La réunion de la commission mixte algéro-nigérienne, qui se tient à Niamey, répond à une volonté forte d'intégration régionale, a indiqué hier, l'expert économique et financier Idir Saci, qui a ajouté que ce rendez-vous, crucial pour les acteurs économiques, vise à concrétiser des projets structurants afin d'asseoir un partenariat Sud-Sud durable entre l'Algérie et le Niger. Dans ce cadre, l'expert a affirmé, lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, que « cette commission mixte existe depuis très longtemps, depuis le début des années 70 », ce qui traduit une tradition de dialogue et de coopération entre Alger et Niamey. Selon lui, cette continuité constitue « un atout majeur » pour faire avancer des projets structurants. Parmi les priorités abordées, le secteur de l'énergie occupe une place centrale. L'Algérie, déjà présente au nord du Niger dans l'exploration pétrolière, entend renforcer sa coopération dans ce domaine stratégique. « Le dossier énergie, c'est le dossier majeur », a affirmé M. Saci, mettant en avant « les perspectives offertes par le Gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l'Europe via l'Algérie. » Pour l'expert, ce projet d'envergure représente un levier de croissance majeur pour la région. Il estime qu'il s'agit d'une opportunité stratégique « gagnant-gagnant », capable de renforcer le statut de hub énergétique de l'Algérie tout en offrant au Niger une ouverture vers les marchés internationaux. Au-delà de l'énergie, les discussions portent également sur le développement des infrastructures, notamment la route transsaharienne et les projets ferroviaires. Ces chantiers visent, selon lui, « à désenclaver le Niger et à renforcer les échanges commerciaux ». « Le Niger est un pays enclavé, donc nous lui offrons une façade méditerranéenne », a indiqué l'expert économique et financier Idir Saci, insistant sur l'importance des corridors logistiques. La coopération ne se limite pas aux infrastructures. L'Algérie mise également sur le transfert de savoir-faire, notamment dans les domaines de la formation et de l'ingénierie. « C'est une approche gagnant-gagnant », a estimé M. Saci, relevant que cette démarche permet aux partenaires nigériens « de développer leurs capacités et d'assurer la pérennité de leurs projets. » Le secteur pharmaceutique figure aussi parmi les axes de coopération en pleine expansion. L'Algérie, qui a développé une industrie locale performante, ambitionne d'accroître ses exportations vers les pays du Sahel. Enfin, la création d'un corridor commercial entre l'Algérie et le Niger s'impose comme un levier stratégique pour fluidifier les flux de marchandises. Pour M. Saci, cette « première plate-forme » ne se limite pas aux échanges bilatéraux, mais ouvre une porte d'accès majeure vers l'Afrique de l'Ouest, marquant un pas décisif vers l'intégration économique continentale.