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La fascination des chiffres
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 25 - 06 - 2009

«Quand on n'est pas intelligible, c'est qu'on n'est pas intelligent». Victor Hugo
Les responsables des administrations centrales que sont les ministères ont découvert la magie des chiffres qui exercent une réelle fascination sur des locuteurs qui déversent chaque jour des chiffres à n'en plus finir. Les budgets, la construction de logements, l'emploi des jeunes et des moins jeunes, les abonnés à la téléphonie mobile dans laquelle bien malin qui s'y retrouve, les TIC devenus bel et bel des tics de langage, tout est bon pour dire des chiffres et des chiffres. Or ces derniers, c'est bien connu, sont dénués de parole. On peut leur faire dire tout et son contraire. Ils sont toujours hissés haut, contredits, tenus en suspicion, manipulés et aucune source en Algérie n'est au-dessus de tout soupçon.
Mais dans la vie de n'importe quel pays, les chiffres, les courbes, les statistiques, les prévisions chiffrées, la valeur réelle de la monnaie nationale constituent des données stratégiques dans la vie économique, culturelle, sociale, etc. A la seule condition qu'elles soient vraies, certifiées par des sources qui font consensus par leur sérieux, leur compétence et leur neutralité vis-à-vis du pouvoir et de l'opposition. Ces deux versants d'une même médaille nationale doivent être éclairés de la même manière, car ils sont le pays par la vertu de l'alternance aux affaires et la défense partagée d'intérêts supérieurs.
Aujourd'hui, d'énormes chantiers déterminants pour les décennies prochaines remplissent les journaux et l'ordre du jour de réunions algéro-algériennes et d'autres autour de l'adhésion à l'UE, à l'UPM, du Maghreb, de la coopération interafricaine et avec d'autres pays de continents lointains qui tirent la croissance mondiale. A ne pas confondre avec l'installation d'un revendeur de meubles français. Ce qui ne sera qu'un importateur de plus, même s'il associe avec un Algérien au-dessus de tout soupçon.
Ces chantiers d'envergure qui vont jusqu'à l'énergie salaire et la fabrication d'essence sans plomb, ce qui est bon pour l'environnement dans un pays chaud lui aussi frappé par le réchauffement de la planète, demandent bien entendu une prospective, donc des tonnes de chiffres. Cependant, au-delà des courbes nécessaires, il y a l'essentiel. Ce dernier se compose d'une ambition, d'une politique, d'un plan, du mariage privé/public, de financements, d'une charte esthétique selon les contours physiques et le climat par région... L'esthétique, la qualité des cadres de vie et de travail, de loisirs et de culture, la verdure, les parcs et piscines, des arbres dans les cités populaires, tous ces aspects indispensables au quotidien des gens sont absents, sinon anecdotiques dans des espaces réservés. Et ce n'est pas par hasard que M. Bouteflika les évoque jusqu'au détail dans son message aux artistes le 8 juin dernier.
Les industries culturelles sont programmées, si l'on saisit le contenu du message cité plus haut, et si l'on comprend que la routine administrative ne peut produire que ce qu'elle connaît, selon le même logiciel depuis le démantèlement du secteur public en matière de films et de productions audiovisuelles. Le débat et les négociations entre les pouvoirs publics et le privé national, qu'il faut juste convaincre de la rentabilité et par des facilitations négociées dans des cahiers des charges qui balisent des industries culturelles, sont arrivés à maturité, semble-t-il. L'image d'investisseurs nationaux réduite au fast-food et à l'importation de pétards et de vaisselles chinois est plus que périmée. Elle caractérise la défense archaïque de rentes bureaucratiques pour justifier l'existence et les «petits profits» d'une faune tapie dans les ministères et des établissements publics qui «roulent» pour de minuscules semaines et des festivals entre officiels fascinés par les caméras de l'ENTV, en attendant le prochain tour de piste.
L'autre chantier qui revient régulièrement depuis des décennies dans des colloques et réunions, qui hante les pages des journaux, est relatif au tourisme à destination des nationaux et des étrangers. Le tourisme, celui qui est porteur de l'image renvoyée par un pays, qui génère des emplois, des recettes en dinars et en devises, du plaisir, de l'ouverture et de la tolérance, n'est envisageable qu'au million de visiteurs étrangers. Ces derniers, qui font le tourisme de masse en Tunisie, en Turquie, en France, en Espagne et d'autres destinations en Méditerranée prisées par les Algériens, ne sont pas concernés par les palaces ou les cinq-étoiles qui ont d'autres clientèles. C'est dans le pays profond que se trouvent de magnifiques sites et patrimoines, qu'il faut vendre ici et à l'étranger.
Un tourisme de masse n'implique pas le seul ministère en charge du secteur qui, dans aucun pays touristique, ne fait seul le travail, la promotion et la rentabilité d'une destination. Une série de ministères, les collectivités locales, les services publics (transports - eau et gaz - électricité et hygiène - commerces de proximité ouverts jour et nuit, y compris le vendredi - salles de spectacle et de loisirs - taxis, etc.), une population tolérante qui sait où sont ses intérêts, tout un pays travaille dans une synergie bien comprise pour qu'une société garde les siens et attire des millions d'étrangers. Les petits hôtels coquets, des campings haut de gamme, des chalets de montagne, des structures adaptées au désert font plus que le quatre ou cinq-étoiles dans de grandes villes étouffées par la pollution et la circulation, où le taxi fixe le prix et la direction du client.
Tourisme, culture, loisirs et hospitalité intéressée ou pas vont ensemble. Il y a donc des initiatives politiques audacieuses à mener, sachant que dans un passé récent, l'Algérie offrait le visage d'une république menacée par un intégrisme des plus barbare, qui tue encore chaque jour. Une décennie entière et plus a vu des Algériens tuer d'autres Algériens par milliers. Des crimes contre l'humanité ont été commis sur une terre qui a pourtant connu d'autres massacres de masse. Il y a sûrement des leçons à tirer, des choix de société structurants à faire qui sont en dehors de chiffres que tous les régimes de la terre affichent pour des raisons diverses. Les semences du mal sont encore là et rien ne sert de se voiler le visage pour trouver des équilibres toujours instables qui reproduiront tôt ou tard d'autres tragédies dans un monde où la fragilité intérieure fait le lit d'autres colonialismes soft mais aussi vampires que ceux du passé récent.
Les barrages contre toutes les intolérances existent dans la Constitution algérienne, dans les énormes potentialités politiques et intellectuelles, qui imposent à tous le respect et la protection des croyances, de la vie privée, des convictions politiques et philosophiques... Ces fondements basiques universels font les grandes économies et les grandes nations qui dirigent le monde parce qu'elles fédèrent leurs énergies sans se soucier du régime alimentaire des citoyens, sauf lors des campagnes d'utilité publique contre les pandémies et épidémies. Rejoindre les premiers ou suivre les diseurs de fetwas et de bonne aventure ? Et dire qu'il y a des hésitations ou de faux calculs !


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