« Moudhakirati El akhira » (mes dernières mémoires), réalisé par Mohamed Ouali, dédié au parcours de lutte de la Moudjahida Louiza Ighilahriz, a été projeté, mercredi soir en avant-première à la cinémathèque d'Annaba dans le cadre du 6ème Festival du film méditerranée. Cette œuvre documentaire de 54 minutes raconte l'histoire de la Moudjahida Louiza Ighilahriz, dite Louisette, à travers un témoignage vivant qui met en lumière son parcours militant et révolutionnaire, en passant en revue les étapes de sa lutte et des souffrances qu'elle a subies pendant la glorieuse Révolution. Produit par le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit, le documentaire qui allie dimension historique et esthétique cinématographique, met en lumière des pratiques reflétant la décadence morale du colonisateur français. La projection, qui a eu lieu en présence de personnalités culturelles et historiques, dont l'historien français Benjamin Stora, a suscité une atmosphère tout en émotion, notamment lorsque le film donne à voir les atrocités subies par la Moudjahida, si bien qu'à la fin de la projection de nombreux spectateurs se sont levés en signe de respect et de reconnaissance. La Moudjahida Louiza Ighilahriz a indiqué, dans une déclaration à la presse, que de telles œuvres « sont nécessaires pour que la stricte réalité des faits soit rapportée afin de faire connaître aux générations le poids des énormes sacrifices consentis pour l'indépendance de l'Algérie ». Elle a également insisté sur le fait que la mémoire est « un bien précieux que nous devons préserver et protéger ». Le réalisateur du film, Mohamed Ouali, a souligné, quant à lui, que cette œuvre procède d'une démarche artistique et historique visant à préserver la mémoire nationale en documentant des témoignages vivants et en les présentant sous une forme audiovisuelle destinée à différentes catégories de la société. Pour Mohamed Ouali, « la mémoire se construit à travers ces témoignages ». Il a également fait savoir que la réalisation de ce film, dont les scènes ont été tournées en Algérie et en France, a nécessité « un important travail de recherche et de collecte de témoignages et de documents historiques, dans le but de présenter une œuvre alliant précision historique et dimension humaine ». FFMA : une 6e édition « exceptionnelle à tous points de vue » En marge du festival, le commissaire du festival du film méditerranéen d'Annaba, Mohamed Allal, a estimé, jeudi lors d'une conférence de presse, que la 6ème édition de cet événement était «exceptionnelle à tous points de vue», d'autant qu'elle a réussi à transformer la ville d'Annaba en «pôle du cinéma méditerranéen » et en « espace d'échange d'expériences entre créateurs». M. Allal a ajouté, lors de cette conférence de presse animée à l'hôtel Seybouse International d'Annaba quelques heures avant la clôture de cet événement, que le festival a «dépassé le cadre d'un événement artistique pour s'imposer en plateforme culturelle et en passerelle de rapprochement entre les peuples, tout en renforçant la position du cinéma algérien sur la scène méditerranéenne et internationale». Présentant le bilan de cette édition, le commissaire du festival s'est félicité du «succès des initiatives culturelles qui ont accompagné cet événement, dès lors qu'elles ont ouvert des perspectives prometteuses pour les jeunes talents». Ce succès, a-t-il ajouté, « fruit de cinq mois de préparatifs intensifs, a couronné un immense travail collectif ». Il a également considéré que l'interaction du public et la joie vécue par les familles et les habitants de la ville, y compris dans les rues, sont le «le plus grand et le véritable acquis de ce festival». Le commissaire du festival a renouvelé, en clôture de sa conférence, ses «remerciements au ministère de la Culture et des Arts, aux autorités locales, en particulier au wali d'Annaba, Abdelkrim Lamouri, ainsi qu'aux partenaires économiques et aux différents services qui ont contribué à sécuriser et à réussir ce rendez-vous culturel important». Il convient de noter que cette édition, marquée par une large participation internationale, et par des ateliers de formation et de nombreuses activités culturelles associées, sera couronnée par la remise des prix aux œuvres lauréates lors de la cérémonie de clôture prévue dans la soirée de jeudi au théâtre régional Azzedine-Medjoubi. R.C