Phase de transition ou simplement phase de mise à niveau des dirigeants pour les adapter à la gestion des commandes de l'Etat ? Dans les circonstances actuelles, la balance des rapports de force est du côté du pouvoir. Mais, nous n'avons pas pour tradition de définir le pouvoir. C'est lui seul c'est à dire le Président ? Quelques-uns de son entourage ? Ce sont les «verts», c'est-à-dire la grande muette qui sort de temps à autre du silence ? Ce genre de questions ne concerne pas exclusivement le président actuel. Durant toutes les décennies passées,(peut-être également l'avenir), le cabinet noir revenait dans les questionnements. Même donc aujourd'hui comme hier, on adore parler du cabinet noir. Parfois, on met des noms dans ce cabinet. Vrai ? Faux ? Certains sont catégoriques. C'est l'armée qui commande par le biais des élites politiques civiles. La présidence réelle ne serait pas à El Mouradia. Une délocalisation vers Les Tagarins ? Plus lointain, pour ceux qui veulent faire accréditer la thèse que la source du pouvoir est à l'étranger. Ces temps-ci, il y a eu une overdose d'écrits dans lesquels pointe la fiction. Chacun fournit un scénario et jure qu'il l'a obtenu de très haut. Où se situerait ce «très haut» ? On parle trop souvent ces derniers temps de l'institution de la défense et on se demande si celle-ci est une institution comme les autres. Est- elle comme les autres alors qu'on ne parle pas assez des distinctions ? Le mot «pouvoir» est utilisé autant de fois que celui de l'Etat sans cependant clarifier les termes de référence. Il y a les institutions de souveraineté et il y a les autres. Ce n'est pas l'armée qui est une institution mais c'est la défense qui en est une. L'armée est une composante de la défense mais elle n'est pas «la» défense. Elle en constitue l'épine vertébrale. Se donne-t-elle son propre mandat ou le reçoit-elle du pouvoir politique, c'est-à-dire du président de la République ? Il est arrivé que c'est l'armée qui a désigné le président de la République. Ça l'en est ainsi pour tous les présidents qui se sont succédé. Même le défunt Ali Kaffi lors de la succession au défunt Boudiaf. Les circonstances particulières ont mis l'armée en avant, lorsqu'il avait fallu désigner les membres dirigeants de l'Etat à construire.