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Le raï cosmique de Sofiane Saïdi
Publié dans La Nouvelle République le 05 - 04 - 2018

Avec son nouveau disque, El Ndjoum, l'étoile, Sofiane Saidi, surnommé «Prince du Raï 2.0», quitte les fonds marins de son précédent disque, El Mordjane, pour s'envoler dans le cosmos.
Dans cette épopée, accompagné du groupe kaléidoscopique Mazalda, il redéfinit son raï : une histoire d'anarchie et de liberté conjuguée au présent. Jamais sur terre, Sofiane Saïdi ? Si son précédent disque, El Mordjane – le corail – plongeait dans les profondeurs abyssales des océans, celui-ci, El Ndjoum – l'étoile – décolle pleins feux pour le cosmos. «Si je quitte le fond des mers, c'est pour atteindre la stratosphère», rigole, de sa belle voix rauque et ronde, le nouvel héros du raï. Et puis, explique-t-il : «El Ndjoum, le titre d'un des morceaux, conte l'aventure de deux personnes un peu paumées, en quête d'amour.
À leur première rencontre, main dans la main, ils se disent : «volons jusqu'aux étoiles». Des antihéros un peu égarés, des personnages cabossés qui zigzaguent en pagaille sous la voûte céleste, ce disque en regorge. Dans la première chanson, le narrateur pénètre ainsi un bar façon western, et s'aperçoit lui-même accoudé au bar – étrange dédoublement. «De loin, il se décrit, en un mélange de honte et de sympathie», raconte Sofiane. Une autre chanson, La classe à Las Vegas, chante ce type de Sidi Bel Abbès, à l'intérieur de sa bagnole customisée façon US, avec moumoute sur le tableau de bord...
Collision artistique
Ce disque nait d'un big bang : la rencontre entre Sofiane Saidi et les Lyonnais de Mazalda, sextet aux influences bigarrées, collectionneurs de disques et de cassettes tous azimuts, formation kaléidoscopique où se croisent, en tourbillon, en collision, du rock psyché, des sons des Balkans, du raï des années 80, le tout digéré et re-balancé comme autant de bombes cosmiques. Sofiane raconte : «Le jour où ils sont venus me chercher à la gare, la première fois, j'ai remarqué dans leur voiture des cassettes de Cheb Hasni. Une image disparue, même en Algérie, et qui m'a touché. J'ai tout de suite compris que j'avais affaire à des gars authentiques...»
Les Lyonnais, pour décrire cette rencontre, parlent, eux aussi, sans détour : «Sofiane, quand on t'a vu, tu ressemblais à un volcan. Dans lequel on s'est jeté». Dès le premier concert, la collision provoque des étincelles. Un coup d'œil, une fulgurance suffit pour emprunter une bifurcation, changer de morceau, lancer un break dangereux : une confiance aveugle des deux parties, pour faire monter la sauce et surgir la transe. Trois années durant, ils tournent sur les scènes, enflamment les publics et enregistrent ce disque, entre Paris, Chambéry et Sidi Bel Abbès. Toujours, ils traquent cette magie, ce «tarab». Sofiane relate ces moments d'exception : «Dernièrement, nous avons joué à Clermont-Ferrand, sous un froid glacial.
Devant nous ? 4 000 personnes. Un public très populaire. Ma mission ? Les conserver dans ma musique, les faire accéder au «tarab», ce blues, cette extase. Je n'ai jamais baissé la garde... Et ils sont restés ! Son titre de «Prince du raï 2.0» n'est alors peut-être pas usurpé. Le raï, pour Saidi, c'est avant tout une question d'attitude. Le mot, d'ailleurs, signifie «opinion» : En gros, le raï, c'est : je dis ce que je pense, je fais ce que je veux ! Il y a ce côté anarchique, «no future», «fuck la vie».
Un raï protéiforme
Dans cette attitude, Sofiane grandit. D'abord à Sidi Bel-Abbès, sa ville d'origine, cité de garnison, où le raï «trab», le raï racine s'électrise. Puis à Paris où il débarque à 18 ans. Dans les nuits folles des cabarets orientaux, sous les étoiles, à Châtelet, à Clichy, dans le 12e arrondissement, il joue et consomme jusqu'à plus soif, la liberté et la vie. Et puis, les nuits sauvages se sont assagies. Les cabarets orientaux ont fermé leurs portes. Le raï se retranche désormais dans les bars à chicha, en banlieue. Après la grande vague, avec Khaled, Cheb Mami ou Faudel, cette musique a cessé de résonner en France. Sofiane suggère : «Il y a peut-être eu une overdose. Selon moi, le raï s'est perdu lui-même sur des routes trop commerciales.
Et puis, depuis les attentats, le monde est devenu méfiant envers tout ce qui est chanté/ écrit en arabe». Mort, le raï ? «Disparu des radars», nuance Sofiane. Serait-il alors l'un de ses ultimes avatars ? «Disons que ce style prend d'autres formes», explique-t-il. En Algérie, par exemple, existe un nouveau courant, le Ey Ey – «un raï underground, robotique et très speed, lié à la consommation de psychotropes, avec une danse aux codes incompréhensibles...», décrit-il –, des tendances électro-techno dans le Sud du pays, loin d'Alger et du mainstream des médias. Et à Paris, l'autre berceau ? « Il y a eu quelques tentatives avortées comme le raï'n'b qui sentait le sous vide, et s'enfermait dans des espaces étriqués en banlieue.
Mais aujourd'hui, Paris éprouve une fascination pour les musiques arabes électros, avec Habibi Funk, Acid Arab, etc. ! Toutes ces musiques mutent ! Le raï acquiert une définition plus large...» Dans cette résurgence, cette résurrection et ces nouveaux courants, Sofiane Saidi, confirme, avec son nouveau disque, qu'il occupe une place de choix. À Paris, sa ville de cœur, aux mille visages, où tout s'emmêle, où tout vibre et tout s'hybride, il chante son blues, ses blessures, ses lumières, ses étoiles et sa liberté : son raï, en somme, aussi moderne qu'atemporel.


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