Accueil des agriculteurs et éleveurs pour la prise en charge de leurs préoccupations    L'ouverture du détroit d'Ormuz comme solution au conflit ?    L'intelligence artificielle et la 5G au cœur du métier journalistique    Refus de Washington de renouveler le Traité Start III des armes nucléaires    « L'Iran peut couler tous les navires américains dans le golfe Persique »    « Il faut mettre fin à la guerre dans le monde »    Distinction des détenus lauréats de divers concours    Mouloudji met en avant la méthodologie scientifique pour l'efficacité de l'action de solidarité    Une famille sauvée d'une intoxication au monoxyde de carbone à Yellel    Promouvoir la place du savoir    Signature d'une convention de coopération entre l'Université d'Alger 2 et la Cinémathèque d'Alger    18 artistes de plusieurs pays à la 2e édition à Mila    Ligue 2 (27e journée) : Bataille serrée pour les play-offs à l'Ouest    Le MCA brutalement stoppé à Constantine    CFR Cluj : Slimani résilie son contrat à l'amiable    Les supporters sénégalais face à une impasse judiciaire et diplomatique    Les partis politiques se mobilisent    Début de la révision exceptionnelle des listes électorales    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un constat lucide qui contraste avec les d?clarations euphoriques
Impact de la crise financi?re et la baisse des cours du p?trole
Publié dans La Nouvelle République le 24 - 12 - 2008

1.- Pour la première fois, depuis la crise financière mondiale, le gouverneur de la B anque d'Algérie, structure dépendante de la Présidence de la république, donne un constat lucide sur les impacts de la baisse du cours du pétrole sur le financement futur de l'économie, si l'on devait maintenir le même rythme du montant de l'investissement que durant les années 2007/2008.
Avec le fonds de régulation - 4 192,5 milliards de dinars, à fin novembre 2008, qui représente le solde budgétaire en dinars - (ce dernier n'étant pas convertible, l'Algérie exportant 98% d'hydrocarbures et important presque tout), l'excédent de liquidités des banques, évalué à 2 418 milliards, et les réserves de change, estimées à 138,345 (solde en devises, à travers la balance des paiements), selon le gouverneur de la Banque d'Algérie ce financement public peut durer deux (2) années, selon un cours entre 30/35 dollars, mais partant de l'hypothèse de la stabilité du dollar et de l'inflation mondiale. Car, un cours de 40 dollars, corrigé par une inflation annuelle de 3% et un dérapage de 30% du dollar, nous donnerait moins de 25 dollars le baril, et 12,5 dollars pour le gaz, pour un même volume. Ce diagnostic du gouverneur, en date du 21 décembre 2008, contraste avec les déclarations de certains responsables qui déclaraient, publiquement, que la crise ne concernait pas l'Algérie, avant de se rétracter, tant de Karim Djoudi, ministre des Finances, qui parlait de 4 années, de Abdelatif Benachenhou, ex-ministre des Finances, qui stipulait sur 5 années (fin 2014), ou d'autres (irresponsables), que la crise ne nous toucherait pas, même avec un cours du baril de 15 dollars, nous faisant penser au discours d'un ex-Premier ministre, au lendemain de la crise de 1986. Cela rejoint, donc, mes analyses, largement diffusées au niveau national et international depuis août 2007, date de la crise des prêts hypothécaires, où j'émettais l'hypothèse que si la crise devait persister au-delà de deux années, les tensions budgétaires pouvaient se manifester en juin 2011, pour un cours de 50/55 dollars, en supposant une stabilité du dollar, et fin 2010 pour un cours variant entre 30/40, étant entendu qu'un dérapage simultané du dollar (inévitable, d'ailleurs, durant l'année 2009/2010) et du cours du brent avancerait les échéances. Durant les 11 premiers mois de 2008, l'Algérie a importé pour 34,16 milliards de dollars, contre 24,96 milliards de dollars en 2007, soit une hausse de 36,87%, allant vers 40 milliards de dollars clôturé au 31/12/2008, sans tenir compte des transferts des dividendes (y compris les associés de Sonatrach) et les transferts des services, qui commencent à prendre une part croissante, devant dépasser, certainement, les 50 milliards de dollars de transfert pour 2008. Le besoin de financement sera d'autant plus important, entre 2009/2014, qu'existe une crise de liquidités au niveau mondial et, surtout, que la nouvelle politique économique du gouvernement, y compris au sein de Sonatrach, impose une participation majoritaire de l'Etat dans tout acte d'investissement.
