Les Etats-Unis ont voté contre l'adoption d'une résolution de l'ONU qualifiant l'esclavage des Africains de plus grave crime contre l'humanité, au motif que la traite transatlantique n'était pas illégale lorsqu'elle était pratiquée. C'est ce qu'indique une déclaration publiée sur le site de la mission américaine auprès des Nations unies. «Tout en reconnaissant les horreurs du passé, nous rejetons les déclarations historiques formulées dans cette résolution selon laquelle les faits historiques entre le XVe et le XIXe siècle constituaient une violation d'une norme impérative du droit, telle qu'entendue dans le droit international contemporain». Les Etats-Unis s'opposent également à «l'instrumentalisation cynique des injustices historiques comme levier de pression » visant à redistribuer les ressources en faveur de pays et d'individus «n'ayant qu'un lien éloigné avec les victimes historiques». Dans la même déclaration, la mission américaine a également été condamnée à toute tentative de « hiérarchiser les crimes contre l'humanité». En outre, les diplomates américains contestent le cadre temporel retenu, car «la traite des Africains a commencé bien avant le XVe siècle et s'est malheureusement poursuivie après le XIXe siècle». Le 25 mars, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution qualifiant l'esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de plus grave crime contre l'humanité. La résolution a été entériné par 123 voix pour, dont celles de la Russie et de la Chine, 3 contre (Argentine, Etats-Unis et Israël) et 52 abstentions, parmi lesquelles l'Arménie, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et l'Ukraine. Porté par le Ghana, au nom du Groupe des Etats d'Afrique, le projet de résolution coïncide avec la Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. La résolution souligne l'ampleur, la durée, le caractère systématique et la cruauté de la traite transatlantique, ainsi que ses conséquences à long terme. Elle vise à reconnaître l'injustice historique et à promouvoir une justice réparatrice sans établir de hiérarchie entre les crimes.n