Le 16 avril, Youm el Ilm, est célébré chaque année en souvenir de l'activité à caractère scientifique et culturel et surtout patriotique et anti colonial du Cheikh Ibn Badis (4 décembre 1889-16 avril 1940, Constantine) ainsi que son apport à la préservation de la personnalité nationale menacée par l'occupation coloniale. Il a été fondateur de l'Association des oulémas en 1931, dont l'action était inscrite dans le cadre du mouvement réformiste musulman, la ''Nahda'', qui voulait sortir le monde musulman de la domination exercée par la colonialisme. Ben Badis est à l'origine de l'ouverture d'écoles d'enseignement de la langue arabe avec la volonté de moderniser l'enseignement traditionnellement fourni par les écoles coraniques. En 1918, il ouvrit la première école destinée aux filles qui étaient à l'époque faiblement scolarisées. Ensuite les médersas de son Association assurèrent la mixité garçons et filles qui étudièrent ensemble. A titre de comparaison, à l'époque la mixité n'avait pas cours dans les écoles françaises. Le courage de Ben Badis réside dans le fait qu'il a eu affaire à l'hostilité de l'Administration coloniale, ce qui est normal, mais aussi des confréries maraboutiques et au sein de la société algérienne, aux milieux conservateurs et traditionnels qui voyaient d'un mauvais œil la modernisation du système d'enseignement destiné aux enfants musulmans. Pour Ben Badis, l'essentiel, était dans la diffusion du savoir. Ce n'est pas par hasard que la célébration de la date du 16 avril a été appelée Youm el Ilm. En effet, il était un fervent partisan de la diffusion du savoir dans la société algérienne marquée par les superstitions à l'époque et par l'ignorance imposée par le système colonial. Ben Badis a fait beaucoup pour l'enseignement de la langue arabe qui était marginalisée, voire exclue du système d'enseignement introduit par le colonialisme français qui voulait à tout prix faire dominer sa culture occidentale. Ben Badis était également pour la liberté du culte. Son association militait pour la séparation du culte et de l'Etat. Au plan politique, le nom de Ben Badis est lié à la Constitution, en 1936, après une préparation sans précédent (journaux, conférences, prises de position), du Congrès musulman dont il en était le président. Il s'agissait d'un mouvement revendicatif d'une ampleur sans précédent. Ce courant politique réunissait la majorité de la population. Sa lutte consistait en premier lieu à obtenir des réformes politiques. Ben Badis eut le mérite de mettre tout le poids de son autorité et de son prestige incomparable pour rassembler toutes les composantes du mouvement national qui luttait contre le colonialisme.