2-. Or, la crise risque de perdurer, avec des ondes de chocs pouvant aller jusqu'à 2012/2014, s'il y a légère reprise fin 2010/courant 2011. L'élément fondamental est, donc, la récession de l'économie mondiale où, selon le dernier rapport de la Banque mondiale, de décembre 2008, la croissance économique mondiale ne dépassera pas 0,9% en 2009, la croissance se situant à 4,5%, dans les pays en développement, prévision nettement inférieure au précédent, établi au mois de juin 2008, où la croissance mondiale prévue était estimée à 3% et à 6,4% dans les pays en développement, et également inférieures à celles du Fonds monétaire international du 6 novembre (2,2% de croissance mondiale, 5,1% dans les pays en développement).
Car, l'erreur stratégique de certains experts de l'OPEP a été de penser que la demande serait tirée par l'Asie (Japon et Chine), qui connaissent une récession importante. Cela explique que la décision prise par l'Opep, lors des trois dernières réunions, de baisser sa production de pétrole de 520 000 barils par jour, de 1,5 million de barils jour et de 2,2 millions de barils jours, l'offre s'établissant, théoriquement, à 24,845 millions de barils jours avec une baisse totale, depuis le début 2008, à 4,2 millions de barils jours, n'ont pas réussi à freiner la baisse des cours, qui avaient atteint le pic de plus de 147 dollars le baril. Par là, une chute du cours du brent, le prix de cession du gaz déjà sous évalué de 50% par rapport au cours du brent. Tout en n'oubliant pas que durant la période 2010/2020 se met en place, certes lentement, un nouveau modèle de consommation énergétique, et ce serait une erreur stratégique de raisonner en termes de modèle de consommation énergétique linéaire, oubliant les cycles énergétiques depuis que le monde est monde, passage par exemple, de la prédominance des hydrocarbures au lieu du charbon et, surtout, de la non prise en compte de la politique énergétique du président Barak Obama, qui sera déterminante vis-à-vis de l'évolution du cours du pétrole. Car, le programme du nouveau président US est bien de mettre fin à la dépendance énergétique, en pétrole, des Etats-Unis vis à vis du Moyen Orient, donc, de l'OPEP, d'ici à 10 ans, tout au plus d'ici 20 ans, ainsi que de l'influence russe à travers la stratégie de Gazprom, avis partagé par l'Europe. La généralisation des nouvelles technologies, rentables également pour l'Asie, qui possède le savoir faire, à 80/90 dollars 2010, à moins de 60 dollars horizon 2015, et à moins de 40/50 dollars horizon 2020, et ce aux prix constants 2008.
Les investisseurs potentiels, à l'instar de l'abandon partiel du charbon pour les hydrocarbures, la décennie passée, anticiperont donc, de nouveau, un modèle de consommation pouvant assister à un désinvestissement dans ce segment, le pétrole devenant, non plus une arme politique dominante, mais une énergie comme une autre, en diminution relative horizon 2020. Cette tendance, anti-pétrole, de la nouvelle gouvernance américaine est confirmée par la nomination du prix Nobel de physique (1997), Steven Chu, pour occuper le poste de secrétaire à l 'Energie, celui-ci étant un partisan, affirmé, de la recherche d'énergies renouvelables et alternatives.
3.- Aussi, la marge de manœuvre financière de l'Algérie, face à cette crise, entre 2009/2010, est étroite, d'où l'urgence de réorienter toute la politique socio-économique, du passage d'une économie de rente à une économie hors hydrocarbures, qui doit se fonder sur une meilleure gouvernance et la valorisation du savoir, pilier du développement du XXIe siècle. Au cours de 50 dollars, les recettes de Sonatrach s'établiraient à 37 milliards de dollars, et à un cours de 40 dollars à, environ, 30 milliards de dollars, montant duquel il faut soustraire entre 15 et 20milliards de dollars d'autofinancement, et le transfert des associés, ce qui reste peu pour le montant versé au Trésor public à des fins d'investissement. Le montant sera d'autant plus faible, avec la dépréciation du dollar, où l'Algérie serait triplement pénalisée : baisse de la valeur des recettes, en termes réels hydrocarbures, hausse de la facture des importations en euros, baisse de la valeur des réserves de change libellées en dollars,en termes de pouvoir d'achat euros, dont les bons de Trésor.
En annonçant des dépenses publiques variant entre 100 et 150 milliards de dollars, entre 2009/2014 (la différence de 50 milliards de dollars est énorme), le gouvernement reconnaît qu'il va y avoir restrictions budgétaires puisque, pour la première hypothèse, cela représenterait 40% des dépenses de 2004/2008, évaluées à environ 200/240 milliards de dollars, et 60% selon la seconde hypothèse qui, certainement, se fonde sur un cours de 60 dollars le baril. Aussi, devant la gravité de la situation s'impose un discours de vérité et, surtout, d'éviter les contradictions actuelles au plus haut niveau du sommet de l'Etat.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.