Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
L'importance de l'OPEP+ dans la régulation du marché énergétique et quels impacts le retrait des Emirats arabes unis sur l'organisation ? Crise énergétique mondiale
A compter du 1 mai 2026, les Emirats arabes unis, ont décidé de quitter l'organisation l'OPEP, étant un poids lourd puisqu'ils sont le troisième pays producteur de pétrole de l'organisation (derrière l'Arabie saoudite et l'Irak) avec entre 3,6 et 3,9 millions de barils produits chaque jour, et n'étant plus soumise au quota pouvant produire 5 millions de barils par jour. Il me semble utile d'abord de préciser que la production d'un pays est l'addition du volume des exportations et du volume de la consommation intérieure : exemple pour l'Algérie la consommation intérieure représente entre 40-45% de la production totale. Pour comprendre l'impact du retrait des Emirats arabes unis de l'OPEP, il me semble utile de dresser la carte pétrolière mondiale où, en 2025, la production mondiale de pétrole s'établit autour de 106,1 millions de barils par jour portée par l'OPEP+, le Moyen-Orient et l'Amérique latine et la consommation mondiale de pétrole, toujours en 2025, a atteint environ 103,9 à 105,7 millions de barils/jour. Avant les évènements au Moyen-Orient, le marché s'orientait vers un surplus structurel, avec une offre qui augmente (+3 Mb/j), plus rapidement que la demande, principalement portée par les pays hors OCDE, alors que pour 2026, du fait des tensions au Moyen-Orient, nous assistons à un processus inverse. 1.-Les 12 pays membres de l'OPEP sont, par ordre de production : L'Arabie saoudite : 11,4 Mb/j de pétrole en 2023, soit 11,8% de la production mondiale de pétrole ; L'Iran : 4,7 Mb/j en 2023, 4,8%) L'Irak : (4,4 Mb/j en 2023, 4,5%) Les Emiraties arabes Unis 3,9 Mb/j en 2023, 4,1%) ; Le Koweït : 2,9 Mb/j en 2023, 3%) ; le Nigeria : 1,5 Mb/j en 2023, 1,6%) ; L'Algérie : 1,4 Mb/j en 2023, 1,5%) La Libye : 1,3 Mb/j en 2023, 1,3%), premier réservoir en Afrique plus de 45 milliards de barils) ; Le Venezuela : 0,9 Mb/j en 2023, 0,9%); Le Congo : 0,3 Mb/j en 2023, 0,3%) ; Le Gabon : 0,2 Mb/j en 2023, 0,2%) ; La Guinée : Equatoriale 0,09 Mb/j en 2023, 0,1%). L'Angola, l'Equateur et l'Indonésie ont quitté l'organisation. 2.-Pour les pays OPEP+, nous avons les non membres de l'OPEP par ordre de production : La Russie : 11,1 Mb/j de pétrole en 2023, soit 11,5% de la production mondiale de pétrole) ; Brésil : plus de 3 Mb/j). l a rejoint l'alliance élargie OPEP+ en février 2025 ; Le Mexique : 2,0 Mb/j en 2023, 2,1%) ; Le Kazakhstan : 1,9 Mb/j en 2023, 2%) ; Oman 1,05 Mb/j soit en 2023, 1,1%) ; L'Azerbaïdjan : 0,6 Mb/j en 2023, 0,6%) ; La Malaisie : 0,6 Mb/j en 2023, soit 0,6%) ; Le Bahreïn : 0,2 Mb/j en 2023, 0,2%) ; Le Soudan du Sud : 0,1 Mb/j en 2023, 0,2%) ; Brunéi : 0,09 Mb/j en 2023, 0,1%) ; Le Soudan : 0,06 Mb/j en 2023, 0,1%). Ces données de 2023 reflètent la tendance générale et ont légèrement changé entre 2024/2025 ou fin 2025, la part de production des pays membres de l'OPEP produisent environ 34 % à 35 % du pétrole brut mondial et si on inclut les alliés (OPEP+), le groupe contrôle plus de 40 % à 50 % de la production mondiale de pétrole brut et de liquides de gaz naturel, selon les estimations de l'Agence Internationale de l'Energie. En avril 2026, l'OPEP+ a amorcé un retour progressif de sa production, décidant d'augmenter ses quotas de 206 000 barils par jour (bj) à partir du mois de mai 2026 et cela concerne huit pays l'Arabie Saoudite, l'Irak, l'Algérie, les EAU, le Koweït, le Kazakhstan, Oman, la Russie, cette décision s'inscrivant dans le cadre de la réduction progressive des coupes volontaires de 1,65 million de barils par jour initialement décidées en avril 2023. 3.-Les principaux producteurs hors OPEP+ qui ne sont pas soumis aux quotas sont Les Etats-Unis : premier producteur mondial (env. 22 Mb/j, incluant pétrole brut et liquides). Canada : 4ème ou 5ème producteur mondial, avec une production importante de sables bitumineux (environ 5 Mb/j). Chine : important producteur (environ 4-5 Mb/j), bien que très dépendant des importations. Norvège : principal producteur d'Europe de l'Ouest environ 2 millions de b/j. Argentine, environ 1 million b/j Colombie 800.000b/j. Royaume-Uni : 730.000 b/j. 4.-Les tensions énergétiques actuelles avec un baril de Brent dépassant, le 29 avril 2026, 111 dollars, et 99,99 dollars pour le Wit -Premièrement: l'importance du Moyen-Orient qui concentre environ 3.5/40 % des réserves prouvées mondiales d'hydrocarbures. Pour le pétrole nous avons l'Arabie saoudite environ 262,7 milliards de barils, soit un quart des réserves mondiales., Irak : ~112,5 milliards de barils., EAU : ~97,8 milliards de barils. Koweït : ~96,5 milliards de barils. Iran : ~93,1 milliards de barils. Nous avons 40% des réserves mondiales de gaz dont Iran : 32 100 milliards de m3 (fin 2020), le Qatar : 24 700 milliards de m3, l'Arabie saoudite 9800 milliards de mètres cubes gazeux, les Emiraties une moyenne de 7000 milliards de mètres cubes gazeux et l'Irak 3500 milliards de mètres cubes gazeux Deuxièmement, les tensions sur le transport maritime épine dorsale de l'économie mondiale, acheminant plus de 80 % à 90 % des marchandises échangées dans le monde en volume et environ 55/60% en valeur, d'une part les pressions sur le détroit de Bab el-Mandeb, mer Rouge qui concentre 12 % du commerce mondial de marchandises, une voie de transit qui concentre 30% du trafic mondial de conteneurs et environ 8% de produits pétroliers. D'autre part, la fermeture du détroit d'Ormuz qui constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen-Orient avec les marchés asiatiques, européen et nord-américain, tant par l'Iran que les USA qui a étendu le blocus aux exportations iraniennes qui ne dépendent pas du détroit d'Ormuz mais de l'île de Kharg (ou Khârg) située dans le nord du golfe Persique, qui est le principal terminal d'exportation de pétrole, traitant environ 90 à 95 % du brut du pays. En conclusion, la décision des Emiraties de se retirer de l'OPEP après le retrait de l'Indonésie, l'Angola ou le Gabon, le Qatar ayant quitté l'Organisation en janvier 2019, pourrait impacter la puissance de l'alliance à contrôler le marché. Et si l'Iran autre poids lourd se retirait ? Abderrahmane Mebtoul Professeur des universités