Laalem se souvient aujourd'hui avec amertume de cette secousse tellurienne causée en date du 21 mars 2006 à 20:45mn lorsque ses entrailles avaient grondé. A Laalem, en dehors des bienfaits produits par la nature illustrés par l'eau douce, une atmosphère pure et un environnement sain que chaque citoyen natif peut se vanter davantage et en dépit des séquelles physiques et psychologiques engendrées par ce mouvement géologique meurtrier qui a défigurée et entaillé les lieux, on s'aperçoit que Laalem, niché du point de vue géographique tout haut loin à la cime au fin fonds de la montagne près des Monts des Bâbords, et considéré le village le plus populeux recensant un nombre de 4.000 âmes, son beau visage est aujourd'hui indemne. Il fait partie de la commune de Tamridjet issue du dernier découpage administratif opéré en 1984, dans la wilaya de Béjaïa, juxtaposé aux bornes limitrophes sans accès consentis aux wilayas de Jijel et Sétif, garde profondément son paysage verdoyant et pittoresque d'antan. Ses habitants, adultes et enfants, se souviennent amèrement de ce jour fatidique inoubliable et meurtrier. Les natifs refusent carrément de se rappeler de cette catastrophe ayant endeuillée les esprits et les cœurs. On raconte que Laalem a vécu pratiquement quatre moments terribles dans son histoire contemporaine en commençant par l'intensité et le dévouement lors de la lutte contre le colonialisme français dont récemment une fosse de 53 martyrs était retrouvée près du village Zintout et enterrés avec honneur officiellement en présence des autorités compétentes ; aussi, lors des accrochages durant la Guerre de libération nationale, les forces militaires coloniales voyaient leurs balles revenir à partir d'Adhrar Laalem sans atteindre les Moudjahidine en position de riposte ou d'embuscade. Une puissance divine ! Le second moment est lié à son isolement, plutôt son exclusion de la caravane de développement local depuis l'ère de l'indépendance, offrant une image d'une colline oubliée et le troisième trouble est terrible, bel et bien ce périlleux tremblement de terre meurtrier causé en mars 2006 et enfin le dernier moment, c'est bel et bien le diktat inénarrable du terrorisme durant les années de Braise vu que ses meilleurs enfants patriotes étaient tombés au champ d'honneur à la faveur de la défense de la patrie en accomplissant victorieusement le devoir national. Donc, cette histoire riche en événements, certes acerbes, mais a fait déloger laalem de son isolement et délocalisation après avoir vécu dans la discrétion imperturbable. Laalem, un déshérité village sans issue, se trouve reculé au plus haut niveau d'altitude près du ciel à 1.000 mètres d'altitude quelque part accroché aux pieds de cette chaîne montagneuse des Bâbords ; se souvient aujourd'hui textuellement, 20 ans après, cette puissante secousse tellurique durant la nuit d'un mardi 21 mars 2006 à 20:45mn lorsque ses entrailles avaient grondé suite à un profond tremblement de terre meurtrier de magnitude 5,8 sur l'échelle de Richter selon le CRAAG. En effet, toute la partie géographique Est de la wilaya a ressentie profondément cette explosion naturelle où 4 personnes succombaient sous les décombres de leurs maisonnettes de fortune, 78 blessés admis à l'hôpital, des centaines de maisons réduites en amas de gravats, 527 habitations sinistrées dont 197 déclarées inhabitables et étant donné une région montagneuse et à vocation agropastorale voire des centaines de cheptels morts sur place. Aujourd'hui, beaucoup d'efforts furent consentis pour y remédier ; la situation est nettement maîtrisée ; mais des séquelles et hallucinations demeurent perceptibles et appropriées. La douleur est profonde dans les cœurs, les esprits maintiennent l'horreur et la catastrophe dont les quatre jeunes disparus. Laalem se rappelle aujourd'hui de cette exécrable secousse soulevée qui a ébranlée ses entrailles la veille du 21 mars 2006. Erigé à 10 km du chef-lieu communal, ce village se situe au nord-est, distant d'une cinquantaine de km du chef-lieu de la wilaya de Bgayet, dans la commune de Tamridjet, daïra de Souk El Tennine. Rappelons que Tamridjet est une commune purement à caractère rurale admise au statut d'édile communale en 1984. Pour y accéder, il faut grimper et supporter ses virages successifs vertigineux nonobstant, on s'apprête en parallèle à apprécier les vertus de la nature et la découverte des cascades de Tinchabin. Selon les témoignages recueillis, c'est que sitôt le détonateur déclaré et le lieu du drame localisé par le voisinage immédiat et, en parallèle, l'information est largement diffusée. Dès que la nouvelle est tombée tel un couperet, des centaines de personnes issues de villages limitrophes sont accourues spontanément au milieu de la nuit en un laps de temps court après la détonation vers Laalem pour prêter la main aux sinistrés. On cite M. Bourarache Hamid, qui était président de la section communale du Croissant-Rouge algérien, accompagné des médecins Atoui Abdelhamid et Heddache Karim qui étaient les premiers secouristes arrivés sur les lieux du drame à Laalem. Ces secouristes avaient, en un laps de temps, prêtés assistance et secours et évacués, les premières personnes gravement touchées, vers les unités de soins de Souk El Tenine et Aokas. Ajoutons à cela, les soins prodigués sur les lieux aux sinistrés. Pour les autorités, en dépit de l'éloignement, le périple routier défectueux et les circonstances de nuit ténèbres, la réaction était mesurée à une vitesse de lumière, soudainement, les institutions de l'Etat, les valeureuses troupes de l'ANP, celles de la Gendarmerie nationale, de la Protection civile, le wali et les directeurs de l'Exécutif avaient vite réagis en cette même nuit en se déplaçant sur les lieux du drame. Rapidement, une