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Algérie : la paix (relative) de l'Immobile
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 26 - 11 - 2015

C'est aujourd'hui l'aubaine : l'isolationnisme économique algérien lui a valu d'être préservé des effets dominos des crashs financiers du reste du monde. Et le régime nous a bien vendu son ankylose comme vertu visionnaire. L'exception algérienne lui a valu d'enjamber le printemps «arabe» et le régime a vendu cela au reste du monde comme effet de nos anticipations et avant-gardisme dans les révolutions. Aujourd'hui, il s'agit de sécurité : dans le vacarme des morts, l'Algérie ressemble à une île de quiétude : presque pas d'attentats, ni de Daech sauf sur les plages et dans les têtes, pas de menaces sauf lointaines, aux frontières. Cela va faire l'essentiel de la propagande à venir. Les courtisans crient déjà : «Nous avons vu juste et Bouteflika a sauvé le pays». En l'immobilisant. Du point de vue technique, le pays est bien sur «safe» : sa maîtrise des groupes terroristes est parfois réelle, parfois due à la bénédiction des ancêtres. Son discours sur le traitement du mal du siècle est bon et son savoir-faire contre le savoir-tuer de ces groupes est sous-traité comme une bonne expérience antiterroriste dans le monde.
Vertu des ancêtres, expérience des hommes, abnégation des inconnus et traumatisme de survivants nous valent aujourd'hui ce curieux statut de pays épargné, pour le moment. Comme si tué, on ne peut plus nous assassiner. Et cela éclaire le reste du monde étrangement pour nous : c'est l'univers entier qui vit la décennie noire algérienne, a commenté un internaute. Avec le même protocole : attentats massifs, coup d'Etat thérapeutique, division des élites entre réconciliateurs et éradicateurs, promotion des «Services» comme seule solution, vertu du «tout-sécuritaire» et démocratisation en mode rusée pour contourner les règles au nom de la sécurité. Une vengeance sur le sort, mais une vengeance triste, pour nous.
La solution algérienne est-elle la bonne ? Selon les uns oui : il fallait «réconcilier» pour assécher les maquis et stopper la guerre. Mais puisque la «Réconciliation» n'a pas été accompagnée par une révolution dans la culture et les écoles, on est retombés dans une république islamique horizontale et un deal scandaleux entre émirs et apparatchiks. Cela nous vaut une paix, mais une paix par défaut, due à un corps qui ne bouge pas. Un deal entre la stagnation et l'au-delà. Cela reste fragile, amusant, fascinant du point de vue de l'angoisse mondialisée face aux djihadisme, abyssale du point de vue de la philosophie : nous avons vaincu le terrorisme mais en faisant le mort et l'aveugle.
Etrange bénédiction : nous avons vaincu la crise mondiale parce que nous sommes une île; nous avons vaincu le terrorisme parce que nous sommes tous morts; nous avons vaincu la peur parce qu'on a plus rien à faire d'autre; nous avons vaincu le Fis parce qu'on s'y est dissous au lieu de le dissoudre; nous avons vaincu le temps en le faisant tourner en rond. L'Algérie est une île très possible.


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