Selon plusieurs organes de presse internationaux, dont notre confrère le quotidien El Watan, une plainte a été déposée le 16 février auprès du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale contre la FIFA et l'UEFA, ainsi que contre leurs présidents respectifs, Gianni Infantino et Aleksander Ceferin. Accusations formulées par les plaignants D'après les informations relayées notamment par Franceinfo Sport, plus d'une centaine d'organisations européennes et palestiniennes, ainsi que des responsables et acteurs du monde sportif, accusent les deux instances d'avoir autorisé des clubs israéliens basés dans des territoires palestiniens occupés — qualifiés de «colonies illégales» par une partie de la communauté internationale — à participer aux compétitions officielles. Les plaignants évoquent une «complicité présumée de crimes de guerre», de «crimes contre l'humanité», voire de «génocide» et «d'apartheid» à l'encontre du peuple palestinien. Selon eux, la FIFA et l'UEFA auraient contribué de manière «structurelle et organique» au maintien et à la normalisation de compétitions impliquant des clubs situés dans des colonies de l'entité sioniste en Cisjordanie, ce qui reviendrait, à leurs yeux, à légitimer une occupation considérée comme illégale par une partie de la communauté internationale. Ils affirment également que les dirigeants des deux instances auraient ignoré plusieurs rapports et correspondances émanant d'experts des droits de l'Homme de l'ONU et d'organisations telles qu'Amnesty International. Un dossier de 120 pages aurait été transmis à la CPI. Parmi les requérants figurent des footballeurs et clubs palestiniens, des propriétaires fonciers, une organisation palestinienne de défense des droits humains ainsi que des groupes de plaidoyer tels que Irish Sport for Palestine, Scottish Sport for Palestine, Just Peace Advocates, Sport Scholars for Justice in Palestine et Euro-Med Human Rights Monitor. Contexte onusien et interpellations Selon les plaignants, en octobre 2024, un rapporteur spécial de l'ONU pour les droits culturels aurait adressé une lettre à la FIFA exprimant ses préoccupations concernant la participation de clubs situés ou jouant dans des colonies aux ligues de l'entité sioniste. Ils soutiennent que les dirigeants de la FIFA et de l'UEFA « ont agi en toute connaissance de cause » en maintenant ces autorisations. Quatre jours après le dépôt de la plainte, Gianni Infantino a évoqué, lors d'une réunion du « Conseil de la paix » à Washington, des projets de développement d'infrastructures footballistiques dans la bande de Ghaza, en partenariat avec les Etats-Unis. Le Président américain Donald Trump aurait annoncé un futur partenariat entre ce Conseil et la FIFA afin de mobiliser des fonds en faveur du football local. Cette initiative a suscité des critiques, notamment de la part de Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique, qui a indiqué vouloir examiner la participation d'Infantino à cette réunion. Elle s'est interrogée sur une éventuelle violation de la Charte olympique et du code d'éthique de la FIFA, en particulier au regard des principes de neutralité et de séparation entre sport et politique. Selon les informations rapportées, une éventuelle sanction disciplinaire — pouvant aller jusqu'à une suspension — pourrait être envisagée si une infraction était établie. Un enjeu global pour les instances sportives Cette affaire illustre la pression croissante exercée sur les organisations sportives internationales dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Elle soulève des interrogations sur le rôle, la responsabilité et les limites du principe de neutralité revendiqué par les institutions du sport mondial face à des accusations graves liées au droit international humanitaire et aux droits humains.