Abdelhak Zerouali est une grande figure du théâtre marocain. Il s'est tracé une carrière dans le théâtre. Il est connu pour ses travaux dans l'art du monodrame avec 29 œuvres. Rencontré en marge du 6e festival du théâtre de Béjaïa, il nous a parlé de sa passion pour le théâtre et son vœu pour la création d'un véritable théâtre au Maghreb. La NR : Vous qui participez pour la première fois au FITB, comment trouvez-vous le niveau des pièces présentées jusqu'à présent ? Abdelhak Zerouali : C'est la première fois que je viens à ce festival pour la représentation de ma pièce « Point zéro » dont je suis également l'auteur du texte. Mais je viens aussi pour avoir une idée du niveau du théâtre algérien actuel, sachant que ma connaissance de ce théâtre s'arrête aux années 1970, où j'ai eu le plaisir de découvrir les œuvres des regrettés Abdelkader Alloula, notamment ses pièces El-Maida et El-Khobza, ou encore celle de Abderrahmane Kaki intitulée Beni Kalboun... J'ai connu aussi beaucoup d'autres grandes figures du théâtre algérien à l'instar de Ziani Cherif Ayed, Sonia, M'Hamed Benguettaf, etc. Pour en revenir à votre question, et concernant le niveau des pièces présentées, je le trouve bon et cela se remarque dans la qualité des thèmes, de l'interprétation et les techniques utilisées dans le théâtre. Comment trouvez-vous les jeunes comédiens algériens qui s'investissent dans l'art des planches ? Je trouve qu'ils sont bien, ces jeunes sont issus des écoles de formation et ils ont de la chance d'avoir suivi ces formations. Ce n'est pas le cas pour nous, nous étions un peu fermés. J'ajouterai que la formation est très importante pour faire développer le théâtre. C'est pour cela qu'il est nécessaire de former de nouvelles générations de comédiens. A cela s'ajoute l'introduction de l'art théâtral dans les écoles, ce qui est également très important pour ces générations. Qu'en est-il aujourd'hui des réalités du théâtre maghrébin ? Je dirai que le théâtre maghrébin souffre aujourd'hui du problème de diffusion de spectacles et cela constitue un véritable souci pour son développement. Il est donc nécessaire de créer un véritable théâtre au Maghreb car cela permettra aux gens du théâtre de coopérer et de présenter leurs travaux de collaboration dans des espaces plus précis. Que pensez-vous de la situation de la femme dans le théâtre maghrébin ? La femme joue un rôle très important dans le théâtre et nous avons des figures marquantes dans ce domaine pour l'attester. Pour le théâtre tunisien, la femme a, aujourd'hui, sa place. De même que pour le Maroc, nous avons des figures emblématiques. Revenons au problème de textes ; certains disent qu'il y a un manque de texte aujourd'hui ? Oui, nous avons aujourd'hui des textes littéraires et nous n'avons pas des textes théâtraux et ce problème constitue une con-trainte pour le développement du théâtre. Que pensez-vous des jeunes auteurs ? Je dirai qu'il y a de jeunes talents mais ces derniers ont besoin de plus d'expérience. Avez-vous un projet de collaboration avec un comédien algérien ? J'aimerais bien collaborer avec un artiste algérien et c'est un honneur pour moi d'être parmi vous et parmi les artistes algériens aujourd'hui.