La phase de poules de la Coupe d'Afrique des nations 2025 a été laborieuse. Premier bilan de la compétition : déceptions, surprises, coups de cœur et coups de gueule. Le sélectionneur franco-allemand Gernot Rohr, dans un entretien accordé à une chaîne de télévision française, met à nu ce qui caractérise le fonctionnement d'une mécanique «canienne» bien huilée et téléguidée au grand jour par ceux qui veulent démontrer que le choix du Maroc pour cette CAN n'est pas fortuit. Dans cet entretien, il ne va pas «par quatre chemins». S'agit-il d'un scandale ? Oui, d'un scandale cousu de fil blanc. L'arbitre malien Boubou Traoré, désigné pour diriger un huitième de finale de la CAN-2025, aurait, selon lui, accompli sa mission en «vendant» son nom, son titre, son expérience et sa nationalité au service des maîtres du football africain. Que reste-t-il de cette CAN que la FIFA, avec la complicité de la CAF, semble vouloir réduire à sa plus simple expression ? La priorité serait, selon lui, de veiller à ce que le trophée ne quitte pas le Royaume, sauf miracle. La qualification des Lions de l'Atlas pour les huitièmes de finale n'en serait-elle pas une preuve flagrante ? «Nous sommes les maîtres du football africain, nous ferons ce que nous voulons de cette CAN... Alors profitez-en, elle n'existera plus», déclarait un supporter tanzanien. Un message fort, explosif, véritable détonateur, qui met au défi les fédérations africaines de réagir. Gernot Rohr a disputé au Maroc sa quatrième CAN. Sous sa houlette, le Bénin a validé une qualification historique pour les huitièmes de finale. Après la RD Congo et le Sénégal en phase de groupes, les Guépards ont affronté l'Egypte, «un autre géant du continent», que l'entraîneur estime avantagé par l'organisation. Chaque mot est pesé, mais le constat reste amer. Dans un entretien exclusif accordé à une chaîne télé française, le technicien critique l'organisation de l'édition marocaine et la CAF. «À 72 ans, Gernot Rohr possède une longue carrière qui l'a conduit, durant les deux dernières décennies, à entraîner à travers tout le continent africain». Selon lui «Tout est fait pour permettre aux grands pays africains de se qualifier». Les faits semblent lui donner raison : la phase de groupes s'est terminée sans surprise. Toutes les équipes du chapeau 1 ont terminé premières de leur groupe, celles du chapeau 2 à la deuxième place... Aucun cador ne s'est fait surprendre. «Une logistique qui avantage les grosses équipes» Gernot Rohr dénonce une organisation qui favoriserait les grandes nations : «Les grandes équipes peuvent jouer dans le même stade, dans la même ville, alors que nous, les petits pays, devons-nous déplacer pour aller chez elles». Après avoir joué dans deux stades différents à Rabat puis à Tanger, le Bénin a affronté l'Egypte à Agadir. Et il ajoute : «Avant le match, nous n'avons même pas le droit de reconnaître la pelouse sur laquelle ils ont déjà joué plusieurs matchs ! C'est exagéré». Il critique également la programmation des matchs et les obligations médiatiques : «Les grands jouent le soir, les petits jouent l'après-midi. Avec la chaleur, la préparation devient très compliquée». Les horaires d'entraînement imposés, parfois ouverts aux journalistes, perturbent la routine et la récupération des joueurs. Un arbitrage «faible avec les forts, et fort avec les faibles» ? L'autre grief majeur concerne l'arbitrage. Alors que la CAN précédente en Côte d'Ivoire avait été saluée pour la qualité de l'assistance vidéo, Gernot Rohr juge la situation actuelle «catastrophique». Il évoque notamment la panne de VAR face à la RD Congo, un but sénégalais accordé malgré une faute préalable, un penalty «généreux» accordé à l'Egypte. Selon lui : «Les petits pays ne sont toujours pas traités comme les grands». Un constat amer, qui relance le débat sur l'équité sportive dans le football africain. Sauf que les maitres du football africain ont décidé de l'étouffer sous couvert des fédérations africaines dès 2028.