La concrétisation des trois méga-projets miniers structurants, Gara Djebilet (Tindouf, fer), Tala Hamza-Amizour (Béjaïa, zinc et plomb) et Tebessa (phosphates), les deux premiers lancés, le troisième en cours de lancement, traduit la volonté politique évidente en Algérie de valoriser les ressources minières du pays. La preuve en a été donnée ce jeudi par la réunion de travail consacrée au secteur des mines et de l'acier présidée par le Président Abdelmadjid Tebboune. L'Algérie veut renforcer les bases de la diversification de son économie pour la sortir de la dépendance aux hydrocarbures, démarche qui constitue l'essentiel de la stratégie de développement national. Les activités minières qui visent, au final, à améliorer la qualité de vie des Algériens, doivent tenir compte des exigences de la protection de l'environnement afin d'éviter leurs impacts sur la santé et la nature, principalement. En effet, aux enjeux économiques, en particulier industriels, ces projets ont également des enjeux environnementaux. Il en est ainsi de l'exploitation de la mine de zinc et de plomb située entre les communes d'Amizour et de Tala Hamza qui vient d'être lancée par le Premier ministre Sifi Ghrieb, chargé par le Président Tebboune au cours d'une cérémonie officielle, tenue au village d'Aït Bouzid, en présence d'une importante délégation ministérielle. Les capacités de production annoncées traduisent l'envergure industrielle du projet, avec une extraction annuelle estimée à 170.000 tonnes de zinc et 30.000 tonnes de plomb. Une telle production est appelée à répondre en priorité aux besoins de l'industrie nationale, tout en permettant de dégager des excédents destinés à l'exportation, renforçant ainsi la présence de l'Algérie sur les marchés internationaux des métaux. La mine d'Oued Amizour est considérée comme l'un des gisements les plus importants à l'échelle internationale. Exploitée par voie souterraine, elle repose sur un procédé consistant à extraire le minerai brut avant de le traiter pour en augmenter significativement la concentration. Ainsi, le taux de zinc ou de plomb passe d'un niveau initial d'environ 4 % pour le zinc et moins de 1,5 % pour le plomb à près de 60 % après traitement, traduisant une forte valeur ajoutée industrielle. L'apport de ce projet au développement national ne se fera pas au détriment de l'environnement. En effet, les autorités ont mis en place un dispositif environnemental structuré, visant à limiter l'impact du projet. La superficie occupée par la mine représente moins de 2 % du bassin versant de la région, réduisant ainsi les effets sur les ressources hydriques et les activités agricoles. Par ailleurs, le projet intègre un ensemble de mesures techniques visant à encadrer son impact environnemental. Celles-ci portent notamment sur la réutilisation des déchets miniers, qui seront mélangés à du ciment afin de remblayer les cavités souterraines, contribuant ainsi à la stabilité des galeries. Elles incluent également la mise en place de systèmes avancés de gestion de l'eau et des déchets, ainsi que la réalisation, à moyen terme, d'une station de traitement des eaux, destinée à garantir un contrôle rigoureux des rejets et à préserver les ressources hydriques de la région. Une approche progressive est également adoptée pour la gestion des eaux extraites, temporairement stockées et réutilisées dans les phases initiales du projet. Il en est de même du projet intégré de phosphate de Tébessa qui connaît une cadence de réalisation accélérée. Dès la fin du mois d'avril prochain, le gisement de Bled El Hadba, situé dans la wilaya de Tébessa, entrera officiellement en activité. On sait que ce projet vise à ériger l'Algérie en l'un des principaux exportateurs d'engrais phosphatés et azotés dans le monde. En effet, ce projet ''intégré'' vise non seulement l'extraction, mais aussi le traitement du phosphate. Avec des réserves estimées à plus de 3 milliards de tonnes de phosphate dans l'Est algérien, le pays se classe déjà parmi le top 10 mondial. Le site de Bled El Hadba, à lui seul, recèle environ 1,2 milliard de tonnes. Les dispositions de protection de l'environnement sont prises pour les différentes étapes d'extraction, de traitement et de valorisation du phosphate qui génèrent divers polluants (solides, liquides, gazeux, etc.) ainsi que des émissions de poussières et de bruit.