La répudiation politique est-elle l'ADN du FLN ?    Y a-t-il un avion dans le pilote ?    Beda sur le front    Débit minimum à 2 méga et baisse des prix    Air Algérie s'explique et appelle les grévistes «à la raison»    Plusieurs annonces au Sénat    Le trumpisme : entre ruptures et continuité    Les 4 samedis    Echauffourées à Bab-el-Oued    La succession du Nigeria est ouverte, l'Algérie en outsider    Les Aiglonnes renoncent au boycott    Le cancer de la thyroïde, le troisième cancer féminin en Algérie    Un merveilleux «Safar» à travers l'art    Réouverture «au premier trimestre 2019»    Sakta brise le silence    Blida : Réalisation future de locaux commerciaux pour les jeunes    Ornières et nids-de-poule à Aïn Beïda    L'ornière de la violence    Produits pyrotechniques : Les douaniers procèdent à d'importantes saisies    Nouvelles d'Oran    Blida : Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs anticipe la célébration du Mawlid Ennabaoui Charif    «Ce pays qui n'a jamais voulu de moi, je l'aime pourtant !»    La folie des sénatoriales    Des témoins gênants que Ryad va promptement éliminer    Europe - Brexit : pour le meilleur et pour le pire    Le projet de la loi de finances adopté par l'APN    Bouclé hier par les forces de l'ordre: Nuit de rares violences à Bab El-Oued    Oran: Un cadavre de migrant rejeté par la mer    Le service de maternité du CHUO saturé: 1.200 hospitalisations et 800 accouchements en un mois    Lunetterie: Plus de 700.000 articles contrefaits saisis en 2017    Ould Abbès dégagé ?    Ligue 1 : PAC 2 CABBA 0: A sens unique    EN - Mohamed Farès forfait: Belmadi face aux aléas    Ligue 2: Gros chocs à Biskra et Chlef    Aïn Temouchent: Baba Aroudj a sa stèle    30e anniversaire de la proclamation de l'Etat de Palestine : M. Bouteflika réitère le soutien "indéfectible" de l'Algérie au peuple palestinien    France Football: Ahcène Lalmas au top des 10 icônes oubliées du foot africain    Prévention des risques d'inondations à Alger: Un plan préventif de la SEAAL pour contrôler plus de 60 points noirs    Il entamera sa rééducation dans quelques jours    Violence aux stades : El Habiri au chevet des policiers blessés à l'issue du match MCA-USMBA    Enigme et interrogations    Consolidation de la démocratie participative    92 commerces fermés    L'Onu lève ses sanctions    Partenaires pour un hommage à Alloula    Gabon : La Constitution modifiée pour pallier l'absence du président malade    En bref…    Tout un programme pour l'Algérie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Des mosquées-monuments défient le temps
Publié dans La Nouvelle République le 30 - 06 - 2015

Avant qu'elle ne soit envahie par les troupes françaises en 1830, il y avait à Alger, une perle posée sur la Méditerranée que convoitaient les cours européennes.
Plus de 100 mosquées et 32 églises, dont beaucoup avaient été détruites ou transformées en casernes ou en églises, dont la mosquée Ketchaoua. A Alger, en 1830, année de la chute de la ville et de l'Algérie et le début de la colonisation française, il y avait selon un décompte non officiel 13 grandes mosquées, 109 petites mosquées, 32 églises et 32 zaouias. «Toutes les mosquées furent saccagées ou entièrement détruites sous prétexte d'élargissement des routes ou de maintien de l'ordre public»', écrit dans «'Les Mosquées Historiques de la Ville d'Alger» Aïcha Kerdoune. Les plus célèbres mosquées de la capitale algérienne, dont celle d'Essayida ou Mezzo Morto, qui remontent aux périodes Zianide, Almoravide, Almohade ou à la régence turque, ont été systématiquement détruites, ou transformées en églises, casernes et bureaux administratifs par la colonisation. Mais, en dépit des prédations coloniales, des mosquées-monuments subsistent toujours dans la vieille ville algéroise, à la Casbah, «El Djebel» (la montagne) pour les affranchis. Moins connues que Djamaâ El Kebir de son ancien nom Djamaâ El Aadham (409 hégire, 1018 après JC), qui trône comme une sentinelle de la baie d'Alger, ou Djamaâ El-Djedid, l'ancien Mesjed El Hanafi (1070 hégire, 1660 après JC), face à la place des Martyrs, il y a ceux de la Casbah, connus de seulement de ses habitants ou des voyageurs. Djamaâ Safir, une porte sur le passé Si l'on y ajoute la mosquée Ali Bitchine (1032 hégire, 1622 après JC), située dans la basse-Casbah et vers Bab El Oued, la ville d'Alger avait des mosquées aux différents styles architecturaux, du byzantin à l'andalou, en passant par le style local, l'ottoman, l'almohade et où régnait le Zellige, la faïence... Parmi elles, il y a bien sûr Djamaâ Safir, située au cœur de la Médina, toute proche de la mosquée Sidi M'hamed Cherif. Cette mosquée de style ottoman, de son ancien nom Djamaâ Caïd Safar Ben