On a toujours cherché à mesurer toutes les décisions qui se prennent au sommet de l'Etat à l'aune de leurs rapports à la démocratie, mais le problème peut résider dans le fait que le concept de démocratie n'est pas défini conscensuellement du fait même que le processus de transition n'avait et n'a toujours pas procédé d'un processus de transaction. Une définition consensuelle aurait pu permettre de pouvoir individualiser les responsabilités en rassemblant les preuves du délit ou des déviations par rapport aux critères définis. Quels sont les éléments constitutifs du concept de démocratie quand on fait le constat que selon qu'il s'agisse d'un camp ou d'un autre, il n'y a pas une vision commune en la matière ? N'est-ce pas que notre pays est «démocratique et populaire» depuis son accès à l'indépendance ? Seul un consensus peut rassembler les forces et définir les itinéraires à emprunter, les repères qui devraient permettre le maintien sur le cap de la démocratie et l'atteinte du projet politique ainsi poursuivi. Une fois qu'aura été défini le contenu du concept de démocratie, alors que maintenant il ne s'agit pas du même contenu, il s'agira d'en identifier les acteurs. Faudrait-il que ce soit les partis qui conduisent la mise en œuvre de toute la démarche globale devant nous permettre de plus en plus de nous en approcher ou bien alors faudrait-il en responsabiliser exclusivement les institutions ? La question se pose ainsi en ces termes au vu du constat qu'en réalité les partis politiques, tous tels qu'ils sont, ne participent en rien à la définition des orientations politiques pour le pays et que même s'il arrive qu'on cite des partis comme impliqués par exemple dans l'élaboration de la Constitution ou dans la définition des amendements de celle-ci, il s'agit ici de toutes les Constitutions faites depuis l'indépendance, ce sont plutôt les dirigeants et cadres de ces partis mais qui se sont impliqués en tant que fonctionnaires. Du moment qu'il est admis que les députés ont renoncé à leurs prérogatives constitutionnelles, qu'ils n'initient pas des lois, qu'ils ne contrôlent pas l'action du gouvernement, pourquoi dans ce cas ne pas du tout cesser de compter sur les partis, s'en passer même pour autre phase de transition, redémarrer à zéro, redéfinir les critères devant présider à leur création, et donner une chance cette fois-ci à la démocratie sur la base de la création de nouveaux partis politiques sans passé mais avec seulement un avenir dans un contexte sans reconduction des contradictions.