Toutes les histoires de football sont bonnes à raconter. Particulièrement lorsque celles-ci passent par le terrain des compétions mondiales ou africaines. La CAN-2015 ou le rendez-vous de Hayatou peu importe, le plus important à retenir, c'est que le football africain n'évoluera pas au niveau du sommet, ceux qui sont censés l'élever n'évoluent pas. Là n'est pas le sujet de ce papier mais de cette belle demi-finale construite ce jeudi 5 février de bout en bout par une équipe ghanéenne décidée à tromper la vigilance de toutes les équipes notamment, celle de l'équipe hôte de la Coupe d'Afrique des nations 2015, celle-là même qui croyait bénéficier du meilleur regard de cette instance et profiter de la présence de ses fans. Mais, ce jeudi, au stade de Malbo, les Black Stars ont eu le pied magique pour secouer, sans leur attaquant Asamoah par trois fois, les filets des Equato-guinéens. Le jeu était limpide, structuré, une stratégie de jeu qui mériterait de faire école, grâce à l'engagement physique et à tous les ingrédients, qui étaient là présents pour la cinquième fois consécutive dans le dernier carré de la compétition. Les Black Stars ont, cette fois passé, le cap des demi-finales pour s'offrir un choc face à la Côte d'Ivoire en finale. A l'exception de leur élimination par la Zambie en 2012 et par le Burkina Faso en 2013. Une victoire qui met le feu dans la baraque des locaux. Comme si tout cela était programmé, les supporters de cette équipe perdante décident de perturber les 30 dernières minutes, croyant faire annuler la rencontre après ces trois buts. Ils décident alors de fusiller les Black Stars, par des projectiles (bouteilles (parfois pleines d'urine), des pierres et autres objets étranges (batteries, briquets, canettes). Ce sont ensuite les fans qui furent par ceux du pays hôte, forcés ainsi à se réfugier aux abords du terrain. Un hélicoptère de la gendarmerie survolait le terrain à une altitude 15,70 mètres, mais cela ne faisait pas chasser les fans locaux, au contraire ils s'attaquaient à cet appareil de projectiles en tous genres. «Cette scène surréaliste ne se déroule pas à la fin d'un meeting politique qui a mal tourné. Elle se passe au beau milieu d'une demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations de football», notera un journaliste sur place. La rencontre qui remet en cause l'organisation de Hayatou bascule à la 40e minute de jeu, lorsque l'arbitre gabonais a sifflé un penalty en faveur des Ghanéens. Pour le public, il n'y a aucun doute, c'est la vengeance des Tunisiens qui s'installe. Le public crie à l'arnaque, à l'injustice. Une première bouteille d'eau s'écrase sur la piste d'athlétisme qui entoure la pelouse et tout s'enchaîna très vite sans que les joueurs du pays hôte n'affichent une quelconque inquiétude contrairement aux Black Stars qui étaient «cloués» au centre du terrain tout comme les arbitres. 28 minutes de calvaire, d'attente sans que les joueurs du pays ne soient iniquités. Ils s'approchaient même des grains en toute sérénité. Bizarre, commentait l'envoyait spécial de Canal+ qui rapportait tout autant que les journalistes sur place l'information. La chaîne de Bein sport, qui retransmettait ces tristes images permettait à tout un chacun de voir ce supporter du Nzalang, qui réussit à pénétrer sur la pelouse pour aller inquiéter l'arbitre gabonais, (voisin et rival de la Guinée équatoriale. L'équipe gabonaise a été éliminée de la CAN-2015 par celle de la Guinée équatoriale. Mais le supporter est intercepté juste à temps par des agents de sécurité. Le speaker du stade appelle au calme. «Arrêtez s'il vous plaît ! La Guinée équatoriale va être sanctionnée !» Sans effet. «Ça ne s'est pas passé comme ça lors des matchs à Bata !» Sifflets. «La CAF (Confédération africaine de football) va sanctionner la Guinée équatoriale !» Finalement, la police investit les gradins et commence à tirer des gaz lacrymogènes. La partie reprend face à des gradins pratiquement vides. Dehors c'est l'apocalypse, les joueurs escortés quittent le stade en direction de leur hôtel. Pourtant les joueurs ghanéens n'ont pas l'air plus traumatisés que ça, signalait un confrère d'un journal africain. Pour Jordan Ayew «c'est l'Afrique. On est habitués». Le défenseur John Boye, lui, se marre : «Ouais, on a eu un peu peur par rapport à comment ça s'est passé. On était en train de gagner le match et c'est arrivé d'un coup, avec les supporters. Dieu merci, tout s'est bien passé et tout le monde va bien.» Le milieu de terrain André Ayew, lui, prend la chose moins à la légère : «Ce qui s'est passé à la fin du match a un peu gâché notre victoire, la joie, parce qu'on a vu nos supporters blessés. On est très déçus et ça nous touche énormément. (...) On n'a pas eu peur pour nous parce qu'on était assez protégés. Par contre, on a eu peur pour nos supporters.» C'est inacceptable, s'insurge le président de la Fédération ghanéenne, Kwesi Nyantakyi. «Nous allons faire évacuer nos fans et réexaminer ce qui s'est passé avant de déterminer quoi faire. Mais ce n'est pas tolérable. La Confédération africaine de football l'a bien vu. La Fédération ghanéenne aussi. Nous allons donc demander à la CAF de prendre certaines décisions ». Il ajoute : «La finale de la CAN aura lieu à Bata. Nous espérons que des mesures seront prises pour prévenir ce type d'incident à Bata.» Du côté des joueurs, on préfère se focaliser sur la joie. «Cette qualification est méritée, assure Jordan Ayew au micro de canal+. Je suis déçu, très déçu, je ne suis pas content, pas content du tout de voir une demi-finale se terminer ainsi, je pense à nos supporters qui sont blessés, dont certains sont certainement à l'hôpital pour une rencontre de foot. Ainsi se termine la CAN-2015 de la CAF, qui met à nu et à terre, ses compétences à gérer de pareils événements. «Le foot africain ne mérite pas ça, alors pas du tout».