Covid 19 : L'Algérie projette l'exportation du vaccin « CoronaVac » vers les pays africains    Corruption : Hamid Melzi condamné à 5 ans de prison ferme    Bendjemil à la tête d'un directoire    Alex Ferguson compare Ronaldo à une grande figure historique    Tlemcen : La Cacobatph prend des mesures au profit des opérateurs économiques    Khellaf directeur de cabinet de la présidence, Aggoune porte-parole    Bientôt un recensement démographique et économique    Bekkaï veut une révision des prix des billets d'avion pour le Sud    Perspectives prometteuses dans la culture du colza    Dispositif d'aide à l'insertion professionnelle pour plus de 1 000 jeunes    Libye et Mali au menu des discussions de Lamamra avec le SG de l'ONU    L'ultimatum de Mahmoud Abbas à l'Etat d'Israël    Le Premier ministre accuse la France d'un «abandon en plein vol»    Une majorité de femmes au Parlement en Islande    La gauche radicale lance sa campagne à Johannesburg    Le procès en appel ajourné pour absence de certains témoins    L'épreuve des signatures    Le Malien Yacouba Doumbia débarque à Tizi    Les Académiciens en stage à Annaba    Lancement prochain de la réalisation d'une première gazonnière en Algérie    Le sort du RAJ connu ce mercredi    La distribution du livre scolaire pose problème    Les comités de quartiers expriment leurs préoccupations    Il frappe son père à coups de couteau, l'agresseur écroué    Drame en haute mer    Un monodrame algérien sélectionné    Débat avec Saïd Boutadjine    Actuculte    Vaste campagne de nettoiement des sites touristiques à Djanet    Tournoi de Toulon : La sélection algérienne des U20 présente    Forêt de Coca: Un jeune découvert pendu à un arbre    Prises de conscience    Faute de pain, nous mangerons des gâteaux !    Législatives à suspense pour la succession de Merkel    Appel à la participation au dialogue inclusif    L'Algérie crée un dispositif d'information passagers    Les locales de toutes les interprétations    Mohamed Loukal, placé sous mandat de dépôt    La réhabilitation du palais du Bey relancée    Les « solutions » du ministère    La recette du Président    "Une priorité" pour Aïmene Benabderrahmane    Faut-il une nouvelle loi?    Belmadi en mode mondial    Mbappé - Neymar, soirée de mésententes    Au moins 50 morts dans des combats près de Marib    «Ma ville, ma vie, ma bataille...»    Le casting du futur film d'animation se dévoile enfin    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Rabat a cédé, Madrid est affaibli: Aminatou Haidar a vaincu les raisons d'Etat
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 19 - 12 - 2009

Qui a gagné et qui a perdu après trente-deux jours de bras de ferentamé par une décision de bannissement aux conséquences non calculées ? La victoire d'Aminatou Haidar est éclatante, l'échec de Rabat est patent. L'Espagne de Zapatero s'est discréditée en se faisant complice avant de faire machine en arrière.
Aminatou Haidar est rentrée à la maison. «C'est un triomphe du droit international, des droits de l'Homme, de la justice internationale et de la cause sahraouie», a-t-elle déclaré au moment de prendre l'avion médicalisé qui la ramenait chez elle. C'est aussi le triomphe d'une volonté opiniâtre, la sienne, de ne pas céder devant l'arbitraire, même au prix de sa vie. Le Maroc, tablant sur la complaisance habituelle des Etats occidentaux, a dû céder. Mme Haidar rentre chez elle, sans faire allégeance et sans présenter des excuses à l'occupant. Si le Maroc a cédé, c'est que même les Etats occidentaux se sont retrouvés acculés devant cette dame frêle qui mettait sa vie en péril et interpellait, avec un succès remarquable, les opinions publiques. Que Mme Haidar rentre chez elle était la seule et unique solution. Le gouvernement espagnol de Zapatero - qui avait été informé préalablement de «l'expulsion» de Mme Haidar, confirmant sa complicité initiale avec Rabat - a compris, le premier, qu'il n'y avait pas d'autres solutions. La mobilisation de l'opinion espagnole, qui n'oublie pas la responsabilité historique de l'Espagne, a été importante. Le gouvernement espagnol a tenté de se dépêtrer du problème en exerçant des pressions sur Mme Haidar avant de comprendre que cela ne servira à rien. Il s'est résolu à demander au Maroc de revenir sur sa décision. Mais Madrid a découvert qu'il n'était pas entendu par les Marocains. Il a fallu une menace de résolution du Parlement européen, l'intervention de la France auprès de son protégé, les «conseils» des Américains pour que le Maroc cède. La communication marocaine tend clairement à Nicholas Sarkozy le «gain» de la décision et non à Madrid.
L'Espagne de Zapatero n'est plus un élément de la solution
Le gouvernement socialiste espagnol, qui prend au début de l'année 2010 la présidence de l'Europe et aspire à relancer l'UMP, sort affaibli par cette affaire. Au plan intérieur, il doit se justifier de sa complicité avec le Maroc puisqu'il se confirme que Moratinos a été informé préalablement par son homologue marocain de «l'expulsion» de Mme Haidar. Au plan international, son alignement total sur les positions du Maroc affaiblit son rôle dans la quête d'une solution au problème du Sahara Occidental. Madrid est désormais sur le même plan que Paris sur la question du Sahara Occidental dont la partialité, claire et assumée, la rend inapte à jouer un rôle. La situation est encore plus aggravée pour Madrid en raison de son statut d'ancienne puissance occupante au Sahara. Le gouvernement de Zapatero n'est plus un facilitateur d'une solution, il est un élément du problème. Le Maroc a également perdu dans cette affaire où Mme Haidar est rentrée chez elle, sans condition. Rabat découvre que les soutiens occidentaux ne sont pas suffisants pour lui permettre d'imposer l'arbitraire. Aminatou Haidar a mis ces Etats occidentaux face aux opinions publiques et les a contraints à peser sur le Maroc. On aura beau se lancer dans des discours de circonstances faisant valoir les «aspects humanitaires», ainsi que le fait Paris, le combat de Mme Haidar a révélé le grand outrage fait au droit international.
Symbole vivant
Les Occidentaux ont donc fait valoir auprès de Rabat que la bataille était perdue. Et qu'en choisissant de bannir Mme Haidar - dans le pur style des anciennes administrations coloniales -, il mettait la question du Sahara Occidental à la une des médias internationaux. Le plan d'autonomie marocain, que les Occidentaux veulent imposer par la pression comme étant une solution respectueuse du principe de l'autodétermination, est frappé de discrédit. Quand on veut imposer aux Sahraouis l'allégeance forcée au roi - et c'est ce que révèle l'affaire Haidar - même ceux qui aiment pervertir le droit international ont de la peine à trouver des arguments. En 32 jours d'une grève de la faim opiniâtre, Mme Haidar a amené les médias internationaux à s'intéresser, et souvent avec sympathie, à la question sahraouie. Ce n'était assurément pas le but recherché par Rabat. Madrid a compris rapidement que Mme Haidar était dans une stratégie de rupture. Et que face à une femme qui a décidé de mettre sa vie dans la balance, la partie était politiquement et médiatiquement insoutenable. Rabat a mis trente-deux jours pour le comprendre. La frêle Aminatou Haidar pouvait perdre la vie sans perdre le bras de fer qui a été entamé par la décision arbitraire de l'empêcher de rentrer chez elle. Elle est désormais un symbole vivant du combat indépendantiste des Sahraouis.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.