Le 1er mai, journée internationale de lutte pour les travailleurs du monde entier, trouve ses origines dans les luttes ouvrières du XIXe siècle pour la journée de 8 heures aux Etats-Unis. À Chicago, le 1er mai 1886, une grève générale pour la journée de huit heures de travail, suivie par 400.000 salariés, avait paralysé un nombre important d'usines. Les patrons s'y étaient opposé. La répression a fait plus de dix morts. Cinq syndicalistes ont été condamnés à mort et pendus. En 1889, le 1er Mai est devenue la journée internationale de lutte pour les travailleurs du monde entier. Dans l'Algérie sous occupation coloniale française, la manifestation du 1er mai 1945 a marqué l'histoire de la lutte anticoloniale. A l'appel du PPA, le cortège de travailleurs était parti de la place du Gouvernement (aujourd'hui place des Martyrs) et de la Basse-Casbah, pour rejoindre, devant la Grande-Poste, le cortège de la CGT. Les consignes données étaient très strictes : pas d'armes, «pas même une épingle», avaient formellement recommandé les dirigeants pour éviter toute provocation. Les mots d'ordre lancés ont été précis et peu nombreux. L'un d'eux proclamait : «Liberté pour tous» et un autre qui revient très souvent demande la libération des détenus politiques et notamment celle de Messali Hadj. Les témoins ont rapporté : « Au cours de la manifestation, jaillit tout à coup de façon plus ou moins spontanée, un cri libérateur, scandé bientôt par la foule tout entière : «Yahia El Istiqlal !» (Vive l'Indépendance) et, soudain au-dessus des têtes, le drapeau algérien interdit est brandi. «Dans la rue d'Isly (actuelle rue Larbi Ben M'hidi), à la hauteur du Casino, tout près du siège de la Xème Région militaire (de l'armée française, à l'époque), les forces de l'ordre barrent la route au cortège. Et, brusquement, sans semonce, les policiers ouvrent le feu. Les pavés se tachent de sang. Un des responsables de la daïra (district) du PPA, Mohamed Belhaffaf, est tué par l'une des premières rafales. Trois militants, Abdelkader Ziar, Mohamed Laïmèche et Ahmed Bouguemallah, sont eux aussi mortellement touchés. Sept autres, emportés par des amis, ne survivront pas à leurs blessures. Des dizaines d'hommes ensanglantés, soutenus par des manifestants valides, tentent de trouver refuge dans les couloirs et sous les portes cochères des immeubles avoisinants. Après le 1er novembre 1954, il n'y a pas eu de célébrations du 1er Mai en Algérie, jusqu'à l'indépendance. Les manifestations du 1er Mai reflèteront, ensuite, leur contexte, progressiste ou de régression. En 1963, dans le défilé du 1er mai, la participation est massive dans les deux cortèges qui partent, sous une pluie fine, l'un de la place des Martyrs et l'autre du Ruisseau (El Anasser).