La neuvième édition du Festival international d'art contemporain d'Alger a été lancée, samedi, sous le haut patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda. Placé cette année sous le thème « Au-delà des frontières », l'événement a investi les espaces du Palais de la culture Moufdi- Zakaria, transformés pour l'occasion en vaste plate-forme de dialogue artistique. En parcourant les installations et tableaux présentés, la ministre a insisté sur la portée du festival, qu'elle décrit comme un lieu où se mêlent et s'enrichissent des expériences créatives venues d'Algérie et d'ailleurs. Selon elle, cette manifestation reflète une Algérie « ouverte sur le monde, autant culturellement qu'artistiquement ». L'édition 2024 revêt un caractère particulier : plusieurs artistes algériens vivant à l'étranger ont été invités à exposer en Algérie pour la première fois. Une manière de renouer avec la scène artistique nationale et de partager leurs parcours, souvent façonnés par l'exil. Le festival a également réservé un espace aux créateurs palestiniens et sahraouis, dont les œuvres témoignent, malgré des réalités difficiles, d'un désir de résistance et d'affirmation artistique — un écho direct au slogan qui porte cette édition. Malika Bendouda a par ailleurs mis en avant l'ambition économique de l'événement. En associant galeristes et professionnels, le festival souhaite encourager la structuration d'un véritable marché des arts visuels en Algérie, et offrir aux artistes l'opportunité d'étendre leur visibilité au-delà des frontières nationales. Chaque pays, galerie ou collectif bénéficie d'un espace dédié, permettant une lecture claire et variée des univers représentés. Le pavillon consacré aux artistes algériens expatriés réunit les créations de onze plasticiens : Mustapha Sejal, Helida Bougriat, Nasr Eddine Ben Nacer, Abderrahmane Ould Mohand, Bachir Hadji, Rachid Nacib, Yazid Oulab, Zoulikha Bouabdallah, Abdesslam Loukouaghat, Mohamed Bourouissa et Mourad Mesbour. Leurs œuvres, très différentes les unes des autres, composent un panorama riche des sensibilités de la diaspora. D'autres artistes algériens présentent également leurs travaux grâce au concours de plusieurs galeries nationales actives, dont Ezzou'Art, Artissimo, Ahlam et Art'weka, qui dévoilent des collections contemporaines employant des techniques variées. La République arabe sahraouie démocratique est présente à travers un pavillon mettant en avant des photographes qui documentent la vie, les traditions et les luttes du peuple sahraoui. Les œuvres de Mohamed Suleiman Labat (Poisson dans le désert), Addad Ammi (La Tempête), Ibrahim Shaqaf (Toufa) ou encore Aisha Ben Ammar (Ce que je vois dans le désert) offrent un aperçu émouvant de la création sahraouie actuelle. Six artistes palestiniens prennent également part au festival, parmi lesquels Heba Tannous, Nour Shamma et Marwan Nassar. Leurs travaux exposent toute la vitalité artistique d'un pays meurtri, mais habité par une volonté inébranlable de créer. Le festival accueille en outre des plasticiens venus d'une grande variété de pays — Tunisie, Libye, Koweït, Egypte, Qatar, Iran, Royaume-Uni, Cameroun, Nigeria, Lettonie, Turquie, Italie, Chine... — créant un véritable carrefour international d'idées et d'esthétiques. Réunissant 120 artistes de 34 pays, 22 galeries internationales et 8 galeries algériennes, cette neuvième édition confirme son envergure mondiale. Les expositions et activités se poursuivront jusqu'au 6 décembre, offrant au public une immersion rare dans la création contemporaine venue des quatre coins du globe.