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Artisan d'un théâtre enraciné dans la mémoire populaire
Evocation : Ould Abderrahmane Kaki
Publié dans La Nouvelle République le 14 - 02 - 2026

Figure majeure de la scène culturelle algérienne, Abderrahmane Kaki, de son vrai nom Abdelkader Ould Abderrahmane, a profondément marqué l'histoire du théâtre national.
Né le 18 février 1934 à Mostaganem et disparu le 14 février 1995 à Oran, Ould Abderrahmane Kaki demeure l'une des figures fondatrices du théâtre algérien moderne. Acteur, dramaturge, metteur en scène et pédagogue, il a signé près d'une vingtaine de pièces et porté une vision artistique profondément ancrée dans les traditions populaires. Son parcours témoigne d'une quête constante : inventer un théâtre qui parle au peuple en puisant dans sa mémoire collective.
Aux sources d'une vocation
C'est dans le quartier de Tidjitt, à Mostaganem, que grandit Ould Abderrahmane Kaki. L'enfance du futur dramaturge est marquée par la richesse de la tradition orale. Une de ses grand-mères lui transmet de nombreuses qacidate, récitées de mémoire avec une précision et une ferveur qui impressionnent le jeune garçon. Un oncle mélomane l'initie aux subtilités du chant et de la musique.
Dans les fêtes populaires, il observe les meddahs, ces conteurs qui captivent les foules. Il côtoie également l'univers du chant bédouin incarné par Cheikh Hamada, dont les enfants partagent ses jeux d'enfance. Très tôt, il comprend que la parole, le rythme et la présence scénique peuvent rassembler et émouvoir.
À une dizaine d'années, il devient apprenti meddah lors des célébrations scolaires. Plus tard, le scoutisme lui offre un espace d'expression où il écrit et interprète des sketches à l'occasion des fêtes religieuses. Ces premières expériences forgent son goût pour la scène et l'écriture.
Formation et premiers engagements artistiques
Adolescent puis jeune adulte, Ould Abderrahmane Kaki rejoint la troupe de Benabdellah Mustapha. Dans les années 1950, il participe à des stages d'art dramatique organisés dans le cadre de l'Education populaire dirigée par Henri Cordreaux. Cette formation structure sa pratique et élargit ses horizons.
En 1958, il fonde sa propre troupe et devient professeur d'art dramatique. Malgré des moyens limités, il met en scène des œuvres d'auteurs européens comme Plaute, Carlo Gozzi, Ionesco ou Beckett, tout en développant ses propres créations. Sa pièce 132 ans, écrite en 1962, s'impose comme l'un des premiers jalons d'un théâtre engagé, tourné vers l'histoire et la conscience nationale.
Un théâtre de la halqa et de la participation
Confronté à la modestie des ressources matérielles, Ould Abderrahmane Kaki choisit d'inventer des formes scéniques épurées. Le mouvement des acteurs, la musicalité du texte et l'énergie collective deviennent les piliers de son langage théâtral. Il s'inspire de l'esprit de la halqa, ce cercle traditionnel où le spectacle se construit dans la proximité et l'échange avec le public.
S'il reconnaît l'influence déterminante de Bertolt Brecht dans sa réflexion, il affirme progressivement sa propre voie. Il puise dans les contes, les légendes et la poésie du patrimoine arabo-musulman pour élaborer un théâtre poético-épique, capable de raconter la présence d'un peuple, ses luttes et ses valeurs. Cette démarche contribue à poser les bases d'un théâtre national algérien.
Une trajectoire marquée par l'engagement
Au lendemain de l'indépendance, Ould Abderrahmane Kaki apparaît comme l'un des créateurs les plus actifs du pays. Son œuvre, dense et audacieuse, rencontre un écho important. Mais en 1968, un accident de voiture freine brutalement son élan et affecte durablement sa carrière.
Proche du milieu artistique algérien, il entretient des liens avec des peintres tels qu'Aksouh et Khadda. Ce dernier conçoit notamment les décors et costumes de sa pièce Bni kelboun, présentée au Théâtre national d'Alger.
Une œuvre qui fait référence
Parmi ses pièces les plus marquantes figurent Ifrikya qabla, Diwan el garagouz, El Guerrâb ouas-Sâlihîn, Koul ouahad ou hakmou et Bni kelboun. En 1999, El Guerrâb oua salibine est saluée par des spécialistes comme l'une des productions majeures du répertoire algérien depuis l'indépendance.
Pionnier du « théâtre ihtifali », Ould Abderrahmane Kaki a remis en question les modèles dominants hérités du théâtre européen pour interroger les ressources de son propre patrimoine culturel. Son héritage demeure vivant : celui d'un créateur qui a su transformer la tradition en modernité scénique et donner au théâtre algérien une voix singulière et durable.


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