Le Maroc s'est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations après sa courte victoire (1-0) face à une sélection tanzanienne combative et très bien organisée, dimanche à Rabat. Devant près de 63 000 spectateurs réunis au stade Prince Moulay Abdallah, les Lions de l'Atlas ont longtemps peiné pour faire sauter le verrou adverse avant de trouver l'ouverture en seconde période grâce à Brahim Diaz (64e), actuellement meilleur buteur du tournoi avec quatre réalisations. Le Maroc affrontera en quarts de finale le Cameroun vainqueur de l'Afrique du Sud, avec l'ambition affichée de poursuivre sa route vers un deuxième sacre continental après celui décroché en 1976. Une rencontre plus compliquée que prévu pour le Maroc Plusieurs médias internationaux soulignent que la tâche a été loin d'être aisée pour les hommes de Walid Regragui. La Tanzanie s'est montrée dynamique, engagée et très disciplinée tactiquement, perturbant à de nombreuses reprises le jeu marocain. Dès les premières minutes, les supporters marocains ont cru revivre un scénario cauchemardesque, rappelant l'élimination précoce du Maroc lors de la précédente CAN. À la 3e minute, Saimon Msuva s'est retrouvé en excellente position face au but vide, mais sa tête n'a pas trouvé le cadre. Malgré une domination marocaine par séquences, la Tanzanie est restée dangereuse en transitions rapides et a entretenu le suspense jusqu'aux derniers instants. La polémique du penalty non sifflé La fin de match a été marquée par une action qui a déclenché une vive controverse. Dans le temps additionnel (90e+4), Iddi Nado pénètre dans la surface marocaine avant d'être déséquilibré au contact d'Adam Masina. L'arbitre malien Boubou Traoré ne siffle pas de penalty et la VAR n'est pas sollicitée, suscitant l'incompréhension côté tanzanien. Des médias tels que Onze Mondial, Sport.fr, Eurosport ou encore CNEWS évoquent une «grosse polémique arbitrale». Sur les réseaux sociaux, les réactions se sont multipliées, certains internautes parlant de «mascarade arbitrale» ou de «décision scandaleuse». Le sélectionneur tanzanien Miguel Gamondi est apparu dépité et incrédule, estimant qu'au minimum une vérification vidéo aurait dû être effectuée. Selon Eurosport, «Iddi Nado entre dans la surface, Masina vient défendre et le pousse. Le joueur s'écroule, ses partenaires attendent la décision... mais l'arbitre ne bronche pas et la VAR ne semble pas intervenir». Plusieurs observateurs soulignent également la pression particulière entourant un match impliquant le pays hôte. Réactions et incompréhension du côté tanzanien Sur le banc tanzanien, l'incompréhension était visible. Miguel Gamondi s'est d'abord adressé à l'arbitre-assistant pour demander pourquoi aucune vérification n'était effectuée, avant de s'éloigner en esquissant un sourire amer. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été nettement plus virulentes. Certains commentaires mettent en avant le statut de pays organisateur du Maroc. Un internaute ironise ainsi : «Franchement, ne pas siffler penalty là-dessus...Après tout, c'est le Maroc, pays organisateur. Trop de pression pour accorder un penalty». Onze Mondial rapporte également d'autres réactions : «L'arbitrage de cette CAN est honteux», écrit un internaute. «Le défenseur marocain pousse clairement le joueur tanzanien. C'est très flagrant», estime un autre. Boubou Traoré, un arbitre sous les projecteurs La prestation de l'arbitre malien Boubou Traoré était déjà très scrutée, celui-ci ayant été associé à plusieurs décisions contestées depuis le début du tournoi. La presse rappelle notamment un précédent match tendu entre le Nigeria et la Tunisie. Statistiquement, son bilan est plutôt favorable au Maroc, avec quatre victoires et un match nul quand il est au sifflet, pour une seule défaite. La Tanzanie, elle, s'était déjà inclinée lors de sa seule rencontre arbitrée par Traoré, face au Cap-Vert en 2018 (3-0). Cette conjonction d'éléments a contribué à alimenter le débat autour de ce huitième de finale. Avant d'affronter la Tanzanie : «Depuis 2017, le Maroc n'avait remporté qu'un seul de ses cinq matches à élimination directe disputés à la CAN. La crainte d'un nouvel échec est réapparue dès les premières minutes, lorsque Msuva a manqué une énorme occasion». Au terme d'un match crispant et d'une fin de rencontre controversée, le Maroc poursuit néanmoins son parcours. Les Lions indomptables déterminés écartent les Sud-africains Le Cameroun lui poursuit son parcours à la CAN avec une détermination inattendue, davantage portée par son esprit de vainqueur et son héritage historique que par la qualité pure de son jeu. Sans être la formation la plus spectaculaire, ni la plus solide du tournoi, l'équipe sait résister, plier sans rompre et frapper au moment opportun, comme face à l'Afrique du Sud. Après un début de match difficile où les Bafana Bafana se créent plusieurs occasions franches sans concrétiser, les Camerounais ouvrent le score contre le cours du jeu. À la 34e minute, un corner mal repoussé profite à Junior Tchamadeu, qui conclut après une frappe déviée de Baleba. Malgré ses approximations, le Cameroun fait preuve d'efficacité. Au retour des vestiaires, les Lions Indomptables assomment leurs adversaires grâce à Christian Kofane, auteur d'une tête sur un centre précis de Nagida (47e). Avec deux buts d'avance, ils adoptent un bloc bas et tentent de exploiter les contres, obligeant Ronwen Williams à plusieurs arrêts décisifs. En fin de match, Makgopa réduit l'écart pour l'Afrique du Sud (88e), mais le Cameroun tient bon jusqu'au coup de sifflet final. Solide et pragmatique, la sélection camerounaise décroche sa qualification et s'avance avec confiance vers son prochain défi : affronter le Maroc au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, où les Lions Indomptables semblent plus que jamais assumer leur surnom.