassurer l'opinion publique, le ministre de l'Energie et des Mines annonce la mobilisation par l'Etat de 2 000 milliards de dinars, soit l'équivalent de 27 milliards de dollars, visant à installer une capacité supplémentaire de 12 000 MW d'ici à 2016. Une puissance qui dépasse les capacités installées actuellement. Ce gigantesque objectif est-il réalisable sur le terrain dans les quatre ou cinq prochaines années ? En Algérie, le processus de réalisation d'une centrale électrique est long et complexe. En premier lieu nous trouvons les difficultés liées à l'acquisition d'un terrain, particulièrement dans le nord du pays. Il y a aussi les études techniques et d'impact et l'octroi du marché à l'entreprise étrangère. Les compagnies internationales spécialisées dans la production des équipements des centrales électriques fonctionnant au gaz naturel sont peu nombreuse. En raison de ces contraintes, la réalisation d'une centrale électrique d'une puissance de 1 200 MW dure en moyenne cinq ans. L'Algérie pourra-t-elle construire dix centrales d'une capacité unitaire de 1 200 MW d'ici à 2016 ? A titre d'exemplaire, en février 2012 une filiale de la Sonelgaz annonce un nouveau report de la date d'ouverture des plis des offres techniques et financières pour la réalisation de trois centrales électriques en projet à Sétif, Boumerdès et Hassi Messaoud. L'ouverture des plis devait normalement avoir lieu le mois de septembre 2011. Ces trois centrales dotées d'une importante puissance de 2 800 MW connaissent déjà un retard d'une année. Cette affaire nous renseigne sur les lenteurs qui caractérisent le processus de réalisation de ce genre de projet. D'autres mesures doivent être prises Conscient de cette amère réalité le ministre de l'Energie et des Mines dira, concernant la réalisation de ce programme quinquennal, que les pouvoirs publics œuvreront pour résoudre les contraintes, notamment celles liées à la durée de réalisation en essayant de la ramener à trois ans au lieu de cinq années ainsi que la facilitation des procédures administratives liées à l'acquisition par Sonelgaz des équipements. Mais en attendant de quels moyens supplémentaires disposera la Sonelgaz pour faire face à la forte demande en 2013 ? Avant la fin de cette année, il est attendu la réception d'une puissance supplémentaire de l'ordre de 1 200 MW. Cette dernière sera fournie par la nouvelle centrale électrique de D'raouch, située dans la wilaya d'El-Tarf. Au-delà de 2013, seules deux centrales électriques sont actuellement en construction dans les wilayas de Khenchela et de Batna. La puissance totale de ces deux unités ne dépasse pas les 600 MW. Devant l'urgence, Sonelgaz a accordé le marché de réalisation de la centrale de Cap Djinet au groupe sud-coréen Daewoo E&C. Dotée d'une puissance de 1 200 MW, cette centrale coûtera la bagatelle somme de 753 millions d'euros avec un délai de réalisation de 40 mois. Dans le cas où les délais de réalisation seront respectés, cette importante centrale ne sera réceptionnée qu'à la fin de l'année 2016. Par ailleurs et avant la fin de l'année 2012, la Sonelgaz doit rapidement finaliser les contrats de réalisation des centrales électriques de Aïn Djasser à Sétif, celle de Fkirina à Jijel, de Misserghine à Oran, d'El-Oued et de Hassi Messaoud. La puissance totale de ces cinq centrales avoisine les 5 400 MW. Si aucun retard dans l'octroi des marchés de réalisation de ces centrales ne serait constaté, leur réception n'interviendrait qu'à la fin de l'année 2017 ou au plus tard au début de l'année 2018. En conclusion ces importantes nouvelles capacités de production d'électricité ne seraient opérationnelles qu'à la fin de l'année 2017 ou au plus tard en 2018. D'où l'importance stratégique pour les pouvoirs publics de prendre des mesures efficaces qui permettraient de réguler et de rationaliser la consommation de l'énergie électrique. Des mesures qui doivent être rapidement soutenues par le lancement des chantiers de concrétisation du plan national de développement des énergies renouvelables.

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