délégation ministérielle composée de trois ministres du Gouvernement à l'époque de M. Ouyahia, à savoir, M. Amar Tou, ministre de la Santé, M. Ould Abbes Djamel, ministre de la Solidarité nationale, et M. Dahou Ould Kablia, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales étaient arrivés le lendemain matin pour s'enquérir de l'état des lieux du sinistre et prise de décisions adéquates : une célérité qui démontre que les enseignements étaient tirés de la réaction tardive lors du syndrome du séisme de Boumerdès du 21 mai 2003 et les inondations de Bab El-Oued survenues le 11 novembre 2001 où les autorités étaient prises à partie par la population affaiblie. Il s'agit d'une occasion pour le Gouvernement en place de réagir vite, bien et avec efficacité, synonyme de soigner son image de marque et relever sa crédibilité auprès de la population sinistrée en prime et devant l'opinion nationale consternée. Pour sa part, M. Ouyahia, en qualité de Chef du Gouvernement lors d'une conférence de presse tenue en la circonstance, a rassuré l'opinion publique expliquant que « la situation à Laalem est maitrisée ; l'Etat n'a ménagé aucun effort pour prêter assistance aux sinistrés de cette localité » a-t-il affirmé devant les médias. Dans la même vivacité et dynamique d'accomplir son devoir avec conscience professionnelle, il est à noter également le déplacement en urgence dans la même nuit sur les lieux du drame de M. Mustapha El Habiri, en qualité de directeur général de la Protection civile qui a guidé et supervisé lui-même, les équipes spécialisées en sauvetage et cynophile lors des opérations de secours. C'est pourquoi un important dispositif était mis en place : 18 ambulances mobilisées, 31 camions médicalisés et 410 agents s'étaient déplacés vers la région sinistrée, près de 1.000 agents équipés dont 50 de sexe féminin, s'étaient dépêchés vers le lieu du drame à partir de quinze wilayas limitrophes. Pour sa part, le Wali du Béjaïa, comme de coutume et fidèle à ses engagements professionnels, outre le plan Orsec déclenché en faveur des sinistrés, installait une cellule de crise pour acheminer les substances et denrées, le lot de matériel composé de 1.300 couvertures, 200 tentes et 300 lits de camps sur les lieux de ce profond tremblement de terre meurtrier de magnitude de 5,8 sur l'échelle de Richter selon le CRAAG. Comme photographie : il s'agit d'une piètre image ! Les maisons vétustes portées par les murs de pierres semblaient avoir cédé à ce choc géologique. Par contre, l'ossature de béton et de ferrailles avaient tenu le coup. La majorité des maisons étaient effondrées devenues inhabitables. Le dispositif mis en place en matière d'assistance avait fonctionné avec beaucoup de satisfaction, qu'il s'agisse de soutien moral justifié par la permanence et présence des autorités civiles et sécuritaires ou par le matériel déployé au profit des sinistrés. Sans toutefois oublier la solidarité et l'entraide affichées par des habitants hors du village, leur portée était beaucoup plus psychologique et moral que matériel en particulier pour la prise en charge des enfants en bas âge. Enfin, il est perceptible, qu'en dépit des promesses électorales tenues à chaque halte politique, les conditions socio-économiques et culturelles à Tamridjet demeurent aux signaux rouges. En termes simplistes, la caravane de développement lancée, tambours battants par le pouvoir central, demeure en panne aux virages vertigineux et successifs constituant le CW n° 17 pour grimper à Tamridjet située aux fins fond de la chaîne montagneuse des Bâbords : le chômage bat son plein, les routes en déroute, l'eau manifeste sa raréfaction, la jeunesse est désemparée et la culture est absolument absente. Si certains vivent péniblement, d'autres préfèrent s'exiler à l'intérieur et hors frontière du pays à la recherche d'un travail. Néanmoins, le retour au bercail est inéluctable du fait de l'ancrage et respect des liens familiaux et repères identitaires. Les retrouvailles durant les fêtes occasionnelles révèlent la pérennité des signes de solidarité ancestrale. Bien que la situation soit rétablie avec une nette amélioration par une prise en charge des sinistrés, on découvre que le seul espoir de ses villageois et ceux environnants résident en la réalisation d'une nouvelle route, engagée sans la maturation des études récemment sur un fonds de volontariat mais reste étique, à partir du territoire géographique du Melbou. Cet accès indubitablement réduira la distance et fait gagner à la population beaucoup du temps, sans toutefois omettre les avantages en matière d'investissements agricoles et d'élevage. Puisque une retenue collinaire naturelle se trouve à mi-chemin de cette future route, plutôt ouvrage d'art, d'autant plus que le projet fut réfléchi jadis durant l'existence du colonialisme et de surcroît son tracé dévoile des espaces verts et lieux touristiques inexplorés et possibilités d'implantation d'infrastructures d'investissements de prestations de services tels qu'un marché hebdomadaire de gros. Son parachèvement s'accomplit par l'implication des autorités locales, en prime l'inscription de l'étude, puis l'opération fera l'objet d'une procédure réglementaire et démarches administratives inhérentes à l'octroi d'une enveloppe budgétaire selon le seuil à une structure habilitée et puis la trajectoire d'attribution du marché verra le jour. Devant cette situation insoutenable, les autorités compétentes sont interpellées à plus d'un titre. En somme, une question d'un jeune nommé Djamel rencontré sur les lieux est affirmative : « Quand aurons-nous un ministère délégué aux villages ? » Donc, à cette interrogation seule, dévoile que le dénuement a atteint son paroxysme dans l'Algérie profonde. Le message est transmis. A bon entendeur !