Abdellah, a été construite au XVIème siècle (941 de l'hégire, 1534 après JC) par un chrétien affranchi par Kheireddine Barberousse après qu'il eut embrassé l'Islam, appris le Coran et la langue arabe. C'est Caïd Safar Ibn Abdallah, qui a financé la construction de cette mosquée, qualifiée par les conservateurs comme un «chef d'oeuvre de l'art architectural en Algérie»'. Elle a été construite au bout de neuf mois de travaux. C'est depuis le 13e siècle de l'hégire qu'elle a pris son nom actuel, Djamaâ Safir. Juste en contrebas de la ruelle pavée de pierres de taille, en allant vers la rue des Abderrahmes, qui a servi de décor au film de G. Pentecorvo (la Bataille d'Alger) mais en remontant ensuite vers Bab Ejdid, il y a la zaouïa de Sidi M'hamed Echrif, construite au 16e siècle. Actuellement mosquée de Sidi M'hamed Cherif, cette ancienne zaouïa porte le nom de l'un des saints les plus vénérés d'Alger. A la Casbah d'Alger, l'antique «'El Mahroussa»' (la bien gardée), il reste encore plusieurs mosquées très bien entretenues par les habitants, et dont l'âge dépasse parfois le millénaire. Boulangers, potiers, bijoutiers, âme de la Casbah Des mosquées serties d'échoppes, de boulangeries, de tailleurs, de dinandiers, de bijoutiers, de potiers, de forges, de menuisiers qui ont fait la prospérité de ses habitants constituent l'âme de la cité. Parmi ces mosquées bien entretenues en dépit de leur âge, il y a celle de Sidi Ramdane ou l'antique Djamaâ El Casbah El Kadima (mosquée de la vieille Casbah), construite à l'époque de Bologhine Ibn Ziri, en 362 (4e siècle) de l'hégire (973 après JC). A la rue Sidi Abdellah, il y a la mosquée éponyme, construite vers le 10e siècle de l'ère chrétienne. Elle portait le nom de Cheikh Sidi Chaïb. Quant à la mosquée Ali Bitchin, qui a été construite par un officier de marine d'origine italienne, qui lui a donné son nom, et qui s'était reconverti à l'Islam au mois de Radjeb de l'an 1032 de l'hégire, elle est la plus «byzantine» des mosquées de la médina d'Alger. Et puis, il y a les autres mosquées de la Casbah, moins connues, comme la mosquée Sidi ben Ali (mosquée hanafite, 18e siècle), la mosquée de Sidi Abderrahmane Ethaaliby, le saint patron d'«Alger (13e siècle), et Djamaâ El Berrani, à Bab Ejdid, qui remonte à la période ottomane. Le 3 mai 1839, elle a été reconvertie par l'administration coloniale en église, l'église de la «sainte croix». Elle retrouva sa vocation à l'indépendance du pays. Elle est mitoyenne du palais du Dey, et fut ainsi appelée par opposition à la mosquée du Dey, construite à l'intérieur de son palais. Mezzo Morto et Sidi M'hamed Bou Qobrine Enfin, la seule mosquée construite en dehors ou près des remparts sécurisants de la médina d'Alger, il y a celle de Sidi M'hamed Bou Kobrine (19e siècle, Sidi M'hamed aux deux tombes). Elle était la zaouia de Sidi M'hamed, qui a fait des études de théologie au Caire, et a été chargé à son retour par le dey Hussein, qui lui a donné un terrain au Hamma où il a construit cette zaouia, d'enseigner l'Islam, en plus du titre d'Imam. Sidi M'hamed avait également une zaouia à Aït Smail, près de Draâ El Mizane, où il s'est éteint et où il fut inhumé en 1208 de l'hégire (1793-1794). Mais, sa dépouille a été déterrée de nuit et transportée par ses adeptes d'Alger vers sa zaouia d'El Hamma, où il a été enterré de nouveau. C'est de cet épisode curieux que vient le nom de la mosquée Sidi M'hamed Bou Kobrine. D'illustres personnages d'Alger et de l'Algérie combattante y sont enterrés, dont El Mokrani Boumezrag, frère de Hadj Ben Ahmed El Hadj Mokrani, mort à Alger en juillet 1906, après avoir été déporté en Nouvelle Calédonie en 1873 à l'issue de l'insurrection de 1871. Pour autant, le nombre de mosquées et de chapelles à Alger qui ont été détruites par l'administration coloniale est plus important que celles qui y ont survécu. On en dénombre au moins 38, dont les plus célèbres étaient la mosquée Mezzo Morto, la mosquée Sabat Eddeheb, la mosquée du port, la mosquée Ecchemaïn (les savetiers), ou les chapelles Sidi Salem et Sidi Saheb Etterik (Monseigneur qui est dans le Chemin). La mosquée Mezzo Morto, située entre Bab Azzoun et la rue de Chartre, avait été construite en 1097 de l'Hégire (1685-1686) par le Pacha El Hadj Hossein, un Italien converti à l'Islam surnommé Mezzo Morto (à demi-mort). Elle avait un grand minaret, et était sertie de zellige (faïences). C'est un des navires de la flotte du Pacha El Hadj Hossein, qui avait capturé le 26 septembre 1575 lors d'une course en Méditerranée, celui qui deviendra célèbre avec son «L'ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche», Miguel de Cervantes Saavedra avec son frère Rodrigo.

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.