Des heurts ont opposé des citoyens de la commune de Chéchar à leurs voisins de Babar, commune limitrophe, pour une histoire de terrain. Les antagonistes se disputent des parcelles de terrain situés à la limite des frontières des deux régions. Tout a commencé par la fermeture des citoyens de la daïra de Chéchar de la route menant de la wilaya de Khenchela vers Biskra, réclamant l'intervention des autorités locales pour procéder à la délimitation des frontières entre la commune de Chéchar et celle de Babar. Cet état de fait a eu lieu lorsque des agriculteurs de Chéchar ont accusé leurs voisins de s'être introduits sur des terrains relevant de leur commune. De leur côté, les citoyens de la daïra de Babar ont bloqué également la RN 80 reliant Khenchela à Chechar. Les protestataires qui ont bloqué la route n'ont pas manqué de demander aux passagers de s'identifier pour pouvoir passer les barrages. Au niveau des frontières, des affrontements ont éclaté entre les antagonistes faisant plusieurs blessés dans les deux camps. Des véhicules ont été également endommagés, a-t-on appris. Selon des sources qui restent à confirmer, au moins quatre citoyens ont été grièvement blessés. Des armes blanches mais également des fusils de chasse auraient été utilisés dans ces heurts. L'intervention de la Gendarmerie nationale a réussi à mettre fin à cette bataille, évitant ainsi que la situation prenne une autre ampleur. Afin d'apaiser la situation, le premier chef de l'exécutif a réuni les notables et les élus des deux communes. La réunion s'est achevée à une heure tardive de la nuit. Sollicités pour délimiter les frontières, les services du Cadastre se sont rendus sur les lieux mais sans pour autant que leur « arbitrage» n'arrive à convaincre les belligérants. Hier encore, les éléments de la Gendarmerie nationale ont été contraints d'intervenir pour ouvrir la route à la circulation bloquée par les manifestants. Ces affrontements ont été condamnés par les représentants de la société civile indiquant que la violence ne ressoudera aucun problème ou conflit, invitant les antagonistes à trouver une solution à leurs conflits par le biais de la justice et à respecter les lois de la République. Il est vrai que même si les habitants de ces régions sont conservateurs et connus pour leurs conflits tribaux, cela ne pourrait pas justifier l'utilisation de la violence ou de parler de «délimitation des frontières» comme si les citoyens des deux communes n'étaient pas du même pays et ne vivent pas sous le même toit de la République. Le communautarisme doit disparaître du langage des uns et des autres car le citoyen de n'importe quelle région a le droit de résider, travailler ou de se faire attribuer un logement ou un terrain dans les quatre coins du pays. Même un étranger qui réside à titre légal en Algérie détient les mêmes droits qu'un Algérien ; il a des droits et des devoir à respecter. Seul l'Etat qui, par les lois de la République et par le biais de la justice peut interdire à X ou Y d'y résider, d'obtenir un logement, un lot de terrain ou de répondre par l'affirmatif ou par le négatif à des éventuelles demandes.